Le 9 octobre à Oslo, le Comité Nobel norvégien a distingué Navi Pillay, 85 ans. Elle n’a gagné aucune guerre et n’a signé aucun traité de paix. Pendant plus de cinquante ans, elle a défendu une idée que beaucoup jugeaient naïve: une règle de droit peut faire reculer la force.
Elle naît en 1941 à Durban, dans un quartier pauvre, son père conduit des bus. Sous l’apartheid, cela suffit à vous assigner une place, et ce n’est pas la bonne. En 1967 pourtant, elle ouvre son propre cabinet d’avocate, première femme à le faire dans la province du Natal, et défend des militants anti-apartheid, jusqu’aux détenus de Robben Island. En 1995, Nelson Mandela la nomme à la Haute Cour. La même année, l’Assemblée générale des Nations unies l’élit juge au Tribunal pénal international pour le Rwanda, au lendemain du génocide. Suivront la Cour pénale internationale puis, de 2008 à 2014, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme. D’un poste à l’autre, le fil change peu: juger ceux qui se croyaient hors d’atteinte.


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