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Le mépris : quand Godard filmait Bardot

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Classique, vous avez dit classique?

« Et mes fesses, tu les trouves jolies, mes fesses? »

Bien sûr, la carrière essentielle de Jean-Luc Godard est jonchée de films majeurs.  Inventeur  de la Nouvelle Vague avec À bout de souffle, auteur de road-movie ou de film noir inoubliables (Pierrot le fou ou Alphaville) ou encore d’essai cinématographique qui redéfinissait les règles mêmes de la narration (Film Socialisme), Godard aura créé autant d’images, de récits et de formes que le cinéma le permet.

Pourtant, Le mépris, réalisé en 1963 par le maître, brille tout particulièrement dans cette carrière aux mille contours. Il l’avait d’ailleurs juré à ses producteurs : cette adaptation d’un roman d’Alberto Moravio allait être un vrai succès commercial et méritait donc un plus gros budget (ce qu’il a obtenu). Réunissant Michel Piccoli et la star de l’époque, Brigitte Bardot, Le mépris gagnera son pari et sera bien le plus grand succès de Godard (mais pas de ses deux vedettes!)

Un homme (Michel Piccoli) et une femme (Brigitte Bardot) discutent debout devant une voiture.

Le mépris, de Jean-Luc GodardPhoto : Studio Canal

Au cœur de ce film devenu depuis un véritable classique du cinéma mondial, un couple, donc.

Paul, un scénariste installé à Rome, et sa femme dont l’amour pour son mari se transformera peu à peu en mépris, après une série de malentendus qui font croire à la jeune femme que son époux tente de se servir d’elle pour amadouer un producteur américain.

Mais, bien sûr, nous sommes chez Godard et ce récit se double de références innombrables au grand cinéma mondial (de l’affiche de Psychose à des mentions de M le maudit ou de James Dean, en passant par une citation d’André Bazin dans le générique même) en plus d’accueillir également dans sa distribution l’immense cinéaste allemand Fritz Lang  (Nouvelle fenêtre) qui y tient… son propre rôle (Godard y joue d’ailleurs lui-même son assistant)!

Mêlant à ce regard tragique et percutant, dérangeant même, sur ce que sont l’amour et le couple, Le mépris est, bien sûr, également une réflexion sur la création et le cinéma, pris entre contraintes financières et désirs du cœur, parée d’une mise en scène aussi stylisée que merveilleusement inventive.

Les complexités des sentiments amoureux le méritaient bien. Le cinéma aussi.

La bande-annonce (source :YouTube)

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