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Il y a des dossiers "maudits" en politique. Des sujets sur lesquels on préfère mettre un couvercle. Le précompte immobilier est de ceux-là. Depuis quelques jours, les avis arrivent dans les boîtes aux lettres. Pour beaucoup de propriétaires, la facture est salée : + 10 %, + 15 %, parfois + 30 %. Une hausse qui ne ressemble plus à un simple ajustement fiscal mais à une ponction supplémentaire sur des ménages déjà soumis à de fortes pressions sur leur pouvoir d'achat.
Les communes accusent le fédéral de les étrangler financièrement. Le fédéral rappelle que les communes disposent de leur autonomie fiscale. Chacun possède une part de vérité mais chacun préfère se renvoyer la balle, avec une hypocrisie sans borne. Les communes subissent effectivement des charges croissantes : pensions de leurs agents statutaires, sous-financement des zones de police et de secours, conséquences de certaines décisions fédérales, notamment la réforme des allocations de chômage et ses répercussions sur les CPAS. Certaines mesures fiscales prises récemment réduisent aussi les additionnels. Mais il serait faux de prétendre que la hausse du précompte n'est que la conséquence de décisions prises au niveau fédéral. Augmenter une taxe existante est politiquement beaucoup plus facile que s'attaquer à une dépense, dit-on souvent. Et c'est vrai. L'organisation des services publics locaux ou, plus largement, à la question de l'emploi communal, reste un sujet largement tabou.
Le précompte immobilier sur les bureaux au-delà des 50 % : "Ceux qui ne tiennent pas compte de la pression fiscale en paieront le prix"Le problème dépasse pourtant largement la facture qui arrive aujourd'hui dans les boîtes aux lettres. Le système fiscal immobilier belge est devenu profondément incohérent. Le revenu cadastral, qui sert de base au calcul du précompte, est depuis longtemps déconnecté de la réalité. Le revenu cadastral d'une magnifique villa mosane rénovée est souvent bien plus faible que celui d'un appartement (même pas neuf) à Bruxelles.
Cette situation produit donc absurdités et injustices. Elle pénalise certains propriétaires sans véritable logique économique ou sociale. Et elle décourage de plus en plus l'accès à la propriété dans certaines régions. Alors pourquoi ne pas remettre ce système à plat ? Parce qu'une réforme de la fiscalité immobilière aurait des gagnants et des perdants, et donc un coût politique immédiat. Depuis des décennies, les responsables publics préfèrent donc gérer les conséquences d'un système devenu obsolète plutôt que d'affronter sa refonte.
Hausse record des taxes immobilières à Bruxelles : près de la moitié des communes augmentent le précompte immobilier en 2026 (INFOGRAPHIE)Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.


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