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Le sergent Rudy Boucquiaux, pompier expérimenté de la caserne de Nivelles, a perdu la vie en intervention ce jeudi 30 juillet au matin, à la sortie de l'autoroute A54, à Petit-Rœulx-lez-Nivelles, dans le sens Charleroi-Bruxelles, sur le territoire de la commune de Seneffe.
Les pompiers intervenaient pour l'incendie d'un véhicule. Lors du déploiement des secouristes, le sergent Boucquiaux est descendu du camion pour guider le chauffeur dans ses manœuvres, comme le prévoit la procédure. Pour une raison inconnue, le sergent a chuté et le camion lui a roulé dessus. L'auditorat du travail du Hainaut confirme la piste de l'accident de travail.
Rudy Boucquiaux, dit Piwi, était reconnu pour son dévouement aux autres et sa jovialité G. Plasman ©EDAEnviron 80 pompiers blessés chaque année
Ce drame relance la question de la pénibilité du métier de pompier. En Belgique, plus de 80 pompiers sont blessés chaque année en intervention ou à l'entraînement, entraînant des milliers de jours d'incapacité de travail. Les blessures surviennent principalement lors des secours à victime, des incendies, ou à la suite de chutes sur des sols instables ou mouillés.
Aucun chiffre officiel n'existe concernant le nombre de pompiers tués chaque année, mais selon les organisations syndicales, en moyenne, un homme du feu perd la vie en service annuellement. De plus, les conditions de travail compliquées (exposition aux fumées, effort physique intense durant les missions, nuits saccadées) réduisent considérablement l'espérance de vie après le départ à la retraite.
Qu'est-ce que les "feux zombies" qui rendent la vie impossible aux pompier français ?Une mortalité précoce
Selon des données communiquées par la CSC, l'âge moyen de mortalité chez les pompiers serait de 69,5 ans. Un chiffre qui nourrit la contestation de la réforme des pensions du gouvernement Arizona, laquelle prévoit un départ à la retraite à 67 ans à partir de 2030. "Le gouvernement Arizona ne réalise pas la pénibilité de notre travail. Ils ont supprimé le tarif préférentiel (un bonus de calcul qui permettait d'avoir une pension plus élevée, NdlR) et veut nous faire travailler plus longtemps", fustige Julie Happaerts, secrétaire permanente CSC Pompiers.
Le cancer pas reconnu comme une maladie professionnelle
"Le gouvernement vient seulement de lancer un groupe de travail avec Fedris (l'Agence fédérale des risques professionnels, NdlR) pour reconnaître le cancer comme maladie professionnelle. Aujourd'hui, le pompier doit démontrer que s'il a un cancer, c'est parce qu'il a été envoyé sur un incendie où il y avait potentiellement de l'amiante, et Fedris doit l'accepter", ajoute-t-elle.
Or, le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer), l'agence spécialisée de l'OMS, classe le métier de pompier comme agent cancérogène certain. Malgré cela, de nombreux pays, dont la Belgique, exigent encore des preuves très difficiles à apporter pour les malades. Les incendies dégagent des plastiques brûlés et des gaz très toxiques qui se déposent sur la peau et pénètrent dans le corps malgré les masques.
Les syndicats sont par ailleurs toujours dans l'attente des mesures d'aménagement de fin de carrière annoncées par le gouvernement. Un courrier reprenant l'ensemble des revendications a été envoyé au ministre de l'Intérieur Bernard Quintin au début du mois de juin. Une note conceptuelle, dont la discussion doit débuter le 28 août, laisse déjà présager une réforme de plus grande ampleur du statut des pompiers.
Le sale temps des incendiairesPour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.


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