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Le kiosque de réduction des méfaits de l’Hôpital Saint-Boniface souligne un an d’existence

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À l'Hôpital Saint-Boniface, au fond d’un couloir, se trouve depuis un an un kiosque de réduction des méfaits. Mais qu'est-ce que c'est? Et à quoi sert-il?

L'Hôpital Saint-Boniface est le premier établissement de soins aigus à avoir installé en son sein ce type de distributeur, avec le soutien de la Fondation Saint-Boniface et de Réseau Compassion.

Cette initiative est gérée en partie par Katarina Lee-Ameduri, directrice de l'éthique à l’Hôpital Saint-Boniface et à l’association Réseau Compassion.

Nous avons constaté un besoin particulier en matière de matériel et de soutien liés à la réduction des risques au sein de notre communauté, notamment auprès des patients hospitalisés en soins intensifs, mais aussi pour accompagner les patients en service ambulatoire. Ce service est également conçu pour être accessible à tous ceux qui en ont besoin, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

Écran digital du kiosque, présentant divers articles de réduction des risques, dont certains épuisés, comme la trousse de pipes à fumer et les chaussettes.

Le kiosque de réduction des risques Our Healthbox de l'Hôpital Saint-Boniface est en service depuis avril 2025. La borne de l'Hôpital Saint-Boniface est la 12e au Canada, mais la première dans un établissement de soins aigus. La clinique de santé communautaire NorWest Co-op de Winnipeg a inauguré le premier kiosque du genre au Manitoba en mars 2024.

Photo : Radio-Canada / Morgane Knoll

À l’intérieur se trouvent aussi des trousses d’hygiène, des chaussettes, des trousses d’autodépistage du VIH et du matériel pour une consommation sans risque, comme des seringues stériles.

Après un an d’utilisation, Katarina Lee-Ameduri fait le bilan suivant : En tout, 1100 personnes ont utilisé la boîte, ce qui signifie qu’elles ont créé un compte et qu’elles ont désormais accès aux fournitures dont elles ont besoin. Parmi les articles les plus demandés, on trouve des accessoires pour fumer sans risque, du matériel d’injection, ainsi qu’un nombre que je qualifierais d’élevé, de trousses de naloxone, destinées à prévenir les surdoses.

Parallèlement, nous avons constaté une augmentation surprenante, et sans doute regrettable, du nombre de trousses de dépistage du VIH, ce qui est clairement lié à l’épidémie de VIH que nous connaissons actuellement.

Katarina Lee-Ameduri, directrice de l'éthique à l'Hôpital Saint-Boniface et Réseau Compassion souriante, à côté du kiosque de réduction des méfaits.

Le kiosque de réduction des risques de l'Hôpital Saint-Boniface a souligné sa première année d'existence le 16 avril 2026.

Photo : Radio-Canada / Morgane Knoll

Un gage de réduction des risques

Certaines voix discordantes pointent du doigt le fait que ce type d'initiative pourrait inciter à la consommation de dogues, ce que dément l'experte Julie Lajoie, maître de conférences et titulaire de la Chaire Francis A. Plummer en maladies infectieuses mondiales.

Au Manitoba, l’épidémie de VIH est surtout transmise par des drogues intraveineuses, et des personnes qui se partagent des seringues sales. Donc, avoir accès à une seringue propre, cela prévient les cas, alors c'est vraiment important.

Si les gens choisissent d'utiliser une drogue, ils vont trouver les moyens pour l'utiliser, rappelle Janelle Delorme, gestionnaire en relations autochtones, équité, diversité et inclusion au Centre de santé de Saint-Boniface.

Janelle Delorme, souriante.

Janelle Delorme, gestionnaire en relations autochtones, équité, diversité et inclusion au Centre de santé de Saint-Boniface.

Photo : Radio-Canada / Morgane Knoll

Elle rappelle que la lutte contre la transmission des infections sexuelles et sanguines figure parmi leurs priorités de santé publique.

Et si une personne contracte le VIH, l'hépatite C ou l'hépatite B, non seulement cela devient un fardeau pour cette personne, mais cela devient un fardeau pour le système médical.

En permettant de diminuer la stigmatisation et le jugement sur les consommateurs de drogues, notamment les personnes en situation d'itinérance ou souffrant de problèmes de santé mentale ou de dépendance, ce type de dispositif permettrait un rapprochement des usagers avec des experts médicaux et les professionnels de santé, voire un possible rétablissement, ajoute Janelle Delorme.

Katarina Lee-Ameduri aime rappeler ceci : Si des personnes souhaitent obtenir plus d'information sur la manière de se procurer une boîte, sur ce qu'il faut pour la gérer, ou sur ce genre de soutien, nous sommes toujours prêts à entrer en contact avec des particuliers et des communautés afin, nous l'espérons, d'améliorer l'accès à ce type de ressources.

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