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Il n’y a pas d’âge pour apprendre. Une douzaine de nouveaux arrivants adultes l’ont démontré en laissant leurs craintes de côté pour apprendre à faire du vélo. Pour certains d'entre eux, leur enseignant a réussi à faire un «miracle », en leur apprenant à pédaler. Le tout premier Camp Vélo a ainsi rencontré un engouement inattendu.
En cette journée pluvieuse de fin juillet, le dernier des trois cours du Camp Vélo aurait bien pu être annulé. Malgré tout, la majorité des participants se sont présentés au rendez-vous, déterminés à finir leur formation. À la faveur d’une accalmie, ils ont enfourché les vélos qui leur sont prêtés.
Michelle Tchangang est mère de trois jeunes garçons. Récemment installée à Charlesbourg avec sa famille, elle doit prendre l'autobus de son milieu de stage jusqu'à l’Espace Citoyen de Sainte-Foy, où se déroule l’activité.
Tout ce temps sacrifié, c'est pour la bonne cause, assure-t-elle. Elle s'est inscrite pour pouvoir passer plus de temps avec ses trois enfants, qui sont de réels mordus des balades à vélo.

Michelle Tchangang salue l'esprit d'entraide entre les participants du camp.
Photo : Radio-Canada
Avant de commencer son apprentissage, elle n’en avait jamais fait. Aujourd’hui, après avoir vaincu sa peur de chuter et de se blesser, elle se dit très fière de ce qu’elle a accompli, surtout pour ses fils. On a des moments mère-garçons, c'est vraiment ce qui me motive le plus, raconte-t-elle, tout sourire.
Zyad Mellouk est atteint du trouble du spectre de l'autisme (TSA) et du trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Il est âgé de 20 ans, et une lourde chute dans son enfance l’a longtemps éloigné de la bicyclette.
C’est par volonté de gagner de l’autonomie et de réduire ses dépenses en taxi qu’il retente sa chance.
La persévérance, c'est de ne jamais lâcher la chose qui t'a fait mal. Il faut que tu la fasses et la refasses, jusqu'à ce que tu réussisses.
Selon des chiffres recueillis en 2025 par l’Observatoire du vélo, 11 % des personnes nées à l’extérieur du pays ne savent pas en faire, contre 5 % pour celles nées ici. Les femmes représentent quant à elles près de 70 % des adultes qui ne savent pas faire de vélo.
Un véritable goulot d’étranglement
Cette initiative s’inscrit dans le projet Libérer le potentiel du vélo utilitaire, financé par le gouvernement du Québec. Le programme vise à démocratiser le vélo comme moyen de transport à Sainte-Foy. Le tout est piloté par la Coopérative Roue-Livre de l’Université Laval.
Le coordinateur de projets, Benjamin Baril, a décidé de créer le Camp Vélo après s’être rendu compte qu’il y avait un réel besoin chez certains nouveaux arrivants adultes. On a eu plus de demandes d'inscription que notre capacité à recevoir, affirme-t-il, agréablement surpris de l’engouement.

La formation incluait également des informations de base sur l'entretien des bicyclettes ainsi que des ateliers sur le Code de la sécurité routière pour les cyclistes. Zyad Mellouk s'affaire ici à vérifier si les pneus sont convenablement gonflés.
Photo : Radio-Canada / Zachary Sanche
L’idée est simple : trois cours de deux heures, étalés sur trois semaines, qui couvrent les fondamentaux, tels que l’équilibre et le pédalage.
M. Baril croit que les nouveaux arrivants constituent un public de choix pour accroître l’usage de la bicyclette, surtout lorsqu'ils n’ont jamais appris à en faire. Il faut, selon lui, mettre plus d'efforts pour dénouer un peu ce goulot d'étranglement.
Dans une ville comme Québec, qui développe autant ses infrastructures cyclables et son offre de vélopartage, être incapable de se déplacer à vélo constitue un désavantage non négligeable, selon M. Baril.
Un prochain Camp Vélo est déjà prévu à l’automne, cette fois-ci pour des niveaux intermédiaires, en plus d’une édition planifiée pour l’été 2027.
On a réussi le miracle
Les finissants dans le besoin reçoivent un diplôme bien spécial. Le vélo qui leur était prêté durant les cours leur est officiellement donné.
Un suivi sera également fait avec eux dans un an pour comprendre la place qu’a prise le cyclisme dans leur vie. Roue-Libre pourra ainsi mieux orienter ses activités.

Le nombre de participants était limité par la quantité de vélos dont disposait Roue-Libre.
Photo : Radio-Canada
Benjamin Baril se remémore les cris de joie des participants lorsqu'ils ont commencé à pédaler pour la toute première fois. Il y a des gens qui nous disaient au début : "Si vous arrivez à me faire faire du vélo, ça va être un miracle." Tout à l'heure, j'ai dit : "Ouais, on a réussi le miracle", témoigne-t-il.
À la fin, quand on voit ce qu'on a accompli, c'est vraiment super, se réjouit Michelle Tchangang.


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