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Depuis mars 2026, le Halo aide une quarantaine de personnes vulnérables à s’éloigner de l’itinérance. Dans l’immeuble situé à côté de l’église emblématique du quartier Saint-Roch, elles ont leur logement où elles sont autonomes, mais accompagnées d’intervenants au besoin. Les constats des premiers mois révèlent une formule prometteuse.
Ce sont autant d’hommes que de femmes qui logent dans l’un des 12 studios ou 28 chambres de l’édifice de briques beiges à cinq étages. Ces personnes ont entre 50 et 70 ans. Après des années d’itinérance, elles vivent ce que les intervenants appellent du vieillissement précoce. Et surtout, elles n’arrivent pas à se trouver ou à garder un logement.
Le Halo affiche quasi complet depuis le mois de juin. Les loyers sont subventionnés et le prix est établi pour les locataires à 25 % de leurs revenus.
C’est Santé Québec et le Projet L.U.N.E. qui se sont associés pour répondre à un besoin assez particulier, résume Frédéric Keck, directeur adjoint des partenariats et de l'itinérance à Santé Québec Capitale-Nationale. Le Halo n’est pas un lieu pour les urgences, comme peuvent l’être Lauberivière ou d'autres répits.
Ce genre de projet-ci, explique M. Keck, ça permet de donner des chances à des gens qui sont encore plus loin de la stabilité résidentielle habituellement, puis de vraies solutions de logement à long terme.

Frédéric Keck, Chantal Simoneau, et Lucie Hébert dressent un bilan positif et prometteur des premiers mois du Halo.
Photo : Radio-Canada / Gabriel Paré-Asatoory
Rencontré sur les lieux, Pierre dit déborder de joie d’avoir sa place officielle au Halo. L’homme à la longue barbe blanche, qui n’a pas voulu nous dire son âge, n’a plus une idée claire du temps qu’il a passé à la rue. Il relate que c’était des mois ou des années.
Depuis qu’il a son petit logis à lui, il dit clairement arriver à s’adapter et trouver une stabilité reposante. J’ai plus de liberté, puis je peux accomplir des choses, raconte fièrement l’homme.
Réapprendre le quotidien
Des éducateurs sont présents, de jour comme de soir, et des intervenants de nuit assurent l’accompagnement des locataires. Ils ne sont pas là pour les occuper, avise la directrice du Projet L.U.N.E., Chantal Simoneau, mais les aident pour toutes sortes de choses allant d’apprendre à gérer un petit budget jusqu’à réapprendre à dormir.
C'est un changement de vie complètement, expose Mme Simoneau. Alors, c'est sûr qu’il y a eu plein de réactions [au début], des gens qui ont de la misère à dormir dans leur lit, des gens qui allaient quand même coucher dans leur hébergement où ils allaient avant.

Une des 28 chambres du Halo, dans l'édifice du quartier Saint-Roch
Photo : Radio-Canada / Gabriel Paré-Asatoory
La cheffe des équipes des services en liaison à l'itinérance pour Santé Québec Capitale-Nationale, Lucie Hébert, ajoute que les défis sont de recommencer à manger, à avoir une hygiène de vie, à prendre l'habitude de redormir toujours au même endroit. Juste ça, c'est un grand défi.
Ce que ça nous demandait à nous, c'était vraiment de tolérer que les gens prennent le temps de s'installer, de tolérer l'inconfort que ça nous fait que les gens n'aillent pas à la même vitesse que nous, poursuit-elle. La tolérance de l’inconfort semble être la clé du succès pour offrir à ces personnes un nouveau confort.
En gagnant de l’aisance au fil des semaines, les locataires ont même fini par se trouver des projets communs. Chantal Simoneau raconte que certains voulaient jardiner et faire pousser des tomates sur la terrasse. Tout l'été, ils se sont occupés de leurs légumes, de leurs plants de tomates [en se disant] : ''Quand est-ce qu’on aurait pensé un jour avoir ça, pouvoir faire ça?''
Aller au-delà des vieilles recettes
Frédéric Keck observe que le projet brasse les vieilles recettes. Quand on parle d'itinérance, c'est une croissance qui est très bien documentée d'à peu près 10 % par année, c'est immense, se désole-t-il. On ne peut pas continuer à faire les mêmes vieilles recettes, il faut qu'on transforme puis qu'on essaie des nouvelles idées. Ici, c’en est une.
Pour l'instant, il y a peu de roulement. Les locataires n'ont pas de date limite pour séjourner au Halo. Il n'y a donc pas de liste d'attente, mais Santé Québec dit être sollicitée par ses partenaires pour accueillir plus de locataires.
À peine quelques départs ont été enregistrés depuis l'ouverture en raison de décès ou de cas nécessitant plus de soins dans des milieux mieux adaptés à leur santé. Des gens auraient aussi réussi à se loger ailleurs grâce à la stabilité obtenue en passant par le Halo, explique Santé Québec Capitale-Nationale par courriel.


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