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On dirait vraiment l’Étoile noire, mais ce sont d’incroyables aurores boréales (vidéo)

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Le satellite Smile a commencé ses observations scientifiques et propose une vue de la Terre très inhabituelle, où des aurores boréales apparaissent. Une vision qui rappelle beaucoup un monstrueux vaisseau de Star Wars mais qui a pourtant une explication scientifique.

La vision est cauchemardesque et rappelle la plus meurtrière des armes de l’univers de Star Wars, l’Étoile noire.

Pourtant, il s’agit bien de la Terre vue par le satellite Smile. Lancée le 19 mai, la mission européano-chinoise a reçu le 23 septembre le feu vert pour démarrer ses observations scientifiques. Elle sort de trois mois de mise en service de ses instruments, depuis son arrivée sur son orbite définitive le 20 juin.

Ce que l’on voit dans cette vidéo dévoilée ce mercredi 30 septembre par l’Agence spatiale européenne (ESA), c’est notre planète vue par la caméra UVI, un télescope ultraviolet qui capte la lumière entre 160 et 180 nanomètres de longueur d’onde. C’est pourquoi ni les nuages ni les continents ne sont présents puisque l’imageur ne capte pas le spectre de la lumière visible.

Les tempêtes solaires vues depuis l’espace

En revanche, on distingue bien cet anneau tourbillonnant qui fait ressembler notre planète à l’Étoile noire. Il s’agit d’aurores boréales visibles ce jour-là au niveau de l’Arctique. Les images ont été prises le 24 juillet, seulement deux semaines après la mise en route de l’imageur UVI.

Les aurores naissent quand des particules du vent solaire, guidées vers les pôles par le champ magnétique terrestre, percutent les molécules de la haute atmosphère, qui se mettent alors à briller. La vidéo montre une sous-tempête aurorale : une perturbation du champ magnétique causée par un afflux de particules du vent solaire.

Smile_s_first_ultraviolet_footage_shows_auroral_substorm

On touche là le cœur de cible de la mission Smile, puisque son but est justement de comprendre comment fonctionnent les tempêtes solaires, et comment elles influent sur la magnétosphère terrestre.

En plus des aurores, ces tempêtes peuvent perturber, voire endommager, les satellites en orbite et des infrastructures au sol comme les réseaux électriques et les communications radio, malgré la protection qu’offre le champ magnétique.

L’ESA précise qu’UVI peut désormais filmer les aurores pendant 45 heures d’affilée, un record, là où les engins précédents ne dépassaient pas une quinzaine d’heures d’observation continue. Or une tempête géomagnétique dure en général deux à trois jours.

Encore trop de lumière parasite

Un autre instrument de Smile a, lui aussi, pris ses premières images. SXI, principale contribution européenne à la mission, est un télescope à rayons X « mous », c’est-à-dire peu énergétiques. Il doit observer pour la première fois en rayons X la frontière du champ magnétique terrestre, en captant la lueur émise quand les particules du vent solaire heurtent la haute atmosphère. Ses premières images de test montrent les restes d’étoiles qui ont explosé en supernova : l’un dans le Grand Nuage de Magellan, une galaxie voisine de la nôtre, l’autre, Cassiopée A, dans la Voie lactée. Pointé vers la Terre, l’instrument n’a en revanche pas encore livré d’image exploitable.

L’ESA explique que la caméra fonctionne bien, mais qu’elle capte pour l’instant trop de lumière parasite lorsqu’elle est tournée vers la Terre. Les équipes européennes et chinoises modifient actuellement des réglages et installent des mises à jour logicielles à bord pour réduire cette lumière parasite.

Smile_s_first_test_X-ray_image_shows_supernova_remnant_in_Large_Magellanic_Cloud_pillarsLa première image d’une supernova lointaine prise par SXI. // Source : ESA

La gêne diminue aussi d’elle-même, à mesure que Smile pointe plus loin de la Terre et que le pôle Nord, à l’approche de l’hiver, émet moins de lumière. Elle devrait atteindre son minimum à la mi-octobre. SXI pourrait alors prendre sa première image exploitable de la magnétopause, la frontière où le vent solaire rencontre le champ magnétique terrestre, ou du cornet polaire nord, une brèche du champ magnétique au-dessus du pôle.

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