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Le 1er juillet est synonyme de déménagement pour bon nombre de Québécois, et pour ceux qui changent de toit, la préparation commence bien avant ce jour fatidique.
C’est notamment le cas pour ceux qui doivent louer un camion. Du moins, ça devrait l’être, selon Diego, employé de l'entreprise U-Haul, qui loue de l'équipement de déménagement.
Les gens commencent à nous appeler au mois d’avril pour faire des réservations, souligne-t-il. Les retardataires qui espéraient mettre la main sur un camion mercredi sont repartis bredouilles, avertit-il. Sur place, c’est impossible. Même que je ne sais pas s’il en reste sur toute l’île de Montréal.

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Depuis une semaine, l'horaire est prolongé pour répondre à la demande. Certains employés arrivent dès 5 h et d’autres restent jusqu’à 23 h. Diego et ses collègues s'occupent de nettoyer les camions ramenés par les clients. On demande de respecter l’heure de réservation, mais évidemment, ce n’est pas toujours le cas.
Son collègue Johane estime que son équipe peut nettoyer des camions plusieurs centaines de fois par jours.
Pour ceux qui ne réussissent pas à emprunter un camion, il existe des solutions de rechange. Naomé, qui quitte Pointe-Saint-Charles pour emménager avec sa copine à Hochelaga, peut compter sur quelques amis ainsi que sur son père, Dany Bigras.
Ce dernier est arrivé en renfort d’un festival de musique électronique avec son autobus scolaire converti en véhicule multifonction. Le résident de Sainte-Anne-du-Lac, dernier village avant la brousse québécoise, explique avoir pu facilement déplacer son lit de fortune à l'arrière de son véhicule pour y mettre les effets de son fils.

Dany Bigras, à gauche, a déplacé son véhicule peu après la prise de cette photo pour s'éviter une contravention. Il aide son fils Naomé à déménager.
Photo : Radio-Canada / Patrick MacIntyre
Une autre option est évidemment d'avoir recours à des déménageurs professionnels. L'un d'entre eux, croisé sur la 3e Avenue, à Verdun, se montre peu bavard. Désolé, man, on charge 234 $ de l’heure, je n’ai pas le temps de parler, lance celui qui en est déjà à son deuxième déménagement de la journée.
Une bande d’amis rencontrée sur la même rue semble également bien occupée. Ou bien affamée. Ça va, mais à Verdun, c’est difficile de se déplacer. C’est la journée des poubelles et il fait chaud aussi, explique l'un d'entre eux. Tout se passe bien, mais on commence à avoir un peu faim, lance un second ami.
Peut-être se dépêchent-ils pour éviter la chaleur ou bien la pluie. Un avertissement de chaleur est en vigueur et des averses sont prévues. La Direction de santé publique avertissait d'ailleurs mardi que ceux qui le peuvent devraient privilégier un déménagement tôt le matin ou en fin d’après-midi, y aller tranquillement en prenant des pauses, et s’hydrater.
Des montagnes de détritus
Un endroit particulièrement débordé en cette période de déménagement est le centre de don de la friperie Renaissance. Jean, Eugène et un autre homme qui n’a pas voulu s’identifier travaillent d’arrache-pied pour faire un premier tri des objets qu'ils reçoivent.
Si le volume de marchandise semble impressionnant, c'est une journée relativement tranquille pour cette période de l'année. Ce n’est pas aujourd’hui le pire, ce sera demain, croit l'un des hommes. Ils se désolent que plusieurs donateurs déposent des objets qui aboutissent au centre de recyclage ou au dépotoir.

Les déchets s'accumulent aux quatre coins de la ville.
Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers
D'autres collègues font un second tri en bas et si ce n'est pas assez bon pour mettre un prix, on envoie dans un camion pour recycler, ajoute l'homme.
Alors que quelques gouttelettes se font ressentir, deux éboueurs passent au pas de course, malgré la chaleur accablante. Ils doivent faire vite, lors de leur court détour sur la rue Wellington, piétonnisée et très achalandée en ce jour de congé.
Moi, je ne vais pas courir, assure Andrew, qui a commencé sa journée de travail à 7 h. Et à quelle heure va-t-elle finir? Quand on finit, répond-il en riant. Il explique que la charge de travail des éboueurs est particulièrement élevée lors des périodes de déménagement en raison des nombreux amas de détritus en bordure de rue.
Claude, ferrailleur, profite de la journée pour aller à la chasse d’électroménagers parmi tous ces rebuts . Je suis à la retraite, c’est un passe-temps, explique-t-il.
L’homme dans la soixantaine, interrogé alors qu’il chargeait seul un vieux frigo à l’arrière de son camion, affirme faire deux ou trois voyages au centre de recyclage par jour lorsqu'il effectue des collectes. Chaque voyage lui rapporte de 40 à 50 $, après avoir déduit toutes ses dépenses. Ça va, parce que je suis à la retraite, mais pour quelqu’un qui veut vivre de ça, je ne suis pas sûr qu’il s’en sortirait.


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