NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Les communautés inuit du Nunavik retiennent leur souffle avant une hausse potentiellement forte du prix du carburant, qui viendra alourdir le coût de la vie déjà, exorbitant pour les familles du Grand-Nord québécois.
À Kuujjuaq, Janice Parsons coud une paire d'« Alirtiik » pour sa petite-fille, des pantoufles traditionnelles qui la garderont au chaud durant les mois d’hiver.

Janice Parsons aime confectionner des vêtements pour sa famille, qui est aussi une manière pour elle d'économiser.
Photo : Radio-Canada / Félix Lebel
Dans la région, la couture n'est pas qu'un moyen de perpétuer la tradition : c’est aussi un savoir-faire essentiel pour faire face aux prix astronomiques des biens de consommation.
C’est devenu très difficile d’acheter quoi que ce soit, se désole Janice Parsons. Si, par exemple, je veux un fauteuil, il n’y a qu’une petite sélection au magasin. [...] Et si tu en trouves un, il coûte 3000 $, c’est beaucoup trop! Autant s'asseoir par terre comme dans le bon vieux temps, explique-t-elle avec une pointe d’ironie.
Personne ne peut mettre d’argent de côté en ce moment, à moins d’avoir un emploi très payant, ajoute la mère de famille.

Le coût de la vie entraine un niveau de précarité important chez une partie de la population. (Photo d'archives de Kuujjuaq)
Photo : Radio-Canada / Félix Lebel
Même constat à plus de 700 km au nord, à Ivujivik. Pour Elisapie Lamoureux, la facture des achats courants, comme à l'épicerie, est devenue difficile à accepter.
Dernièrement, j’ai vu des asperges à 17 $, et elles sont subventionnées! Tu fais le saut, explique la résidente d’Ivujivik.

À Kuujjuaq, la plus grande communauté de la région, la variété de produits est généralement plus importante que dans les villages plus éloignés.
Photo : Radio-Canada / Félix Lebel
Comme plusieurs familles, elle a commencé à se faire livrer des denrées par l'intermédiaire d'une entreprise privée d'importation.
Moyennant des frais de livraison, elle peut recevoir de la viande, des légumes et du lait sans lactose pour son bébé, en raison de son intolérance.
Si on veut bien manger nos légumes et nos fruits, c’est plus facile de commander. On ne peut pas se fier au magasin pour tout ce qui est frais, explique-t-elle. Cette solution a toutefois un coût qui n'est pas à la portée de tout le monde, reconnaît-elle.

La mère de famille doit se tourner vers des importateurs pour trouver les produits dont elle a besoin, ce qui lui coûte très cher.
Photo : Fournie par Elisapie Lamoureux
La livraison postale n'est pas non plus une solution pour les résidents du Nord.
Tu vas vouloir commander quelque chose en ligne. Ils disent qu’ils livrent partout au Québec. Quand tu arrives pour payer, ils te demandent 400 $ de livraison. C’est vraiment difficile d’avoir accès aux produits qu’on a besoin, quand on veut, déplore Elisapie Lamoureux.

Les services postaux sont limités au Nunavik, et plusieurs entreprises imposent des tarifs de livraisons prohibitifs. (Photo d'archives de Kuujjuaq)
Photo : Radio-Canada / Félix Lebel
Un transport coûteux
Ces prix gonflés découlent directement de l’isolement géographique des 14 communautés inuit du Nunavik. En l'absence de route, les marchandises volumineuses sont acheminées par navire durant l’été seulement, tandis que la nourriture périssable voyage par avion.

Chaque jour, des milliers de kilos de denrées sont envoyés par avion dans les communautés du Nunavik.
Photo : Radio-Canada / Félix Lebel
Résultat : le panier d’épicerie coûte en moyenne 33 % plus cher que dans le reste de la province, malgré les subventions. Quant aux produits non subventionnés, ils coûtent deux à trois fois plus cher.
Les longs délais d'acheminement aérien posent aussi un problème de fraîcheur, surtout pour les villages plus éloignés. Parfois on arrive au magasin, il y a des fraises, des bleuets, qui sont devenus tous juteux, regrette Elisapie Lamoureux.

Les produits en conserves deviennent parfois la seule alternative aux aliments frais, lorsqu'ils deviennent périmés.
Photo : Radio-Canada / Félix Lebel
Un prix du carburant sur le point d'exploser
À cette réalité déjà difficile s’ajoute la perspective d’une nouvelle hausse des coûts.
Au Nunavik, le carburant comme l’essence, le mazout pour le chauffage et le kérosène d'aviation, est lui aussi livré par navire, une fois par an. Son prix demeure fixe pendant 12 mois à des seuils très élevés.
À titre d’exemple, le litre d’essence atteint 2,67 $ à Kuujjuaq avant la subvention régionale de 78 cents réservée aux résidents inuit.

