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Le temps chaud et sec qui se prolonge commence à préoccuper les producteurs agricoles de l’Abitibi-Témiscamingue.
Il y a à peine deux semaines, un producteur de l’Abitibi-Ouest soulignait que le début de saison était prometteur, en raison notamment des pluies reçues au printemps. Mais la situation a changé.
Dans le secteur de Mont-Brun, au nord de Rouyn-Noranda, le producteur bovin Éric Migneault affirme ne pas se souvenir de la dernière pluie significative tombée sur ses champs.
C’est vraiment problématique. On espère quelques jours de pluie consécutifs pour que la deuxième coupe redécolle et qu’on aie une bonne récolte. La première coupe, je parle pour mon secteur, c’est le tiers d’une récolte normale. La première coupe est juste moyenne présentement, fait-il observer.
Une vraie pluie qu’on est heureux d’avoir, ça fait vraiment longtemps. Je ne pourrais même pas te le dire tellement ça fait longtemps.

Éric Migneault, producteur bovin de la ferme DEM Migneault, à Mont-Brun.
Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir
M. Migneault souligne que les impacts de ce temps sec se font déjà fortement sentir dans les champs.
Les plantes ont arrêté de pousser, elles sont en dormance, elles attendent de la pluie. On le voit justement avec les pelouses, elles sont jaunes jaunes, on ne tond même plus. Quand on ne tond plus les pelouses, ça veut dire que le foin ne pousse plus non plus, fait-il remarquer.
Celui qui termine actuellement sa première coupe, qu’il a commencée il y a deux semaines, s’inquiète maintenant pour sa seconde.
En général, la deuxième coupe est moins fournie, avec moins de rendement, mais l’appétence de la plante est meilleure à la deuxième coupe pour les jeunes veaux et même les vaches à lait, décrit-il.
Des mauvais souvenirs de 2023
Selon le président régional de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Pascal Rheault, la situation est préoccupante dans l’ensemble de la région, même si le Témiscamingue a reçu un peu plus de pluie dans les deux dernières semaines.
Au Témiscamingue, je sais qu’ils ont eu plus de pluie dans les derniers jours, ils ont reçu de bonnes averses. Alors c’est un peu moins pire au niveau du Témiscamingue. En Abitibi, on voit que ça fait plusieurs jours, même des semaines, qu’on en n’a pas eu, mentionne-t-il.
Ça commence à être vraiment sec, les champs commencent à en souffrir. Il va falloir que la pluie soit au rendez-vous très bientôt, parce qu’on commence à être un peu inquiets.

Pascal Rheault, président de l’Union des producteurs agricoles de l’Abitibi-Témiscamingue. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Annie-Claude Luneau
Comme Pascal Rheault, Éric Migneault souligne que ce temps sec rappelle de mauvais souvenirs de l’été 2023, marqué par une importante sécheresse. Selon M. Migneault, cette sécheresse a laissé des traces encore bien perceptibles.
On le voit dans les champs, il n’y a plus les plantes qu’il y avait avant. Il y a plusieurs plantes qui sont mortes et on le voit sur les rendements. On en a pour des années à se remettre de ça. Il va falloir tout labourer et semer en neuf, on voit vraiment une bonne différence. Ça nous ramène des mauvais souvenirs, on ne veut pas revivre ça, raconte-t-il.
Éric Migneault soutient qu’il est encore trop tôt pour évaluer les impacts financiers à moyen terme du temps sec qui sévit actuellement.
Ayant diminué la taille de son troupeau l'an dernier, il estime qu’il n’aura pas à acheter de foin ou à vendre de vaches pour compléter l’été.
Mais si j’avais le troupeau que j’avais avant, on penserait probablement déjà à en acheter, termine-t-il.


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