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Deux sites historiques de la région du Bas-Saint-Laurent sont finalistes au concours Le Beau Sauvetage, qui vise à protéger des lieux patrimoniaux à travers le Canada. L’église Notre-Dame-des-Neiges de Trois-Pistoles et le Fort Ingall à Témiscouata-sur-le-Lac font partie de la liste et pourraient remporter le grand prix de 50 000 $.
Le projet Ensemble pour les portes de l’église Notre-Dame-des-Neiges consiste à restaurer ou remplacer les huit portes extérieures du bâtiment. La neige rentre à l’intérieur. [...] On entend le vent qui rentre dans la chapelle, explique la responsable, Christine Dubé.
Les coûts de chauffage sont astronomiques, puis il y a de l’humidité qui se forme, indique-t-elle. Les travaux à effectuer sur les portes et les fenêtres qui se trouvent au-dessus de celles-ci pourraient tourner autour de 140 000 $.

De nouvelles portes permettraient de réduire les frais de chauffage de l'église, qui avoisinaient 60 000 $ en 2023.
Photo : Gracieuseté de la Fabrique Notre-Dames-des-Neiges
On a toutes sortes d’artéfacts à l’intérieur de l’église et si les conditions ne sont pas optimales, bien on risque de les détériorer rapidement. Ce serait vraiment scandaleux.
L’église, construite entre 1882 et 1887, est classée en tant qu'immeuble patrimonial par le gouvernement du Québec depuis 2019. On pouvait retirer de tout chantier, 80 % des coûts, souligne Mme Dubé, rappelant au passage que le ministère de la Culture et des Communications a suspendu l’automne dernier l’aide financière pour la préservation et la requalification du patrimoine religieux.
Une aide gouvernementale insuffisante ?
La professeure d’histoire à l’Université du Québec à Rimouski, Karine Hébert, n’est pas si surprise que cette enveloppe budgétaire soit vide.
Il y a certains enjeux d'infrastructures actuels qui nécessitent de gros investissements. [...] Politiquement, c’est peut-être plus rentable de payer pour une école où il y a encore des enfants qui sont inscrits que pour une église qui n’est plus fréquentée par grand monde, fait valoir Mme Hébert.
Elle rappelle que, même si certains lieux patrimoniaux peuvent réclamer 80 % des coûts de certains travaux d’entretien, il n’en demeure pas moins difficile pour les communautés rurales de recueillir la somme restante.
S’ils ne vont pas chercher les 20 %, ils ne sont pas financés, donc les patrimoines dégénèrent encore plus. Puis, quand ils arrivent avec l’argent, il n’y a plus d’argent dans la cagnotte globale, déplore la professeure.
La Société d’histoire et d’archéologie du Témiscouata tente aussi sa chance au concours Le Beau Sauvetage de la Fiducie nationale du Canada. La directrice générale, Marie-Michèle Bleau, y voyait une façon de sauver la palissade du Fort Ingall et la toiture de certains bâtiments.

À l'époque coloniale, ces fortifications avaient une durée de vie de 5 à 10 ans. La palissade du Fort Ingall a maintenant une cinquantaine d'années. (photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Alexandre Courtemanche
Le site a été construit en 1839 dans le contexte du conflit frontalier entre le Bas-Canada et le Maine. Il a été occupé par des troupes britanniques jusqu’en 1842. La clôture de bois a été reconstruite dans les années 1970 en se basant sur les connaissances historiques et archéologiques.
On est rendus à l’étape où il faut restaurer la palissade , mentionne Mme Bleau. Quelques poteaux seulement pourront être conservés, mais la majorité d'entre eux devront être retirés et remplacés.
Le Fort Ingall a reçu 1,7 millions de dollars du gouvernement provincial la semaine dernière, mais le projet global dépasse 2 millions de dollars.
Jusqu’au 24 avril, les citoyens canadiens peuvent voter en ligne sur le site du concours Le Beau Sauvetage. Les sites patrimoniaux qui auront recueilli le plus de votes remporteront un prix en argent, soit 50 000 $ pour la première place, 10 000 $ pour la deuxième et 5000 $ pour la troisième.
On s’entend qu’on ne va pas loin avec 50 000 $ dans une restauration patrimoniale laisse tomber la professeure d’histoire, Karine Hébert.

La professeure d'histoire à l'UQAR, Karine Hébert, estime que les programmes gouvernementaux en patrimoine ne sont pas suffisants.
Photo : Radio-Canada / Lisa-Marie Bélanger
En jetant un œil aux 12 projets retenus dans le cadre de ce concours, elle remarque également qu’ils sont tous situés en régions périphériques, hors des grands centres. Ce qui laisse entendre, peut-être, que les différents programmes en patrimoine à l’échelle canadienne, mais aussi à l’échelle québécoise, ne répondent pas toujours aux besoins des régions.
C’est à nous les gens des Basques de se mobiliser, puis de dire : s’il n’y a pas d’aide du gouvernement, bien nous on a des bras aussi, puis on va le faire, lance la directrice du projet de réfection de l’église Notre-Dame-des-Neiges, Christine Dubé.
Selon elle, l’église reçoit en moyenne 4000 visiteurs chaque année, ce qui est supérieur au nombre de citoyens que compte Trois-Pistoles. Je pense que c’est un moteur économique important.


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