Les résidents inuit bénéficient d'une réduction de 78 cents sur le litre d'essence, grâce à une subvention du gouvernement provincial. Une augmentation soudaine pourrait toutefois limiter l'effet de cette réduction.
Photo : Radio-Canada / Félix Lebel
Or, le prix du carburant pourrait exploser dès le 1er octobre en raison du conflit iranien. C'est à cette date que sera dévoilé le prix annuel du carburant par la Fédération des coopératives du Nouveau-Québec (FCNQ), qui gère l’approvisionnement pétrolier régional.
L'organisation a repoussé au maximum ses derniers chargements dans l'espoir d'une baisse du prix du baril.
Radio-Canada n'a pas été en mesure de confirmer avec précision l'ampleur de la hausse à venir. Certains intervenants anticipent toutefois une hausse d'au moins 30 % du prix de l'essence cette année.

Le carburant pour toute l'année est stocké dans les villages. Le prix d'achat demeure donc le même. (Photo d'archives à Kuujjuaq)
Photo : Radio-Canada / Félix Lebel
Seul transporteur aérien de la région, Air Inuit prévoit déjà d'augmenter ses tarifs de 10 % dès le 1er octobre pour absorber la hausse du kérosène et de ses coûts d’exploitation. Cette hausse pourrait être appliquée autant aux passagers qu'à la marchandise.

Le prix du kérosène au Nunavik a un effet direct sur le transport aérien et donc sur la facture finale pour le client. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Félix Lebel
Ce n’est pas de gaieté de cœur qu'on va appliquer une augmentation de tarifs. [...] On essaie tout le temps dans notre structure d'aller voir, puis de se rendre plus efficaces, d'aller chercher des économies possibles pour minimiser ces augmentations-là dans les communautés, assure le PDG d’Air Inuit, Christian Busch.
On est un service essentiel. En fait, on est l’autobus, le taxi, l’ambulance, on est tout pour les communautés. La composante carburant vient avoir un impact très important sur le coût de la vie dans les communautés, reconnaît-il.
À l’épicerie Newviq’vi de Kuujjuaq, Eric Parsons s'inquiète de cette éventuelle augmentation du coût du transport, qui s'ajoute déjà à une surcharge pour le carburant de 3 % imposée depuis avril dernier.
C'est difficile, pour les gens qui ont de grandes familles, parfois 4, 5, 6 enfants. Quand tu as un revenu limité, ce n’est pas du tout facile, explique-t-il.

Eric Parsons, copropriétaire du magasin Newviq’vi de Kuujjuaq, s'inquiète d'une autre hausse du panier d'épicerie.
Photo : Radio-Canada / Félix Lebel
Selon lui, les prix vont assurément augmenter cette année dans les épiceries de la région, mais il est impossible pour l'instant de chiffrer cette hausse.
Une subvention à l’effet plus limité
Cette nouvelle hausse limite directement l’efficacité des programmes d'aide en vigueur, soit Nutrition Nord du gouvernement fédéral et le programme de réduction du coût de la vie de celui du Québec.
Une nouvelle entente de 155 millions de dollars sur cinq ans vient par ailleurs d’être officialisée entre l’Administration régionale Kativik (ARK) et le gouvernement provincial.
Bonifiée de 34 % par rapport à la précédente entente, cette enveloppe vise à subventionner la nourriture, le carburant des résidents inuit et certains biens essentiels. L'objectif est de réduire l'écart entre le prix moyen du panier d'épicerie et celui du sud de la province de 6 à 7 %.

Environ 60% de l'enveloppe totale du programme est destiné à réduire le coût des aliments et des produits essentiels.
Photo : Radio-Canada / Félix Lebel
L’enjeu, c’est que ce montant a été négocié avant l’augmentation soudaine du prix du carburant. Ce qui pourrait donc laisser présager que l’écart va se maintenir, malgré cette subvention bonifiée.
C’est un très bon programme de réduction, qui donne de très bons résultats, reconnaît le trésorier de l’Administration régionale Kativik, Chahine Noujeim.
On espère juste qu'on pourra dans le futur avoir un peu plus de moyens pour s’assurer d’une égalité beaucoup plus juste entre les prix du Sud et du Nord, ajoute-t-il.
Même espoir du côté de Janice Parsons, de Kuujjuaq. En cette période électorale, elle espère que les partis vont s'engager à ajuster le tir face à cette nouvelle flambée du prix du pétrole.
On mérite de rêver, d’avoir des armoires pleines de nourriture, de la viande pour nourrir nos familles. Aucun enfant ne devrait avoir faim. [...] J’espère que nos gouvernements vont mieux nous soutenir, souligne-t-elle.


57 minute_ago
8



























.jpg)






French (CA)