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Le hockey québécois sera bien représenté aux Jeux… paralympiques

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La faible représentation québécoise dans les équipes canadiennes de hockey aux Jeux olympiques a beaucoup fait jaser, mais la province peut au moins se targuer d’occuper une place de choix dans l’équipe canadienne de parahockey.

Hockey Canada a dévoilé mardi la liste des 17 joueurs qui représenteront le pays au tournoi paralympique de hockey, du 6 au 15 mars, à Milan. Du lot, on retrouve quatre Québécois.

Shawn Burnett, de McMasterville, Mathieu Lelièvre, de Lévis, Vincent Boily, de Saint-Eustache, et Anton Jacobs-Webb, de Gatineau.

C’est une fierté de représenter le Québec. On est un petit groupe soudé. On s’entraîne ensemble chaque semaine, ce qui crée une belle chimie, tout en partageant notre passion avec les autres provinces, avait indiqué à Radio-Canada Shawn Burnett le mois dernier, avant une compétition préparatoire en Colombie-Britannique. Dès que j’ai commencé ce sport, mon objectif était les Jeux paralympiques. Je pensais que ça prendrait plus de temps. Participer aux Jeux de 2026 serait une immense fierté, avait-il ajouté.

Assis sur sa luge pendant une entrevue, avec ses bâtons dans les mains, il sourit.

Shawn Burnett fait partie de l'équipe de parahockey du Québec depuis novembre 2021.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Vachon

Ce n’est pas seulement une fierté culturelle, mais régionale aussi, mentionnait pour sa part Mathieu Lelièvre. Le Québec a un bon programme de développement en parahockey, qui continue de grandir. Tout ce travail contribue à bâtir les équipes du futur.

Gardiens

  • Adam Kingsmill (Colombie-Britannique)

  • Corbin Watson (Ontario)

Défenseurs

  • Rob Armstrong (Ontario)

  • Shawn Burnett (Québec)

  • Auren Halbert (Alberta)

  • Tyrone Henry (Ontario)

  • Mathieu Lelièvre (Québec)

Attaquants

  • Vincent Boily (Québec)

  • Dominic Cozzolino (Ontario)

  • Adam Dixon (Ontario)

  • James Dunn (Ontario)

  • Liam Hickey (Terre-Neuve)

  • Anton Jacobs-Webb (Québec)

  • Micah Kovacevich (Alberta)

  • Zach Lavin (Ontario)

  • Tyler McGregor (Ontario)

  • Greg Westlake (Ontario)

Un nom a bien failli s’ajouter, celui de Jean-François Huneault, qui a bataillé jusqu’à la toute fin pour l’un des deux postes de gardiens de but.

C’est une fierté d’ajouter une présence francophone dans le vestiaire, a dit l’Eustachois. Le programme au Québec est très solide. Les jeunes poussent fort. Chaque occasion donnée à un francophone est saisie et méritée. On montre qu’on est des travailleurs acharnés.

Il regarde vers le filet.

Maxime Gagnon est l'entraîneur de l'équipe de parahockey du Québec.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Vachon

Des mots qui sonnent comme de la musique aux oreilles de Maxime Gagnon, l’un des artisans de ces succès.

La structure s’est beaucoup améliorée. Hockey Québec a maintenant un coordonnateur dédié au parahockey. Ça facilite l’accès aux subventions, aux installations, et la reconnaissance par les associations de hockey mineur, explique l'entraîneur de l'équipe provinciale. Le développement régional est aussi clé. On est maintenant présents dans 10 régions au Québec, de l’Abitibi à la Gaspésie. Presque partout, on peut accueillir un joueur qui veut pratiquer le parahockey.

C'est l'une des meilleures représentations qu’on ait jamais eues. Avant, on avait deux joueurs au maximum en même temps. Aujourd’hui, avec quatre, on est très fiers.

Pour retrouver une équipe canadienne comptant plus de Québécois, il faut reculer jusqu’en 2002. Sept représentants de la province avaient alors défendu les couleurs du pays à Salt Lake City. En 2006, à Turin, ce nombre a chuté à quatre, à trois en 2010, à Vancouver, puis à deux en 2014, à Sotchi.

En 2018, à Pyeongchang, le gardien Dominic Larocque a été le seul du Québec à être sélectionné. Puis, en 2022, Anton Jacobs-Webb s’est joint à lui. Larocque a depuis raccroché ses jambières, mais accompagnera la sélection à titre d'entraîneur adjoint.

Anton Jacobs-Webb accorde une entrevue après la finale de parahockey.

Anton Jacobs-Webb

Photo : Radio-Canada

Il s’agira d’une première expérience aux Paralympiques pour trois des quatre Québécois retenus, qui sont tous âgés de 25 ans et moins.

Ils auront tous un rôle important à jouer, selon l'ancien gardien Benoit St-Amand, champion paralympique en 2006.

La ''bonne vieille méthode'' qui consistait à faire jouer toujours les mêmes cinq ou six joueurs en attaque et en défense ne fonctionne plus vraiment. Aujourd’hui, chaque joueur apporte quelque chose de différent. Vincent, Mathieu, Shawn, Anton, chacun a un rôle distinct. Je les vois très bien performer au printemps à Milan.

