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La mission Artemis II tourne de nombreux regards vers le ciel. Alors que plusieurs se contentent d’observer le spectacle, certains rêvent de prendre part à l'aventure. C’est le cas de Frédéric Bénichou, enseignant en sciences à Baie-Comeau, qui a bien failli devenir astronaute. Des années plus tard, il raconte comment il a presque décroché la Lune.
Je pense que l’espace, ça éveille la curiosité de tout le monde, souffle Frédéric Bénichou, le regard pétillant. Il se voit encore à trois ans, questionnant son père sur ces points lumineux loin, loin, loin dans le ciel. Déjà, le petit Frédéric avait sa réponse : Je voulais y aller.
Je voulais être dans les fusées, je voulais être astronaute!
Mais ce parcours qu’il avait choisi ne serait pas un jeu d’enfant. Pour devenir astronaute, il faut plusieurs années d’études et, parfois, empiler de nombreux diplômes universitaires.
On va chercher des gens qui ont une formation scientifique ou technique, précise la directrice scientifique, de l’éducation et des collections au Cosmodôme de Laval, Marie-Michèle Limoges. On va voir des médecins, des ingénieurs, des chercheurs en sciences biomédicales… Souvent, les astronautes ont même plusieurs de ces diplômes combinés!

Pour Marie-Michèle Limoges du Cosmodôme, devenir astronaute demande un bagage scientifique exceptionnel. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Laurent Boursier
Une forme physique exceptionnelle, une résilience émotionnelle à toute épreuve, et de grandes qualités de communicateur sont également des points à cocher sur la longue liste de prérequis.
Frédéric Bénichou, attiré par l’idée d’être aux commandes d’une fusée, est alors devenu pilote d’avion. Après avoir rencontré des astronautes avec un bagage scientifique impressionnant, il a décidé de suivre une maîtrise en biologie marine pour étoffer son C.V.

La fusée d'Artémis II a décollé avec succès du Kennedy Space Center, le 1er avril. (Photo d'archives)
Photo : Reuters / Joe Skipper
Tout ce qui était un mètre au-dessus du sol, déjà, ça me plaisait.
Près du but
En 2008, l’Agence spatiale canadienne a déclenché une campagne pour embaucher une nouvelle cohorte d’astronautes, une première en près de 20 ans. Frédéric Bénichou a senti que c'était son moment. Et si j’essayais?
Malheureusement, cette première tentative s’est avérée infructueuse, pour la simple raison qu’il n’était pas encore citoyen canadien.
Les astronautes retenus étaient David Saint-Jacques, qui a passé six mois dans la Station spatiale internationale, et Jeremy Hansen, qui est présentement sur son chemin du retour pour la mission Artemis II.

L'astronaute canadien Jeremy Hansen quelques instants avant de prendre place dans la moonvan qui transporte l'équipage vers le pas de tir. (Photo d'archives)
Photo : Reuters / Steve Nesius
Je suis un peu dégoûté parce que ça aurait pu être moi, lance Frédéric Bénichou, à moitié sérieux.
Il a soumis sa candidature une deuxième fois huit ans plus tard, après être devenu citoyen canadien. Lors de ce deuxième essai, il a franchi avec succès la moitié du processus de sélection.
Des 6000 candidats, Frédéric Bénichou était parmi les 500 derniers retenus. Mais juste avant le début des tests physiques, le sort en a décidé autrement. Mon corps a lâché. Un petit osselet s’est brisé dans mon oreille. J’ai perdu l’audition d’un côté. C’était fini.

L'équipage d'Artemis II a pu observer un coucher de Terre. (Photo d'archives)
Photo : NASA
Rêver mieux
Malgré tout, le passionné d’astronomie ne regrette rien. Plus tard, sur mon lit de mort, je ne pourrai pas dire "j’aurais bien voulu être astronaute", je l’ai essayé, admet-il fièrement. De toute façon, je suis toujours pilote. Je vole un peu moins haut que Jeremy Hansen, mais je vais vers la Lune assez souvent. Peut-être plus souvent que lui!
Aujourd’hui, Frédéric Bénichou est responsable du Club d’astronomie du Parc nature de Pointe-aux-Outardes.

Frédéric Bénichou partage sa passion pour l’astronomie avec ses élèves de Baie-Comeau. (Photo d'archives)
Photo : RADIO-CANADA/ Frédéric Hountondji
En tant qu’enseignant de sciences au secondaire, il voyage chaque fois qu’il aperçoit le regard étoilé de ses élèves, le même qu’il avait quand il avait trois ans.
Le rêve, s’il y a bien quelque chose qui peut faire avancer l’humanité, c’est ça. […] J'aimerais que cette part de rêve prenne plus de place. Et les jeunes, ils rêvent encore. C’est ça que j’aime avec eux.
D'après les informations de Nazdar Roy et Paul Fontaine


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