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« Mao, l’encombrant héritage » (7/7). Cinquante ans après la mort du Grand Timonier, Julia Lovell, professeure d’histoire et de littérature chinoises à l’université Birkbeck, à Londres, retrace, dans un entretien au « Monde », la diffusion mondiale du maoïsme. Selon elle, cette idéologie a bénéficié d’une contingence historique, l’ère de la décolonisation, qui a fait de Mao la figure de proue de l’anti-impérialisme.

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Portraits de Xi Jinping et de Mao Zedong, dans un magasin de souvenirs, à Shaoshan (Chine), ville natale du Grand Timonier, le 29 août 2026. Portraits de Xi Jinping et de Mao Zedong, dans un magasin de souvenirs, à Shaoshan (Chine), ville natale du Grand Timonier, le 29 août 2026.

Arrivé au pouvoir en Chine en 1949, à la suite d’une longue guerre civile contre les nationalistes, le dirigeant communiste Mao Zedong a profondément transformé le pays jusqu’à sa mort, en 1976. Ses qualités de stratège, son talent pour les slogans chocs et son positionnement anti-impérialiste, soutenu par une propagande abondante, ont offert à son idéologie, le maoïsme, un destin international. Julia Lovell, professeure d’histoire de la Chine moderne au Birkbeck College, à l’université de Londres, et autrice de Maoism : a Global History (« maoïsme, une histoire mondiale », Bodley Head, 2019, non traduit), décrypte les facteurs de ce succès international.

Qu’est-ce que le maoïsme ?

C’est un ensemble évolutif d’idées et de pratiques, dont les significations ont considérablement varié en fonction des lieux et des époques. Avec toutefois quelques constantes, parmi lesquelles la résistance de Mao au colonialisme et sa légitimation de la violence pour mener à bien la révolution – rappelons-nous sa maxime « Le pouvoir est au bout du fusil » , mais également l’importance qu’il accordait à la mobilisation et à l’organisation de la société rurale, et son attachement au volontarisme. Mao était convaincu qu’à condition d’y croire les Chinois – et n’importe quel autre peuple – pouvaient transformer le monde.

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