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Des responsables de divisions scolaires accueillent avec enthousiasme la gratuité du transport en commun pour les élèves du secondaire, une mesure phare annoncée mardi dans le budget provincial. Bien que le gouvernement du Manitoba précise qu’il doit encore collaborer avec la Ville de Winnipeg et d’autres municipalités pour la mise en œuvre logistique, l’annonce suscite déjà un vif intérêt dans le milieu de l'éducation.
Le directeur général de la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM), Alain Laberge, qualifie cette initiative d'excellente nouvelle.
Selon lui, même si une majorité d'élèves de la DSFM utilisent déjà le transport scolaire jaune, cette mesure offre une liberté nouvelle. Il explique notamment que pour un jeune dont les cours débutent plus tard en matinée, l'autobus scolaire ne peut pas effectuer de trajets personnalisés.
Si vous avez du temps libre, vous êtes au Collège Louis Riel ou au Centre scolaire Léo-Rémillard et que vous commencez techniquement 9 h 30 ou 9 h 45, bien l'autobus scolaire ne fait pas deux allers-retours. Donc, il vous dépose puis vous allez dans une salle de travail en attendant que votre journée commence, souligne-t-il.
Monsieur Laberge souligne également l'allègement de la charge mentale et physique des parents. En prenant l'exemple des activités parascolaires comme le théâtre ou l'improvisation, qui se terminent souvent en fin d'après-midi, il note que la gratuité évitera de nombreux allers-retours motorisés.
Cette autonomie accrue des jeunes viendra briser la dépendance envers le taxi parental , simplifiant ainsi la logistique familiale quotidienne.
Si vous faites du théâtre ou si vous êtes dans des équipes d'improvisation et que les pratiques sont à 16h, ça nécessite qu'un parent aille chercher son enfant pour le ramener à la maison. Donc, on va éviter un certain va-et-vient.

Le directeur général de la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM), Alain Laberge souligne que,même si la mesure ne touche pas un grand nombre d'élèves de la DSFM, elle offre une plus grande liberté aux jeunes.
Photo : Radio-Canada / Gavin Boutroy
De son côté, Jeff Anderson, directeur général adjoint de la Division scolaire Louis-Riel (DSLR), ne cache pas sa satisfaction.
Il rappelle que de nombreuses familles de sa division dépendent déjà des autobus de la ville pour le transport vers l'école.
C'est certainement un fardeau pour ces familles qui doivent acheter un laissez-passer pour l'autobus. Cela va sûrement beaucoup les aider.
L'achat de laissez-passer représente un fardeau financier non négligeable que cette mesure viendra éponger.
M. Anderson anticipe d'ailleurs un regain d'intérêt pour le transport collectif, particulièrement après que des changements de trajets municipaux en juin dernier ont compliqué les déplacements de plusieurs familles.
Il ajoute qu'au sein de la DSRL, il y aussi des parents qui choisissent d'acheter un siège à leur enfant.Selon lui, ils pourraient grâce à cette mesure, opter pour le transport en commun.
La division s'attend à un intérêt accru pour cette nouvelle initiative, surtout après les changements de trajets effectués par la ville en juin, qui avaient compliqué le transport pour certaines familles, fait remarquer Jeff Anderson.

Jeff Anderson, directeur adjoint de la Division scolaire Louis Riel dit que la division s'attend à un intérêt accru pour le transport en commun grâce à cette initiative.
Photo : Radio-Canada / Radjaa Abdelsadok
Au-delà de l'aspect pratique, les bénéfices environnementaux et circulatoires sont mis en avant. En encourageant les jeunes à délaisser la voiture familiale, la province espère réduire la congestion autour des établissements scolaires aux heures de pointe.
Sur le plan budgétaire interne, la DSLR voit aussi une occasion de réinvestir : la division possède actuellement un programme d'aide pour acheter des billets aux familles démunies. La gratuité provinciale permettra de rediriger ces fonds vers d'autres besoins essentiels de la communauté scolaire.
Alors, on pourra rediriger ces fonds et les utiliser pour aider les familles d'une autre manière, indique-t-il.

Daniel Proteau, directeur général de la Division scolaire Vallée de la rivière-Rouge affirme que la mesure va soulager les familles.
Photo : Photo soumise par Daniel Proteau
Les économies réalisées par les familles seront tangibles, considérant qu'une carte hebdomadaire pour un jeune de plus de 11 ans coûte actuellement 23 $, tandis que l'abonnement mensuel s'élève à 88,55 $.
Pour Daniel Proteau, directeur général de la Division scolaire Vallée de la Rivière-Rouge, ce geste politique favorise directement l'accessibilité à l'éducation.
C'est abordable pour une famille d’un ou 2, mais quand on a plusieurs enfants, ce coup augmente. Ça, c'est un geste qui aide les familles et l'accessibilité à l'école pour tous nos élèves, affirme-t-il.
Il précise que si les coûts sont gérables pour un enfant unique, ils deviennent prohibitifs pour les familles nombreuses.
Ce programme, dont le coût est estimé à 10 millions de dollars selon les documents budgétaires du gouvernement néo-démocrate, est ainsi perçu comme un véritable souffle d'oxygène financier.


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