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RÉCIT - Ce jeudi, la 18e étape rejoindra Orcières Merlette, au cœur des Alpes du Sud, théâtre d’un inoubliable succès du ténébreux Espagnol, le 8 juillet 1971.
Le Tour de France a de la mémoire. Il n’oublie ni les hommes ni les lieux qui ont bâti sa légende. Parfois ils ne font qu’un. Comme à Orcières Merlette. Un nom toujours prêt à chanter avec un O majuscule comme Ocaña. Le 8 juillet 1971, l’épreuve ouvre une nouvelle voie au cœur des Alpes du Sud. Un Espagnol aux cheveux de jais, au regard noir et à l’allure chevaleresque transforme la 11e étape en épopée : « On n’arrivait pas à comprendre. On était à fond derrière, à l’époque, il n’y avait pas les oreillettes. L’ardoisier passait, il annonçait : “Deux minutes !” Il s’en allait, revenait, il y en avait trois. Il s’en allait, revenait, il y en avait quatre. On se disait : “Comment c’est possible ?” On était à bloc. C’était incroyable », se souvient Bernard Thévenet. À l’arrivée, Luis Ocaña rejette Lucien Van Impe à 5 min 52, Eddy Merckx à 8 min 42, enfile son premier maillot jaune. Le Belge, assommé, souffle : « Ocaña nous a matés comme El Cordobés mate les taureaux


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