Encore très marqué par la catastrophe de Fukushima en 2011, le Japon tente de revenir à un « usage maximal » du nucléaire. Evidemment, ceci va de paire avec la recherche de nouveaux sites de stockage définitif pour le combustible usé. Dernièrement, le gouvernement nippon a identifié une île inhabitée perdue dans l’océan Pacifique qui pourrait accueillir un de ces sites sensibles. Une étude préliminaire devrait bientôt débuter.
A la recherche de nouveaux sites d’enfouissement
En fin d’année 2025, le Japon a déclaré vouloir relancer partiellement la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, la plus puissante du monde depuis sa mise en service en 1985. A l’arrêt depuis la catastrophe de Fukushima en 2011, le monstre reste pourtant toujours inactif. En effet, une première tentative a été avortée en janvier 2026 après le déclenchement d’une alarme. Pour le gouvernement nippon, remettre en marche cette centrale est la première étape vers un retour à un usage maximal du nucléaire, dans le but de réduire sa dépendance aux importations d’énergies fossiles. Cependant, il s’agira désormais de respecter des conditions de sûreté revues à la hausse. Il faut dire qu’aujourd’hui encore, la population reste sensible sur la question du nucléaire, comme en témoigne l’explosion des cas de cancer de la thyroïde chez les jeunes révélée en septembre 2025.
En parallèle, le pays tente de désigner de nouveaux sites de stockage définitif pour ses déchets nucléaires. Comme le révèlent les médias Asia News et Channel NewsAsia dans des articles publiés le 5 mars 2026, le Japon s’intéresse à Minamitorishima, l’île la plus orientale de son territoire. Se trouvant à dans l’océan Pacifique à près de 2 000 kilomètres de la capitale Tokyo, l’île est inhabitée, interdite au public et seulement réservée au personnel militaire et météorologique. Il s’agit d’un atoll corallien de forme triangulaire couvrant une superficie de seulement 1,51 km².
Crédit : Telim tor / WikipediaMinamitorishima, l’île la plus orientale du territoire japonais (cercle rouge).
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Des tonnes de déchets nucléaires (et de terres rares)
Selon le ministre de l’Industrie Ryosei Akazawa à l’origine de la nouvelle, Minamitorishima dispose d’une « certaine superficie encore inexploitée pouvant accueillir un site » et des « atouts scientifiques favorables » en raison de sa géographie. Si ces éléments sont encore assez vagues, la municipalité de Tokyo – en charge de l’administration de l’île – a reçu une demande particulière. Il s’agit de lancer une étude préliminaire afin d’examiner les conditions géologiques et l’activité volcanique sur place. En cas de succès, le Japon pourrait y enfouir des déchets nucléaires à environ 400 mètres de profondeur.
Rappelons au passage que l’île de Minamitorishima dispose également d’un gisement de terres rares énorme à 6 000 mètres de profondeur. Évaluées à environ 16 millions de tonnes, ces réserves ont été découvertes en 2018 puis confirmées en 2026, au moyen de prélèvements. A terme, le Japon devrait exploiter ces ressources en partenariat avec les Etats-Unis. L’objectif principal est de réduire la dépendance vis à vis des importations en provenance de Chine, leader mondial du secteur.
Enfin, dans le cadre de l’enfouissement de déchets nucléaires, l’île de Minamitorishima est la principale candidate en raison de son isolement. Néanmoins, d’autres sites ont été prospectés, à savoir deux sur l’île d’Hokkaido au nord où se trouve la ville de Sapporo et une autre sur l’île Kyūshū au sud, où se situe la ville de Fukuoka.
Vulgarisateur scientifique depuis plus de dix ans, je m’intéresse à la géographie, aux technologies et à l’environnement. J’espère attirer votre attention sur des sujets captivants !