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Le Parti québécois (PQ) s’engage à abolir Santé Québec s’il est porté au pouvoir le 5 octobre prochain. Il souhaite redonner davantage de pouvoir aux établissements de santé, réduire la bureaucratie et réinvestir dans les soins les économies qu’il espère ainsi réaliser.
Près de deux ans après son lancement officiel, Santé Québec « ne répond pas aux attentes » en matière d’efficacité, a soutenu vendredi le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon, en point de presse. « On est bel et bien devant un monstre de bureaucratie. Il faut reprendre le contrôle sur cette société d’État. Elle doit rendre des comptes sur une croissance qui est totalement hors de contrôle. »
Le Parti québécois souhaite notamment confier davantage de responsabilités aux gestionnaires sur le terrain. « Ce qu’on veut, nous, au fond, c’est une décentralisation de la gouvernance où ceux qui gèrent l’hôpital sont redevables du résultat », a expliqué M. St-Pierre Plamondon.
Questionné sur les coûts qu’entraînerait l’abolition de la société d’État, le chef péquiste a plutôt insisté sur les économies qu’il entend réaliser. « Quand on aura comptabilisé la bureaucratie en moins et les prix de transition, on pense se rendre à 100 millions de dollars. Mais on s’engage minimalement à 40 millions. »
Ces sommes seraient réinvesties pour améliorer l’accès aux soins dans les CLSC et réduire les listes d’attente en chirurgie, a indiqué Paul St-Pierre Plamondon.
Malgré l’abolition de Santé Québec, le PQ entend conserver certains éléments de la réforme qui a mené à sa création, notamment le principe d’un employeur unique pour l’ensemble du réseau.
« Notre objectif n’est pas de défaire ou tout changer pour le plaisir. »
Santé Québec défend son bilan
La création de Santé Québec avait pour objectif de séparer la gestion du réseau des grandes orientations, qui, elles, demeurent sous la responsabilité du ministère de la Santé et des Services sociaux.
Appelée à réagir, la société d’État a souligné avoir réalisé des « avancées importantes » depuis son lancement officiel en 2024. Elle cite notamment la réduction des délais d’attente en chirurgie et des dédoublements dans les établissements de santé.
Elle prévient qu’une nouvelle réorganisation risquerait toutefois de perturber le système de santé. « Une telle abolition viendrait bousculer une fois de plus les opérations du réseau et la transformation en cours », a-t-elle ajouté.
Sur le réseau social X, la ministre de la Santé, Sonia Bélanger, a soulevé les répercussions qu’aurait, selon elle, la suppression de Santé Québec sur les citoyens. « Toute la population perdrait à voir passer les prochaines années à défaire et refaire les structures. »
« Faire croire qu’on peut simplement abolir Santé Québec, récupérer quelques économies et régler l’accès aux soins avec ça, c’est tellement simpliste que c’est quasi malhonnête », a-t-elle écrit.
Rencontré en marge du point de presse, le président du Syndicat des professionnelles en soins de l’Est-de-l’Île-de-Montréal, Denis Cloutier, a affirmé que les travailleurs du système de la santé avaient déjà vécu trop de réformes.
Il salue toutefois la volonté du PQ de décentraliser la gouvernance du réseau. « La gestion doit être locale pour mieux desservir la population », a-t-il fait valoir.


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