Le soleil de midi vous fend. Un coup de lame sur la terrasse de Vidy à Lausanne. Et le comédien Simon McBurney vous montre son trésor, sur son smartphone: une photo de l’écrivain John Berger (1926-2017) et de lui, juste deux visages dans un halo de tendresse. C’était à l’automne 2016, dans la maison de l’essayiste, romancier et poète britannique, à Quincy, entre bois et pâturages, en Haute-Savoie. Il avait 90 ans, il était affaibli, la mort rôdait, mais sur l’image, il a un air de roi Arthur avec sa crinière de neige et ses yeux à l’affût d’un chardonneret qui passerait par là.
Deux chevaliers, couchés dans le même lit, la même paille. Sancho Panza et Don Quichotte. Cette vision-là est la chrysalide de Questions for John, à l’affiche du Théâtre de Vidy jusqu’au 8 novembre, dans le cadre d’un bouquet d’événements destinés à marquer le centenaire d’un humaniste irréductible. Le sujet? La grâce d’une rencontre et sa lumière qui se diffracte en dialogue bien après la mort.


7 hour_ago
81
























.jpg)






French (CA)