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Le premier ministre canadien, Mark Carney, a accueilli vendredi le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, en visite officielle au Canada pour trois jours.
La rencontre s’est tenue en après-midi dans le bureau du premier ministre à Ottawa. Les journalistes parlementaires n’ont eu droit qu’à quelques secondes d’accès, le temps d’une brève poignée de main, avant d’être reconduits à l’extérieur.
Initialement, les médias de la Tribune parlementaire canadienne avaient été exclus de la rencontre. Seuls les photographes « officiels » du gouvernement devaient être admis, conformément à l’horaire du premier ministre publié jeudi.
Le bureau du premier ministre a finalement autorisé l’accès à un pool de presse en milieu de journée vendredi.
Le chef de l’opposition officielle, Pierre Poilievre, a dénoncé une situation « très inquiétante », accusant le premier ministre Carney de reproduire les pratiques médiatiques chinoises. « C’est comme ça que les choses se font à Pékin, et maintenant le premier ministre importe ces pratiques ici », a-t-il lancé lors d’un point de presse à l’extérieur du Parlement en avant-midi.
Le bureau du premier ministre s’est défendu d’avoir plié aux demandes de Pékin. « Nous ne prenons pas nos décisions en fonction de pays étrangers », a-t-il simplement répondu par courriel au Devoir.
Le ministre Wang Yi est en visite au Canada pour trois jours, la première visite de ce genre en dix ans. Le ministre chinois a également rencontré son homologue canadienne, la ministre des Affaires étrangères Anita Anand.
Tensions diplomatiques
La rencontre survient alors que le gouvernement canadien cherche à renforcer ses relations avec la Chine après plusieurs années de tensions diplomatiques.
Les premiers véhicules électriques de fabrication chinoise commencent d’ailleurs à arriver au Canada, selon le média Bloomberg.
En visite à Pékin en janvier, Mark Carney a conclu un accord commercial lors d’une visite auprès du président chinois Xi Jinping. Ottawa a accepté l’importation de 49 000 véhicules électriques chinois sur une période de douze mois, à un taux tarifaire d’environ 6 %.
En échange, Pékin a réduit ses droits de douane sur certains produits agricoles canadiens. Auparavant, le Canada imposait des droits de douane de 100 % sur ces véhicules.
Cette entente avait suscité des critiques (et des menaces) du président américain Donald Trump et continue de soulever des inquiétudes aux États-Unis.
Cette semaine, l’ancien conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche sous l’administration Biden, Jake Sullivan, a mis Ottawa en garde contre la tentation de « considérer Pékin comme un partenaire plus docile ou plus stable que les États-Unis ». « Nous devons être extrêmement prudents […] de ne pas baisser notre garde face à des pratiques prédatrices susceptibles de submerger nos industries nationales », a-t-il déclaré lors du salon de la défense CANSEC, à Ottawa.


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