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Ça y est, le recensement canadien de 2026 est lancé. Et cette année encore, la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) rappelle l’importance de bien répondre aux questions qui ont trait aux enjeux linguistiques.
« Les résultats du recensement sont directement liés aux services que les francophones reçoivent », explique au bout du fil la présidente de l’organisme central de la francophonie canadienne, Liane Roy.
Tous les cinq ans, l’ensemble des résidents du Canada doivent remplir un questionnaire servant à dresser le portrait de la population du pays. Sept questions (neuf dans la version longue du questionnaire) sont réservées aux langues parlées dans différents contextes, notamment à l’école et à la maison.
Les données qui découlent de l’exercice sont entre autres utilisées directement par plusieurs organismes, dont la FCFA, pour appuyer leurs demandes aux différents ordres de gouvernement. Si, par exemple, on observe que le nombre d’élèves ayant droit à l’éducation en français est plus important que le nombre de places disponibles dans les écoles francophones, ces chiffres deviennent un levier.
Les résultats du recensement « ont vraiment une incidence » sur l’évolution des choses, résume Mme Roy.
De l’importance de bien répondre
Certaines personnes francophones ou bilingues ne lisent toutefois pas l’entièreté des questions et cochent « français et anglais » dans toutes les cases, note la présidente de la FCFA — un geste qui fausse les résultats et qui conduit par la suite à des services mal adaptés à la situation sur le terrain.
Mais attention : mentir dans le recensement n’est pas non plus une bonne solution, soutient le sociologue et chercheur associé à l’Observatoire démographique et statistique de l’espace francophone Jean-Pierre Corbeil. « Quand on répond à une question du recensement, il faut y répondre au meilleur de ses connaissances. »
Il fait d’ailleurs une mise en garde contre l’idée erronée voulant que les gens bilingues soient considérés comme « à moitié francophones ». « Ce n’est pas parce qu’on indique que l’on connaît plusieurs langues que ça se traduit par une discrimination ou par une baisse de services. Ça, c’est totalement faux. »
Le recensement est une occasion unique d’obtenir des données fiables et « très fines » sur les communautés linguistiques du Canada. « Souvent, les enquêtes ou les sondages ne sont pas nécessairement représentatifs, statistiquement parlant, alors que le recensement permet d’aller chercher de l’information sur l’ensemble de la population, pour beaucoup de questions sur la langue », dit-il.
Représenter « fidèlement » sa situation en tant que francophone est la meilleure manière d’aider le fait français au pays, soutient aussi Liane Roy.
D’ailleurs, « il n’y a pas de case “francophone” à cocher » dans le recensement, souligne la présidente de la FCFA. Statistique Canada se fie aux réponses aux questions pour dresser un portrait général de la francophonie canadienne, sans délimiter précisément en quoi consiste un « francophone ».
À quoi servent ces données ?
Liane Roy et la FCFA attendent avec impatience les résultats du recensement qui s’amorce. Si elles ont une certaine idée de l’état des communautés francophones et acadienne du pays, l’obtention de données réelles est une étape essentielle au déploiement de plusieurs des projets de l’organisme.
« Le fait de disposer de données qui sont probantes, qui sont fiables, qui sont exactes, c’est sûr que ça devient des outils, aussi, de justification et de démonstration des différents enjeux », explique pour sa part M. Corbeil.
Il reste que, selon le sociologue, « souvent les données ne sont pas utilisées à leur plein potentiel ». « Parfois, on veut juste obtenir des comptes de population, alors que ces données-là permettent des analyses assez poussées des dynamiques et des défis auxquels sont confrontées les communautés linguistiques. »
Ce reportage bénéficie du soutien de l’Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.


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