Vincent protège très bien la rondelle, a un excellent lancer et une très bonne vision du jeu. Mathieu, qui est passé de l’attaque à la défense, a maintenant une lecture plus globale du jeu et une grande vitesse, note-t-il. Sa capacité à relancer le jeu derrière le filet va vraiment aider l’équipe nationale.

Anton, de son côté, est extrêmement calme sur la glace comme au banc. Il fait très rarement des erreurs, et ça rassure ses coéquipiers, ajoute Benoit St-Amand, qui agira à titre d'analyste pour Radio-Canada pour les Jeux paralympiques. Pour Shawn, j’ai eu la chance de jouer avec lui ces dernières années. Il n’a peur de rien : il va chercher la rondelle dans le coin, encaisse les contacts et prépare efficacement les sorties de zone. Il va apporter un élément très important défensivement.

L'exemple québécois pris en modèle

Maxime Gagnon pointe vers une raison en particulier pour expliquer l'émergence du Québec sur la scène internationale : le programme junior, mis en place en 2016.

Mathieu Lelièvre, sa nomination, c'est vraiment une première, indique l'entraîneur. C'est le premier à avoir fait son cheminement de A à Z au Québec, en partant du programme junior, puis ensuite son club provincial, puis l'équipe de développement canadienne, et maintenant l'équipe paralympique.

Shawn Burnett et Vincent Boily étaient plus âgés, et ils ont commencé directement avec l'équipe principale, sans passer par le junior. Anton Jacob-Webbs a fait son junior avec l'Ontario. Mathieu est notre premier produit issu du programme junior, ajoute-t-il.

Cette initiative permet notamment aux parahockeyeurs québécois de 17 ans et moins de se mesurer à leurs pairs de l'Ontario. L'Atlantique va se joindre à nous dès l'an prochain. Ça prépare bien la relève, dit Maxime Gagnon. On voit quatre joueurs avec l'équipe canadienne, mais plusieurs d'autres sont en chemin.

Le Québec a aussi été la première province à inclure le parahockey dans le programme Première présence, qui permet aux jeunes de s'initier au hockey à faible coût, grâce à une collaboration avec les fédérations nationales.

Pour 300 $, on te fournit une luge pendant un an et demi. On a instauré ça dans les régions. Les jeunes viennent chercher l’équipement à Montréal et retournent pratiquer le sport dans leur club. C’est très efficace, dit Maxime Gagnon. On a été des pionniers. Maintenant d'autres provinces font pareil. Ça nous amène une dizaine de nouvelles recrues chaque année.

Rêve olympique : Vincent Boily

Un accident de motoneige a fait basculer la vie du hockeyeur prometteur Vincent Boily. Huit ans et bien des défis plus tard, il a troqué ses patins pour sa luge et vise l’or en parahockey à Milan.

Radio-Canada présentera samedi à 21 h 30 un documentaire à son sujet.

Autre signe indéniable des succès québécois : le palmarès au Championnat national. Le Québec tentera en mai prochain de remporter le titre pour une cinquième année d'affilée, égalant ainsi un record détenu par l'Alberta. Le tournoi sera d'ailleurs présenté à Boucherville.

Le Canada vise de nouveau la plus haute marche en Italie

La formation, dirigée par l'entraîneur-chef Boris Rybalka, visera la 1re place à Milan-Cortina. Le pays a été médaillé lors de six des huit tournois paralympiques, mais n'a pas goûté à l'or depuis 2006 dans une autre ville italienne, à Turin.

Le Canada s'est buté à ses rivaux américains dans les deux plus récentes finales en 2018 et 2022. Les Américains ont largement dominé les compétitions internationales pendant la dernière décennie, mais l'écart s'est rétréci entre les deux nations dernièrement.

Le Canada a notamment réussi à détrôner les États-Unis au Championnat du monde en 2024. Le pays semblait auparavant condamné à la 2e place devant l'ascension de la puissance américaine.

Les Américains sont toujours l’équipe à battre, admet Benoit St-Amand. Tout le monde veut les détrôner. Mais si je fais un parallèle avec Turin en 2006, la Norvège était alors l’équipe dominante, et pourtant le Canada est reparti avec l’or. Tout peut arriver. C’est cliché, mais on a une très bonne équipe, conclut-il.

La sélection comptera sur le retour de 10 joueurs ayant participé à la conquête de la médaille d'argent en 2022 : Rob Armstrong, Adam Kingsmill, Adam Dixon, James Dunn, Tyrone Henry, Liam Hickey, Zach Levin, Tyler McGregor, Greg Westlake et Anton Jacobs-Webb.

Le vétéran Westlake avait annoncé sa retraite après les Jeux de Pékin, avant de revenir sur sa décision. Il prendra part à ses sixièmes Jeux paralympiques, tout comme Adam Dixon.

Les Jeux paralympiques de Milan-Cortina seront présentés à Radio-Canada du 6 au 15 mars.

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