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Un « grand homme », un « grand pianiste » ou tout simplement « le grand Oliver Jones » : des artistes, politiciens, amateurs de musique et citoyens ont déversé une véritable pluie d’hommages en l’honneur de la légende du jazz montréalais qui nous a quittés mercredi soir à l’âge de 91 ans et de son puissant héritage.
« Oliver Jones était un grand pianiste, évidemment, mais il était surtout un grand homme », a écrit le musicien Gregory Charles en hommage au « jovial Prince du Jazz ». « Pas très flamboyant, pas très loquace, sans un soupçon d’égo ou de malice. Toujours disponible pour servir un ami, une bonne cause. Il était l’un des derniers héroïques musiciens noirs issus de l’époque multicolore des cabarets de jazz de Montréal. »
Celui qui l’a maintes fois côtoyé souligne s’être remémoré nombre de ses chansons et interprétations, mais aussi de ses « savoureuses et inspirantes anecdotes ». « En écrivant ces lignes, mes yeux s’embrument parce que le départ d’Oliver, c’est le départ d’un ami, d’un grand oncle, d’une idole, mais surtout d’une époque lointaine où le talent avait plus de valeur que le marketing, la tendresse avait plus de valeur que la rivalité et la politesse et la noblesse de cœur triomphaient encore sur l’arrogance. »
« Avec la disparition d’Oliver Jones, le Québec perd l’un des plus grands artistes de son histoire », a pour sa part souligné l’acteur et musicien Pierre-Luc Brillant. « Né à une époque où notre identité culturelle était encore en pleine construction, il aura été l’un des pionniers de son épanouissement. »
Funérailles nationales en « analyse »
La première ministre du Québec, Christine Fréchette, a elle aussi offert ses condoléances aux proches d’Oliver Jones en mentionnant que l’artiste « a fait rayonner Montréal, le Québec et le Canada sur les plus grandes scènes du monde, tout en demeurant profondément attaché à sa ville natale ». « Son immense talent, sa générosité et son engagement auprès de la relève auront marqué des générations de musiciens et de mélomanes. »
Questionné au sujet de funérailles nationales ou d’un hommage national organisé en l’honneur d’Oliver Jones, le cabinet de Mme Fréchette a affirmé qu’une analyse était présentement en cours au ministère des Relations internationales et de la Francophonie, comme il est de coutume lorsqu’une personnalité québécoise notoire s’éteint.
Le remerciant d’avoir « fait rayonner Montréal sur les plus grandes scènes du monde », la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, a souligné son « héritage musical qui continuera d’inspirer les générations à venir ».
« C’est un grand monument montréalais que nous perdons », a écrit Ericka Alneus, cheffe de l’Opposition officielle à la Ville de Montréal. « En septembre 2024, nous recevions Oliver Jones à l’Hôtel de Ville afin de souligner son 90e anniversaire. J’étais alors soufflée et inspirée par sa présence et sa grande humanité. Un moment dont je me rappellerai longtemps. C’était un honneur immense pour moi de le rencontrer », s’est-elle souvenue.
Pour la députée péquiste Catherine Gentilcore, « l’âme du jazz montréalais nous a quittés ». « Sur scène comme en dehors, il incarnait à lui seul l’essence du jazz montréalais : un talent brut, une élégance intemporelle et une générosité sans bornes envers son public », a écrit celle qui a « eu le privilège absolu de le voir performer sur scène à plusieurs reprises dans les dernières décennies ».
Le chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard, a lui aussi affirmé que le talent d’Oliver Jones « a touché plusieurs générations de passionnés et c’est loin d’être terminé », en plus d’offrir ses condoléances.
La murale peinte en l’honneur d’Oliver Jones, située dans la Petite-Bourgogne, quartier où l’artiste a grandi, est d’ailleurs en train d’être rafraîchie, a confirmé l’organisme d’art public MU.


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