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Ottawa a ignoré les demandes « vitales et essentielles » du Québec dans sa réplique « dollar pour dollar » aux tarifs américains, a déploré mardi le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon. La riposte fédérale risque maintenant de précipiter l’économie québécoise dans une « récession sévère », selon lui, parce que la première ministre sortante n’avait « pas de rapport de force » pour se faire entendre par Mark Carney.
« Non, Christine Fréchette ne s’est pas tenue debout pour le Québec », a martelé le chef péquiste à l’occasion d’un point de presse devant l’Hôtel du Parlement. « Si c’était le cas, la demande du Québec de ne pas aller dans le “dollar pour dollar” généralisé aurait été entendue. »
Le PQ craint que les « tarifs mur à mur » entrés en vigueur à minuit mardi ne « [nuisent] à l’économie du Québec au cours des prochains mois » et empirent une situation « déjà plus que précaire ».
Les États-Unis ont une économie 60 fois plus grande que le Québec, a souligné PSPP. Si le Canada poursuit dans la voie du « œil pour œil, dent pour dent », le géant américain « ne connaîtra même pas un soubresaut ». Et pendant ce temps, le Québec plongera « fort probablement » dans une « récession sévère ».
L’escalade tarifaire « ne pointe pas dans la bonne direction », a maintenu mardi l’éminence grise péquiste en matière économique, l’ancien ministre des Finances Nicolas Marceau. « Clairement, ça va vers un ralentissement de la croissance économique — et donc vers des répercussions dans la vie québécoise et des répercussions sur les finances publiques du Québec. »
Des aides « dès le jour 1 » d’un gouvernement péquiste
Les contre-tarifs fédéraux imposent un surcoût de 15 %, 20 % ou 50 % sur près de 700 produits importés en provenance des États-Unis et dont la valeur combinée atteint presque 28 milliards de dollars.
La liste comprend de nombreux éléments « essentiels » à la vitalité économique québécoise, a énuméré PSPP, dont « le papier, le carton, les produits de plastique, métalliques ou électroniques, l’acier, l’équipement agricole et plusieurs autres ». Aux yeux du PQ, cette réplique canadienne s’avère donc « mal conçue » et revient à « se tirer dans le pied » au moment où Washington veut mettre le Canada à genoux.
Un gouvernement péquiste s’engage à mettre en place « dès le jour 1 » des programmes d’aide ciblés pour les secteurs les plus affectés par la guerre commerciale. Il exemptera également d’impôts les revenus que les entreprises auront générés dans de nouveaux marchés et réclamera que l’argent prélevé en vertu des nouveaux tarifs d’Ottawa soit distribué au Québec en proportion des sacrifices consentis par ses entreprises.
« On ne voudrait pas que les sommes perçues par le gouvernement du Canada servent à soutenir l’automobile ontarienne pendant que notre foresterie québécoise est laissée-pour-compte », a souligné PSPP.
Ce dernier a aussi fustigé le décret qui prévoit une majoration de 25 % des soumissions faites par des entreprises étrangères dans le cadre d’appels d’offres publics. « La réponse normale, en diplomatie, c’est la réciprocité », a indiqué le chef du PQ, et une mesure qui pénaliserait les entreprises québécoises aux États-Unis aurait un impact « beaucoup plus grand » au Québec en raison de la taille modeste de son économie vis-à-vis le Goliath américain.
« En plus, cette mesure-là viserait aussi les entreprises européennes », a précisé PSPP. « Est-ce que vraiment on veut embarquer dans une situation où même nos alliés européens vont être pénalisés ? »
Les États-Unis reconnaîtraient-ils un Québec-pays ?
L’entrée en vigueur des contre-tarifs canadiens à l’encontre des États-Unis marquait à nouveau la détérioration des relations commerciales et diplomatiques entre les deux voisins nord-américains.
Dans un contexte où Washington foule aux pieds plusieurs lois internationales depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, la question de la reconnaissance d’un éventuel Québec souverain par les États-Unis demeure en suspens. « Ça prend la reconnaissance d’un certain nombre de pays pour qu’un pays puisse naître, c’est universel », a précisé le chef péquiste. « Tous les pays importants en Occident, dont les États-Unis, je m’attends à ce qu’ils reconnaissent un processus démocratique qui est vraiment suivi de la volonté d’un peuple, suivant le droit international qui est quand même très délimité ».
PSPP a déjà annoncé que la démarche référendaire qu’il promet d’enclencher, même aux commandes d’un gouvernement minoritaire, aboutirait après le départ du 47e président américain. « Il n’y a pas de scénario où les deux [un référendum et Donald Trump] vont se côtoyer », a insisté PSPP.


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