NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
En septembre 2024, je publiais un texte intitulé « Une lueur d’espoir qui ne doit pas nous faire baisser la garde ». J’y écrivais que, malgré des signes encourageants laissant entrevoir une éventuelle baisse mondiale des émissions de gaz à effet de serre (GES), il serait dangereux d’y voir une raison de ralentir nos efforts climatiques.
Or, voilà qu’à peine quelques mois plus tard, une récente étude publiée dans la revue Geoscientific Model Development est déjà utilisée par certains, à tort, pour laisser croire que les politiques climatiques actuelles auraient été bâties sur des scénarios trop alarmistes.
Il n’en fallait pas plus pour que cette étude soit rapidement reprise, entre autres, par le mouvement climatosceptique. Plusieurs publications relayées sur les réseaux sociaux et dans certains médias, y compris par des personnalités éduquées et influentes, affirment que « l’ONU reconnaît » désormais que les scénarios climatiques les plus alarmants seraient devenus improbables.
Certains en profitent même pour remettre en question des politiques publiques, comme la tarification carbone ou les stratégies de réduction des émissions, pourtant mises en place précisément pour éviter les scénarios les plus extrêmes.
Voilà un sérieux raccourci par rapport à ce que dit réellement l’étude.
Au cœur de cette controverse se trouve le fameux scénario SSP5-8.5, une trajectoire d’émissions extrême élaborée il y a plus d’une décennie. Il reposait notamment sur une expansion massive et prolongée de l’utilisation du charbon à l’échelle mondiale. Ce scénario est jugé aujourd’hui moins plausible, en partie parce que le développement des énergies renouvelables, des véhicules électriques et de certaines politiques climatiques a ralenti la croissance anticipée des émissions.
Faut-il s’en réjouir ? Jusqu’à un certain point, oui. Le monde ne suit probablement pas le pire chemin imaginable : c’est une bonne nouvelle. Mais transformer cette nuance scientifique en une quelconque preuve que la crise climatique aurait été exagérée constitue un dangereux raccourci intellectuel.
Comme je l’écrivais en 2024, le véritable danger réside dans le fait d’utiliser certains progrès climatiques pour justifier un recul des efforts ayant contribué à les rendre possibles.
D’abord, il faut mettre une chose au clair : absolument rien dans cette étude ne permet de conclure que le réchauffement climatique est maîtrisé. Bien au contraire. Même que plusieurs scénarios compatibles avec l’objectif de limiter le réchauffement à 1,5 °C sont maintenant jugés inatteignables. Autrement dit, nous nous éloignons du pire scénario, mais aussi des meilleurs.
Ensuite, parce que les conséquences associées à un réchauffement de 2 ou 3 °C demeurent immenses : vagues de chaleur extrêmes, incendies plus fréquents, pertes massives de biodiversité, perturbations agricoles, montée du niveau des mers et pressions croissantes sur les infrastructures et les systèmes de santé, pour ne nommer que quelques exemples.
D’ailleurs, le principal auteur de l’étude lui-même, le climatologue néerlandais Detlef van Vuuren, dénonce les interprétations trompeuses circulant autour de ses travaux. Dans une récente entrevue, il qualifiait d’« idiot » le raisonnement voulant qu’on puisse relâcher nos efforts climatiques simplement parce qu’un scénario extrême devient moins probable.
Et il a raison.
Car voilà le paradoxe : si certains scénarios catastrophiques deviennent aujourd’hui moins plausibles, c’est justement parce que des gouvernements, des entreprises et des sociétés ont commencé, imparfaitement mais réellement, à modifier leurs trajectoires énergétiques. À mettre en place certaines politiques, impopulaires peut-être, mais efficaces. Utiliser ensuite ces progrès pour justifier un recul des politiques climatiques revient un peu à abandonner un traitement parce qu’il commence enfin à fonctionner. Ce serait une erreur médicale. C’est aussi une erreur politique.
Évidemment que la science évolue. Heureusement, même. Les modèles se raffinent, certaines hypothèses sont corrigées et les projections se rajustent à mesure que de nouvelles données apparaissent. Mais cette évolution ne devrait jamais devenir un prétexte pour minimiser des risques qui, eux, demeurent bien réels.
Aujourd’hui, le climatoscepticisme prend parfois une forme plus subtile. Il s’adapte. On reconnaît le réchauffement, on reconnaît certains progrès, puis on laisse entendre que les politiques climatiques seraient désormais excessives ou inutiles. Vous savez, les fameux « écolos alarmistes ».
Pourtant, nous sommes loin, très loin, de pouvoir crier victoire.
Rappelons que les dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées dans l’histoire moderne de l’humanité. Les océans battent des records de température. Les feux de forêt se multiplient. Les événements météorologiques extrêmes s’intensifient. Même les puits de carbone commencent à montrer des signes d’épuisement. Rien de cela ne laisse croire que nous pouvons relâcher nos efforts.
Ainsi, si certaines tendances offrent des lueurs d’espoir, elles devraient plutôt nous pousser à accélérer nos efforts climatiques et écologiques, pas à les ralentir.


2 week_ago
23


























.jpg)






French (CA)