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Cette année, le phénomène météorologique El Niño a marqué de son empreinte de nombreuses régions du monde. Les événements climatiques de cet été témoignent de son intensité, qui devrait atteindre un niveau record d'ici février. Face à cette situation, les chercheurs alertent sur une conséquence alarmante. Si des mesures rapides ne sont pas prises, El Niño pourrait entraîner le décès d'environ 450.000 personnes d'ici février.
Des vagues de chaleur similaires à celles qui ont frappé l'Europe cet été vont atteindre les pays de l'hémisphère Sud au cours des prochains mois, alors que les saisons du printemps et de l'été approchent dans ces régions. Une nouvelle vague de décès est également redoutée après février, explique le média New Scientist.
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«Nous allons observer une augmentation anormale du nombre de décès, explique Emily Grover-Kopec, spécialiste du climat au sein du cabinet de recherche indépendant Rhodium Group. Je m'attends tout à fait à ce que ces chiffres augmentent, malheureusement.»
La projection de 450.000 décès a été publiée dans un rapport du Climate Impact Lab de l'université de Chicago. Elle repose sur le lien observé entre les températures et la surmortalité: la mortalité augmente lors des épisodes de grand froid ou de chaleurs extrêmes. L'ampleur des effets varie selon la capacité d'adaptation des populations et des infrastructures. Les mesures prises pour se protéger de la chaleur, notamment les plans de climatisation, jouent un rôle.
Les seniors seront particulièrement concernés
Pour obtenir leurs résultats, les chercheurs se sont basés sur une étude de 2022. Celle-ci a divisé le monde en 24.000 régions et a analysé, dans chacune d'elles, le lien entre les températures extrêmes et la mortalité. En combinant ces données avec les prévisions saisonnières, ils ont estimé qu'El Niño provoquera 240.000 décès liés à la chaleur entre septembre et février. En ajoutant les victimes recensées depuis le début de l'épisode en juin, le total s'élève à 450.000.
L'Afrique serait la région la plus touchée, avec notamment 30.000 décès supplémentaires estimés au Nigéria. L'Indonésie enregistrerait 19.000 victimes supplémentaires d'ici février, l'Inde 16.000 et le Brésil 13.000. Le rapport distingue trois groupes d'âge: les enfants de 4 ans et moins, les personnes de plus de 65 ans et les autres. «On observe des effets sur les trois groupes d'âge, souligne Emily Grover-Kopec. Le groupe le plus vulnérable est celui des personnes les plus âgées, suivi des nourrissons.»
«El Niño entraînera des températures très élevées dans une grande partie du monde, et le lien entre chaleur et mortalité est constant et fiable à l'échelle mondiale», confirme Christopher Callahan, climatologue à l'université américaine de l'Indiana. Il a utilisé une méthode similaire pour estimer que la vague de chaleur de juin avait causé la mort de 20.000 personnes en Europe.
Les estimations ne prennent en compte que les pertes humaines liées à la chaleur. Pourtant, «El Niño influe sur les feux de forêt en Indonésie, les maladies infectieuses en Amérique du Sud, les inondations dans l'ouest des États-Unis, etc. Le nombre total de décès pourrait donc être plus élevé», conclut le professeur.





























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