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RÉCIT - Tué d’une balle dans la tête par un soldat israélien alors que sa famille raccompagnait sa grand-mère dans un quartier enclavé par l’armée, l’enfant est devenu l’un des visages de la violence dans cette ville de Cisjordanie étranglée par les colonies et les checkpoints militaires.
Dans le salon de sa maison, en banlieue de Bethléem, Fahed Abou Haikal passe en revue les photos du Figaro, prises lors des funérailles de son fils, Sam. « Je ne veux pas de photos de mon fils défiguré », tranche-t-il d’une voix dure, épuisé par une semaine de deuil et de sollicitations médiatiques. Sur l’écran, le photographe fait défiler les clichés. Le petit corps emmailloté dans un drapeau palestinien, porté sur une civière, ou dans les bras de son père. Étendu sur le tapis de la mosquée, devant l’assemblée alignée, épaule contre épaule. « Pas celle-ci, pas celle-ci », murmure Fahed Abou Haikal, courbé sur son canapé, la tête presque engloutie dans ses larges épaules. Le visage du petit Sam affleure parfois, entre les plis rouges, verts et noirs du drapeau, et sa pâleur de cire dément l’apparente tranquillité de ses traits.
Sam Abou Haikal a été tué d’une balle dans la tête, juste au-dessous de l’œil. Il avait 7 mois. Le 5 juin, un soldat israélien a tiré sans sommation sur…


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