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Le Service de sécurité incendie de la Ville de Lévis observe « une tendance à la hausse du temps de réponse », entre autres causée par les travaux sur l’autoroute 20 et sur l’avenue Guillaume-Couture. Son directeur estime que des actions devront être prises pour rétablir la situation.
L'élément le plus important pour un service de sécurité incendie, c'est le temps de réponse, a souligné le directeur du service, Réjean Pérusse, tout en assurant que les citoyens sont en sécurité.
Nos prédictions, c'est que le temps de réponse ne va pas s'améliorer avec le temps. Donc, il y aura des actions qui devront être prises.
Un camion transportant quatre pompiers doit mettre au maximum cinq minutes pour arriver sur les lieux d’un appel. Si une situation demande une dizaine de pompiers, ceux-ci doivent être présents en 10 minutes. Cette limite n’a pas été respectée dans 16 % des appels en 2025.

Réjean Pérusse estime que le statu quo n'était plus possible pour pouvoir atteindre les objectifs en matière de temps de réponse.
Photo : Radio-Canada / Eugénie Emond
Le service incendie a même ajouté une unité lors de certains moments plus sensibles de la journée dans l’arrondissement de Desjardins, où d’importants travaux devraient durer encore jusqu’à l’été 2027.
Ces délais sont aussi causés par les appels simultanés et les événements météorologiques extrêmes, a précisé M. Pérusse.
Dans son rapport annuel de 2025 déposé mardi, le service incendie s'engage d'ailleurs à surveiller à plus long terme le respect du temps de réponse.
Des contraintes liées à la mobilité font partie des facteurs à l’origine du problème, d’après ce même document. La croissance démographique attendue dans la région provoquerait une hausse de l’achalandage de certaines artères essentielles aux déplacements des pompiers, a prévenu M. Pérusse.

Les travaux sur l'autoroute 20 en direction ouest devraient s'étirer jusqu'en 2031. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Alexandre Bellemare
Risqué pour les citoyens, risqué pour les pompiers
Le président de l'Association des pompiers de Lévis, Stéphane Desbiens, confirme qu’il faut agir pour assurer un soutien adéquat lorsque des équipes font face à des situations plus graves. Le backup, les autres collègues qui vont arriver avec les équipements supplémentaires pour intervenir, c'est plus long, a-t-il observé.
C’est nos pompiers qui sont à risque ou qui travaillent au début avec un minimum de personnel en attendant que les autres arrivent. Ça a un impact directement sur notre sécurité et sur nos manières de travailler.
M. Desbiens croit également que l’ajout de personnel serait bénéfique pour permettre une meilleure couverture du large territoire de la ville. Il explique que certaines interventions peuvent mobiliser une importante proportion des équipes au même endroit, ce qui laisserait certaines zones découvertes.
Pendant ce temps-là, toutes les casernes qui ont quitté pour l'intervention, les citoyens qui sont dans ce secteur-là, ils n'ont aucune couverture. Les délais sont très longs, a-t-il déploré.

Un camion du Service de sécurité incendie de la Ville de Lévis (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Louis-Simon Lapointe
La refonte du plan de couverture devancé
Le rapport annuel fait également mention du renouvellement hâtif du schéma de couverture de risques de la Ville. Ce plan, dont les orientations sont dictées par le ministère de la Sécurité intérieure, sert à prévoir la protection d’un territoire donné en cas d’incendie et à améliorer l’efficacité du déploiement des pompiers.
La croissance soutenue du territoire, marquée notamment par la densification urbaine et la multiplication des bâtiments à grande hauteur, entraîne une augmentation et une diversification des risques, de même qu’une complexification des interventions.
À Lévis, les tours à étages n’étaient pas autant présentes il y a quelques décennies, a rappelé M. Pérusse. Ça prend beaucoup plus de pompiers pour effectuer le travail sur le même feu de cuisine dans un bâtiment multiétage versus un bâtiment unifamilial, a-t-il donné comme exemple.
Même que les maisons brûlent plus rapidement et dégagent plus de chaleur qu’auparavant, ce qui serait dû aux matériaux de construction désormais utilisés. Ces feux libèrent davantage de produits toxiques, mettant encore la sécurité des pompiers à risque.
Les événements météorologiques extrêmes font aussi partie des changements à surveiller. Lors des pluies diluviennes qui s’étaient abattues sur la région en juillet 2025, M. Pérusse avance que son service a reçu près d'une centaine d'appels en 24 heures.
Le nouveau schéma pourrait être présenté en 2027.


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