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Le PQ formera un gouvernement minoritaire sur les cendres de la CAQ

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L’ex-orphelin politique Paul St-Pierre Plamondon sera parvenu à hisser le Parti québécois (PQ) au pouvoir, duquel il était écarté depuis plus de 12 ans, avec moins de 30 % des votes. Mais à l’instar de Pauline Marois en 2012, « PSPP » aura échoué à obtenir les commandes d’un gouvernement majoritaire.

Un vent de changement a poussé lundi le Parti québécois au pouvoir — et le Parti conservateur du Québec dans le rôle de la seconde opposition — tout en balayant complètement la Coalition avenir Québec du paysage politique.

Les larmes aux yeux, PSPP a été accueilli en héros au rassemblement péquiste tenu de l’Espace Saint-Denis, sous les « Paul, Paul, Paul ! » et les « Le Québec, un pays ! » de ses militants. « Malgré toutes les raisons du monde qu’on a pu leur servir pour les convaincre de céder à la peur », les électeurs « ont plutôt choisi l’espoir et le changement », a estimé M. St-Pierre Plamondon, avant que la foule lui chante Gens du pays.

« Je serai le premier ministre de tous les Québécois et Québécoises », a-t-il ensuite assuré, tendant la main aux trois autres partis qui siégeront à ses côtés, notamment en vue de la rédaction du prochain budget de l’État québécois.

Le premier ministre désigné a aussi évoqué la présence des députés indépendantistes — du PQ ou pas — qui se retrouveront à l’Assemblée nationale pour porter son projet de Québec-pays. « Je continue à rêver et à visualiser ce pays […] On n’oubliera pas de consulter les Québécois sur leur avenir. »

Un Salon bleu fractionné

À la tête d’un gouvernement minoritaire, Paul St-Pierre Plamondon devra obtenir l’appui d’au moins cinq élus d’opposition afin d’adopter ses projets de loi. Il pourra se satisfaire tantôt de l’appui de libéraux, tantôt de l’appui des conservateurs, tantôt des solidaires.

L’homme de 49 ans occupera le fauteuil de 34e premier ministre du Québec dans une Assemblée nationale largement renouvelée. Le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard, élu dans la circonscription d’Orford, lui fera face dans le Salon bleu avec 39 autres libéraux.

Au moment où ces lignes étaient écrites, 59 candidats du Parti québécois menaient ou avaient été élus, comparativement à 40 candidats du PLQ, 19 candidats du Parti conservateur du Québec (PCQ), neuf de Québec solidaire (QS), mais aucun de la CAQ.

Les péquistes ont connu des joies, mais aussi des peines lundi soir. Dont celle de voir Alex Boissonneault battu dans la circonscription d’Arthabaska-L’Érable, dans le Centre-du-Québec, un an après y avoir été élu lors d’une élection partielle. « Évidemment, c’est décevant », a-t-il affirmé M. Boissonneault en acceptant avec sérénité le verdict de ses concitoyens. Le député péquiste Pascal Paradis a quant à lui mordu la poussière dans la circonscription de Jean-Talon, à Québec.

L’ex-animateur de Radio X François Gariépy a par ailleurs échoué à se faire élire sous la bannière péquiste dans la circonscription de Charlevoix–Côte-de-Beaupré ; ; es électeurs lui ont préféré l’ex-libérale devenue conservatrice Caroline Simard.

Duhaime fait sauter le bouchon

Marquant l’entrée de sa formation politique au Salon bleu après un scrutin, le conservateur Éric Duhaime a été le premier chef à se faire élire dans sa circonscription. Celui qui a tenté à quatre reprises de se faire élire au Parlement a finalement réussi son pari dans Bellechasse. Il a fait sauter le bouchon de sa bouteille de champagne lundi soir.

Avec 19 députés élus ou en avance au moment d’écrire ces lignes (et près de 20 % du vote populaire), il a également atteint son objectif de former un groupe parlementaire reconnu à l’Assemblée nationale.

Plusieurs chaudes courses dans les régions du Centre-du-Québec et de la Capitale-Nationale ont été disputées lundi soir entre le PCQ et le PQ. « Ce soir, vous faites mentir les oiseaux de malheur », a lancé Éric Duhaime en célébrant sa victoire. « Les conservateurs vont faire leur entrée par la porte d’en avant demain matin. »

Deuxième dans le vote populaire, le PLQ de Charles Milliard a su compter sur une base solide dans la région métropolitaine et quelques percées, notamment en Estrie et en Outaouais, pour faire élire davantage de députés que les 18 qui composaient le caucus libéral à la dissolution de l’Assemblée nationale, il y a 40 jours.

« Je n’ai pas abdiqué à reconquérir toutes les régions du Québec », a lancé le prochain chef de l’opposition officielle, disant avoir hâte d’en découdre de nouveau lors d’un prochain rendez-vous électoral. Il s’est aussi adressé à Paul St-Pierre Plamondon, disant être prêt à collaborer sur des enjeux comme la santé, mais « jamais » sur un référendum sur l’indépendance.

La CAQ s’effondre

Après un sursaut de popularité il y a un mois, la CAQ s’est effondrée lundi soir. La première ministre sortante Christine Fréchette a été incapable de maintenir l’appui des électeurs inquiets des contrecoups de la guerre tarifaire entre le Canada et les États-Unis et de gagner ceux des indépendantistes « lucides » et « réalistes » opposés à la promesse du PQ de tenir un référendum sur la souveraineté du Québec et ceux des fédéralistes « déçus » du PLQ.

L’espoir d’être représentée par un ou deux irréductibles caquistes en raison d’un appui de quelque 15 % des électeurs n’a pas duré longtemps : l’équipe de Christine Fréchette a été rayée de la carte lundi.

L’ex-caquiste Maïté Blanchette Vézina a, elle, été élue dans la circonscription de La Peltrie… mais sous la bannière du PCQ.

« La défaite elle est la mienne. Elle n’est pas la vôtre. Alors gardez la tête haute », a lancé la cheffe caquiste devant ses militants lundi soir en reconnaissant la victoire de Paul St-Pierre Plamondon. Elle fut défaite dans Trois-Rivières face à Jean Pellerin, du PQ.

Les autres chefs de parti, Paul St-Pierre Plamondon (PQ) dans Camille-Laurin, Charles Milliard (PLQ) dans Orford, et Ruba Ghazal (QS) dans Mercier, ont pour leur part reçu le feu vert des électeurs pour siéger au Parlement.

Devant ses militants, Mme Ghazal a affirmé qu’elle et son parti se sont « battus comme seule la gauche sait se battre ». « Ce n’est qu’un début, continuons le combat », ont répondu du tac au tac la foule présente au rassemblement de Montréal.

Si QS va devoir compter sur un caucus légèrement réduit, de 11 à 9 députés, la formation politique a su accueillir de nouveaux députés : l’ex-député fédéral Alexandre Boulerice a notamment réussi son saut de la Chambre des communes à l’Assemblée nationale. Le parti éprouvait toutefois de la difficulté, notamment dans la circonscription de Verdun, où le libéral Antoine Dionne Charest était en avance durant la soirée.

Le premier ministre canadien, Mark Carney, a félicité par écrit Paul St-Pierre Plamondon pour sa victoire, disant avoir « hâte » de travailler avec lui. « PSPP » a pour sa part averti qu’il trouvera en sa personne un chef de gouvernement « direct », « franc », « transparent » et qui défendra d’abord et avant tout les intérêts du Québec.

La 44e législature de l’Assemblée nationale s’ouvrira le 17 novembre avec le discours d’ouverture du nouveau premier ministre.

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