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Depuis environ trois ans, Marie-Joëlle Malec accueille des jeunes dans son camp de ressourcement à Nutashkuan pour les aider à reconnecter avec la nature. Aujourd’hui, la gardienne du territoire poursuit cette mission à Sept-Îles avec un colloque visant à sensibiliser les générations futures aux urgences climatiques.
À l’Hôtel Sept-Îles, dans la salle Corossol, des tout-petits en jupes à rubans courent entre les chaises alors que des familles, jeunes et moins jeunes, écoutent attentivement les paroles d’un aîné.
Nous sommes samedi, c’est la deuxième journée du colloque Notre voix, notre terre, notre avenir, réalisé en collaboration avec l’Institut de développement durable des Premières Nations du Québec et du Labrador (IDDPNQL).

La médecine traditionnelle était au cœur des échanges : plusieurs ateliers ont permis aux participants de découvrir les vertus des plantes et des ressources du territoire.
Photo : Radio-Canada / Lucas Sanniti
De vendredi à dimanche, les participants prendront part à des ateliers sur la cueillette de fruits sauvages, la médecine traditionnelle et les savoirs ancestraux du caribou, entre autres. Le tout sous le signe de la sauvegarde de l’environnement.
Marie-Joëlle Malec, Innue de Nutashkuan, est la femme derrière le projet.
Il fallait que je pense aux jeunes pour qu’ils apprennent ce qui nous attend. Il faut les préparer et les prévenir de ce que la terre nous réserve avec les changements climatiques, partage-t-elle.
De l'aide pour une vision
Depuis un an et demi, Marie-Joëlle collabore avec l’IDDPNQL pour concrétiser sa vision. L’institut a reçu 6,3 millions de dollars de la part du gouvernement du Québec via le Plan pour une économie verte.

De gauche à droite, Laura Normandin-Bellefeuille, chargée de projet à l’IDDPNQL, et Marie-Joëlle Malec, instigatrice du colloque, unissent leurs forces pour la sensibilisation climatique à Sept-Îles.
Photo : Radio-Canada / Lucas Sanniti
Cette enveloppe, dédiée au soutien de projets communautaires d’adaptation aux changements climatiques, a permis de propulser l’initiative de Marie-Joëlle. C’est aussi grâce à cette aide qu’elle a rencontré Laura Normandin-Bellefeuille.
On a travaillé ensemble dès le début, témoigne Laura Normandin-Bellefeuille, chargée de projet en changements climatiques pour l'Institut. Le but, c’est d’avoir une transmission des savoirs entre les générations, créer du leadership climatique chez les jeunes et les reconnecter au territoire, ajoute-t-elle.
Une soif d’apprendre
Pour Marie-Joëlle, l’intérêt que les jeunes ont démontré pour les traditions ancestrales depuis le début du colloque est signe d’espoir pour l’avenir.
Les jeunes veulent savoir comment utiliser les os de caribous, ils veulent entendre plus de contes aussi, dit-elle. Nos aînés savent qu’ils ont peu de temps. Ils veulent transmettre leurs connaissances. Il faut donner aux enfants plus d’outils, plus de bagage ancestral.

L’aîné Charles Api Bellefleur partage ses connaissances lors d'un atelier sur les savoirs ancestraux. « Les jeunes ont soif d’apprendre », constate-t-il.
Photo : Radio-Canada / Lucas Sanniti
Cette notion, Charles Api Bellefleur la connaît bien. L’aîné d’Unamen Shipu participe activement aux dialogues qui prennent place dans le colloque. En seulement deux jours d'enseignement, il constate un véritable engouement de la part des participants.
Il y a des jeunes qui n’ont jamais appris nos traditions. Ils ont soif d’apprendre, dit-il en innu-aimun, par l’entremise d’une interprète. Il espère que la poursuite de ces échanges permettra de transformer les mentalités pour l’avenir de la planète.
Le colloque Notre voix, notre terre, notre avenir prend fin dimanche à midi. Des sorties en territoires sont également prévues au printemps pour poursuivre ces discussions en plein air.


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