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Le ministère des Transports du Québec (MTQ) et les municipalités devraient miser sur l’innovation pour construire des routes plus durables et freiner la détérioration du réseau. Il s’agit là de l’un des conseils prodigués mardi, par des experts en infrastructures qui plaident en faveur d’une nouvelle façon de construire et d’entretenir les routes au Québec.
Plus de la moitié des routes au Québec sont en mauvais état et le déficit d’entretien atteint maintenant 31 milliards de dollars, selon des données du MTQ. Ce constat alarmant a incité des constructeurs et experts en infrastructures routières, réunis sous le Regroupement pour de meilleures routes au Québec, à formuler des idées de solutions pour renverser la tendance.
Le regroupement suggère notamment de créer un fonds de prévoyance dédié à l’entretien des actifs qui serait protégé des urgences et des mégaprojets. « Au Québec, on a été obligés d’avoir une loi pour que les syndicats copropriétaires puissent avoir des fonds de prévoyance. On pense que les infrastructures routières devraient aussi avoir elles aussi leur fonds de prévoyance », a expliqué Caroline Amireault, directrice générale de l’Association des constructeurs de route et de grands travaux du Québec, lors d’un point de presse tenu mardi aux abords de l’autoroute Ville-Marie.
Des chaussées plus résistantes
Les autorités doivent aussi envisager des méthodes innovantes pour construire des routes qui vont mieux résister au temps. Or, les appels d’offres dans le domaine de la construction de routes limitent le recours à des méthodes novatrices, estime Marc Joncas, président d’Eurovia. « Aujourd’hui, ce qui est difficile pour les entreprises, c’est qu’on répond à un appel d’offres avec une recette. On nous donne une recette, comme un gâteau. On fait la recette comme on nous demande. On ne peut pas faire d’innovation en termes de matériaux dans les chaussées. On fait ce qu’on nous demande, un point et c’est tout », a-t-il expliqué en ajoutant que la loi du plus bas soumissionnaire au Québec ne favorisait pas l’innovation.
Les matériaux utilisés peuvent varier d’une route à l’autre, en fonction de l’achalandage et la localisation de l’infrastructure. « On parle d’enrobés bitumineux et de matériaux de fondation faits à partir de matières recyclées. […] Il faut juste les utiliser au bon endroit », a souligné Éric Lachance-Tremblay, professeur en génie de la construction à l’École de technologie supérieure.
Ces matériaux sont plus coûteux, mais leur meilleure performance en matière de durabilité peut être avantageuse pour les MTQ et les municipalités, fait valoir le regroupement.
Par mesure d’économie, on pourrait toutefois augmenter la part de matériaux recyclés dans les enrobés bitumineux, avance David Ayotte, vice-président au développement chez Colas Québec. « Aujourd’hui, on recycle à la hauteur de 14 % environ au Québec », a-t-il dit. « Mais on est capable facilement de mettre jusqu’à 30 à 40 % de [granulats bitumeux recyclés] dans des enrobés qui sont aussi performants que les enrobés vierges. »


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