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Le référendum du 19 octobre alimente les discussions en Alberta. Qu'ils cherchent à s'informer ou à faire entendre leur voix, de nombreux électeurs mesurent la portée de ce scrutin, où la place de la province au sein du Canada, l'immigration et la Constitution sont au cœur des débats. Nous sommes allés recueillir le témoignage de quelques-uns d'entre eux.
On en parle tous les jours, tous les matins. J'en parle au travail, j'en parle sur les réseaux sociaux, dit Spencer, croisé au centre-ville de Calgary.
Je pense qu'une toute petite partie de la population de l'Alberta, aux opinions très marginales, a bénéficié d'une attention et d'une couverture médiatique excessives, ajoute-t-il.
Nous vivons seuls, ma femme et moi. Nous en avons discuté et nous essayons de ne pas nous disputer à ce sujet, indique quant à lui Kevin, également rencontré à Calgary. Elle a ses propres opinions, qui diffèrent des miennes, explique-t-il.
S'il compte voter pour la tenue d'un référendum afin de décrocher un meilleur accord avec Ottawa, il avoue qu'il aurait du mal à voter en faveur de la séparation si un second vote venait à concrétiser le projet d'indépendance de la province.
Proche de la localité de Fairview, à 115 km au nord de Grande Prairie, Neil, quant à lui, sillonne les routes pour y planter des panneaux faisant la publicité du groupe séparatiste Let’s Talk Alberta.
Ce retraité de 68 ans milite pour l’indépendance de la province pour ses enfants et petits-enfants.
Avant d'avoir 21 ans, j'ai acheté ma première maison neuve [...] Essayez donc de faire ça aujourd'hui, c'est impossible.
La situation empire, il faut y mettre un terme, ça y mettra un terme, estime-t-il.
Combattre la vie chère et créer des occasions sur le plan économique pour les Albertains, c’est aussi ce que souhaite Kelty, à Calgary, bien qu’elle conteste la méthode. Toute cette campagne ressemble à une vaste diversion par rapport à ce que nous voulons vraiment, à savoir développer notre économie, créer des emplois et aider les gens à améliorer leur quotidien , dit-elle.
Les neuf autres questions
La question 10, celle sur l’avenir de la province au sein du Canada, est au centre des préoccupations des Albertains que nous avons croisés. Elle est pourtant précédée de neuf autres questions liées à l'immigration et à la Constitution, dont les résultats auront une portée immédiate.
Ce sont des questions qui mettent Kelty vraiment en colère. Ce n'est pas pour cela que le Parti conservateur uni a été élu, s’indigne-t-elle.
Aujourd’hui, on leur dit [aux immigrants] : "Si vous venez ici, vous ne devez pas bénéficier d’aide sociale tant que vous n’avez pas obtenu la citoyenneté." Je pensais que nous étions plus ouverts. Je pensais que nous étions plus accueillants.
Cela va à l’encontre de l’identité de cette ville et, je dirais même, de cette province, ajoute-t-elle.
Habitant également Calgary, Greg a un tout autre avis. Chacun a le droit d'avoir son opinion, mais je pense que ce sont des questions légitimes à poser, dit-il, citant en exemple la question de l'accès aux soins de santé pour les nouveaux arrivants.
Ce sont des sujets très complexes à aborder, juge pour sa part Mark au sujet des neuf premières questions. Il faut mener des recherches approfondies pour comprendre la portée de ces mesures, d'autant que certaines n'expliquent même pas en quoi elles diffèrent de la situation actuelle.
La raison pour laquelle je me sens informée, c’est que ma fille est avocate et qu’elle m’a expliqué chacune des questions, affirme quant à elle Michelle, une résidente de Leduc, l'air inquiet.
Avec des informations d’Anne Levasseur et de CBC News


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