Plusieurs milliers de personnes sont rassemblées vendredi soir à Trappes (Yvelines) à l’occasion d’un rassemblement contre le racisme et l’islamophobie, une semaine après l’attentat meurtrier commis dans le département, a constaté un journaliste de l’AFP.
L’événement, organisé place des Merisiers à l’initiative du maire de Trappes, Ali Rabeh, intervient une semaine après la mort de Pengo Bossio Wangi, un Français noir de 26 ans, tué par balle le 23 octobre dans cette commune de l’agglomération parisienne. L’assaillant avait également fait sept blessés, dont une fillette de 12 ans grièvement touchée à La Verrière, ville voisine.
«Nous ne sommes pas des cibles, nos vies comptent»
Un rassemblement distinct s’était tenu plus tôt dans la journée à La Verrière, en présence notamment d’Edouard Philippe, candidat Horizons à l’élection présidentielle, et de Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France.
Ali Rabeh (à gauche), maire de Trappes, prend la parole lors du rassemblement contre le racisme et en hommage aux victimes de l'attentat raciste qui s'est produit dans les Yvelines, à Trappes, le 30 octobre 2026. — © SIMON WOHLFAHRT / AFP
A Trappes, de nombreux drapeaux français étaient brandis dans la foule, aux côtés de pancartes portant des slogans comme «Le racisme tue, le silence aussi» ou «Nous ne sommes pas des cibles, nos vies comptent». Plusieurs personnalités politiques, principalement de gauche, avaient confirmé leur participation, parmi lesquelles Jean-Luc Mélenchon, Raphaël Glucksmann, Marine Tondelier et Ségolène Royal.
Lire aussi: En France, le suspect de l’attentat dans les Yvelines est écroué et a reconnu le motif raciste de son attaqueLe suspect de l’attentat, âgé de 39 ans, a été mis en examen jeudi à Paris et placé en détention provisoire. Il a admis avoir «spécifiquement ciblé des personnes […] de type musulman ou africain ou nord-africain» et choisi Trappes, considérée à ses yeux comme «un repaire d’islamistes», selon le procureur national antiterroriste Olivier Christen.
Cette expression fait écho à des propos tenus en 2022 par le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, qui avait qualifié Trappes de «petite République islamique en miniature» dans une émission de Cyril Hanouna diffusée sur C8. La commune avait alors été au centre de l’attention médiatique après le départ de dizaines de jeunes pour rejoindre le djihad en Syrie.
Plainte déposée contre Marine Le Pen, Jordan Bardella et la chaîne CNews
L’une des victimes a par ailleurs déposé vendredi une plainte contre Marine Le Pen, Jordan Bardella et la chaîne CNews, notamment pour participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime d’atteinte aux personnes.
Lire aussi: «En disant cela, vous chauffez les esprits». Après l’attentat de Trappes, la banalisation des discours racistes mise en causeDans cette plainte, consultée par l’AFP, la victime estime que plusieurs déclarations de Marine Le Pen ont «conforté» l’assaillant dans sa décision de passer à l’acte. Elle dénonce également la diffusion sur CNews de «propos désignant les personnes noires, maghrébines ou musulmanes, et les quartiers populaires où elles vivent, comme une menace pour la Nation».
L’avocat de cette victime, Me Arié Alimi, a également annoncé que Reporters sans frontières (RSF) allait prochainement saisir l’Arcom, le régulateur de l’audiovisuel, afin de demander les sanctions les plus lourdes contre CNews.


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