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Le procès d’un ex-enseignant francophone s’ouvre à l’Î.-P.-É., mais en anglais

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La version audio de cet article est générée par la synthèse vocale, une technologie basée sur l’intelligence artificielle.

Le procès de l’enseignant Roger M’Bahia a commencé jeudi à Summerside, à l’Île-du-Prince-Édouard, et se déroule en anglais malgré les souhaits de l’accusé, qui est francophone.

Roger M’Bahia est accusé d’agression sexuelle et de contacts sexuels à l’endroit d’une personne âgée de moins de 16 ans.

Lorsque les accusations ont déposées, le 29 septembre, il enseignait depuis seulement quelques semaines à l’école Pierre-Chiasson, un établissement de langue française de la région de Tignish qui accueille des élèves de la maternelle à la 12e année.

L’accusé avait déjà exprimé son souhait d’exercer son droit constitutionnel d'avoir son procès en français. Un procureur de la Couronne et une juge francophone, tous deux du Nouveau-Brunswick, ont été affectés à ce procès.

L’accusé est francophone unilingue et souhaitait pouvoir consulter des documents écrits dans sa langue.

Une avocate marche d'un pas rapide avec une valise et un manteau d'hiver sous la main. Un homme est à ses côtés. Il lève son manteau pour cacher son visage.

Roger M’Bahia (qui se cache le visage) et son avocate, Alison Ménard, devant le palais de justice à Summerside, jeudi.

Photo : Radio-Canada / Raphael Caron

Toutefois, l’avocate du prévenu, Alison Ménard, a indiqué jeudi à la juge qu’elle n’avait pas reçu les traductions en français des documents de la Couronne, malgré trois demandes.

Le procureur de la Couronne, Yannick Devost, a reconnu avoir manqué à cette obligation.

La juge Nicole Angers a hésité à aller de l’avant avec le procès. Elle a reconnu qu’il s’agissait d’une violation des droits constitutionnels de l’accusé.

Roger M’Bahia est au Canada en vertu d’un permis de travail qui vient à échéance ce mois-ci. Il a une épouse et quatre enfants en Côte d’Ivoire.

Dans ces circonstances, plutôt que de demander un ajournement, il a accepté que le procès commence avec l’aide d’un interprète.

Les choses se passent très lentement

Dans un enregistrement de la police diffusé au tribunal, l’élève qui a porté plainte a affirmé qu’il avait un objet sur sa cuisse et que son enseignant a touché rapidement ses parties intimes au-dessus de ses vêtements, dans la classe.

L’élève a raconté que cela l’avait rendu mal à l’aise.

La victime alléguée a porté plainte le même jour. La police a questionné plusieurs de ses camarades de classe dans les jours qui ont suivi. Certains d’entre eux doivent être appelés à témoigner durant le procès.

Le déroulement des procédures s’est fait très lentement, jeudi, car les deux premiers n’étaient à l’aise de témoigner qu’en anglais. Un interprète a traduit leurs propos, une phrase à la fois.

À ce rythme, l’avocate de la défense s’attend à ce que le procès prenne plus que les deux jours initialement prévus.

Le procès se poursuit vendredi.

Roger M’Bahia n’est pas en détention. Il est en liberté sous conditions et porte à la cheville un bracelet de surveillance électronique.

D’après le reportage de Raphael Caron et avec des renseignements de Nicola MacLeod (CBC)

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