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La Commissaire à l’éthique et à la déontologie a annoncé mardi l’ouverture d’une enquête visant le ministre de l’Immigration, Jean-François Roberge, au sujet d’une analyse réalisée par son ministère sur le Programme d’expérience québécoise (PEQ) qu’il aurait partagée avec les deux candidats à la chefferie de la Coalition avenir Québec (CAQ).
L’examen fait suite à des demandes formulées par l’élu libéral Marc Tanguay et l’élu solidaire Etienne Grandmont. « Les demandes des députés […] font état de motifs raisonnables de croire que le Ministre aurait commis un manquement à une disposition du Code en matière de conflits d’intérêts », a déclaré mardi soir la commissaire Ariane Mignolet par voie de communiqué.
Me Mignolet devra déterminer si le ministre Roberge a enfreint l’article 17 du Code d’éthique et de déontologie des membres de l’Assemblée nationale, qui stipule qu’« un député ne peut utiliser, communiquer ou tenter d’utiliser ou de communiquer des renseignements qu’il obtient dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de sa charge et qui ne sont généralement pas à la disposition du public pour favoriser ses intérêts personnels ou ceux de toute autre personne ».
La commissaire ajoute que le ministre a bien été « informé par écrit de l’ouverture d’une enquête à son égard ».
« Je prends acte de l’enquête déclenchée par la commissaire », a déclaré M. Roberge dans une déclaration transmise au Devoir. « Je vais collaborer pleinement à ses travaux. »
Analyses sur le PEQ
L’abolition du PEQ, annoncée par M. Roberge en novembre 2025, avait suscité — et suscite toujours — un tollé. Le ministre de l’Immigration s’est retrouvé dans une situation délicate lorsque Christine Fréchette, qu’il appuie dans la course à la chefferie de la CAQ, a annoncé qu’elle proposerait une clause de droit acquis pour une période de deux ans si elle est élue le 12 avril.
Bernard Drainville s’est quant à lui engagé à donner une clause « grand-père » de ce même type aux travailleurs temporaires de secteurs prioritaires comme la santé ou l’éducation.
Jean-François Roberge a ainsi « demandé au ministère de l’Immigration d’évaluer différents scénarios de transition qui seront soumis au prochain premier ministre […] pour que ça soit facilement applicable le cas échéant ». Les résultats de ces analyses ont été partagés aux deux candidats.
Lors du deuxième débat de la course à la chefferie, M. Drainville a indiqué que le ministre lui avait dit que sa proposition représentait 18 000 nouveaux résidents permanents. « Je demande à Christine Fréchette de rendre public le chiffre que Jean-François Roberge lui a transmis, comme je viens de le faire », avait écrit M. Drainville dans une publication sur X le 27 mars dernier. Mme Fréchette n’a pas voulu révéler son chiffre, affirmant qu’elle allait respecter le seuil de 45 000 résidents permanents par année.
Le député libéral Marc Tanguay a qualifié d’« importante » la décision de la commissaire ouvrant « officiellement une enquête relative au partage potentiel de renseignements privilégiés aux candidats de la course à la chefferie de la CAQ ». « Se servir des institutions publiques pour jouer à The Price Is Right version immigration pour se gagner des votes dans la course à la chefferie, c’est inadmissible », a de son côté déclaré le député solidaire Etienne Grandmont sur Bluesky.
Avec La Presse canadienne.


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