Le projet de loi qui doit permettre aux communes fribourgeoises de définir si elles sont francophones, alémaniques ou bilingues a franchi une première étape importante ce mardi. Après un débat d’entrée en matière de plus d’une heure trente, le plénum a refusé un amendement déposé par le député PLR Savio Michellod. Il visait à augmenter la taille de la minorité linguistique nécessaire pour organiser un vote sur les langues officielles d’une commune. Comme lui, une partie de l’hémicycle considérait que le taux de 10% fixé par le Conseil d’Etat était insuffisant et qu’il fallait le doubler. La proposition a finalement été largement rejetée, par 68 voix contre 30 et une abstention. Le débat sur le texte a ensuite été interrompu pour accueillir et féliciter une délégation du champion de Suisse de hockey sur glace Fribourg-Gottéron. Il se poursuivra vendredi matin.
En début d’après-midi, le conseiller d’Etat PLR Didier Castella a évoqué «un jour historique», en rappelant que le canton de Fribourg discutait d’une telle loi depuis cinq décennies, sans jamais parvenir à une solution. Le projet qu’il soutient depuis 2018 doit donner un cadre d’application à la Constitution fribourgeoise acceptée en 2004. Les critères à remplir pour qu’une commune devienne officiellement bilingue sont précis: la minorité doit être supérieure à 10% de la population depuis au moins vingt-cinq ans, la commune doit partager une frontière avec un territoire bilingue ou une commune parlant une autre langue officielle, et la décision doit être tranchée par un vote populaire. Actuellement, douze communes sont concernées, toutes situées sur la frontière linguistique entre les parties francophones et germanophones du canton.


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