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Interpellé sur la réforme du système de libération sous caution par le chef intérimaire de l’opposition fraîchement désigné, Konrad Narth, le premier ministre Wab Kinew a choisi de lui répondre en français à l’Assemblée législative. Cette stratégie, déjà employée en mai, avait à l'époque suscité l'agacement de son vis-à-vis anglophone.
La réplique de Wab Kinew n’a toutefois pas déstabilisé Konrad Narth. Pour sa première période de questions à l’Assemblée législative à titre de chef du caucus progressiste-conservateur, M. Narth a mis en cause le premier ministre en citant le cas récent d’un homme libéré sous caution soupçonné d’avoir causé un accident de la route mortel.
Le premier ministre a dit qu'il allait réformer les libérations sous caution dans les 100 premiers jours de son mandat, alors comment peut-il expliquer qu’un individu qui enfreint ses conditions de remise en liberté soit toujours dans la rue et prenne la vie d'innocents Manitobains?, a demandé M. Narth, pressant le gouvernement d'agir.
Ce à quoi Wab Kinew a répondu en français : Monsieur le président, c’est toujours très grave de voir des situations comme celle-ci. Quand les conservateurs étaient au pouvoir, ils ont coupé les programmes d'aide aux victimes d'actes criminels, réduit les fonds pour la police ainsi que pour le programme qu'il réclame aujourd'hui.
Après salve d’applaudissements d'usage à l’Assemblée, le premier ministre reprend son siège. Konrad Narth est revenu à la charge au sujet des échéanciers de la réforme du système de libération sous caution. Le premier ministre a réitéré ses explications, toujours en français.
Ça prend du temps de réparer les dommages [causés par les] conservateurs. En réalité, on voit que le crime n’est pas en train d’augmenter. Nous sommes en train de créer des communautés plus sécuritaires.

Konrad Narth, qui ne parle pas français, n'a pas perdu son sang froid au moment où Wab Kinew a répondu à ses questions en français. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Rudi Pawlychyn
Les échanges se sont poursuivis. Konrad Narth a maintenu que de nombreux Manitobains demeurent victimes d'actes criminels, tandis que le premier ministre a soutenu que son administration parvient à faire reculer la criminalité dans la province, décochant au passage une pique plus personnelle à l'endroit du nouveau chef de l'opposition.
Qu'est-ce que les conservateurs font en même temps? Ils ont trouvé les couteaux et puis ils ont chassé leur ancien chef. On ne voit même pas qui va être le chef des conservateurs le mois prochain, l'année prochaine, on ne sait pas.
L'échange entre les deux hommes politiques a pris fin sur cette pointe.
Aucun problème avec le français, assure Narth
Ces échanges bilingues ont retenu l’attention des journalistes pendant la mêlée de presse qui a suivi les débats en chambre.
Cela ne me pose aucun problème que le premier ministre réponde en français. Je l’ai déjà dit par le passé, je ne parle pas couramment français, mais on a un service de traduction à l’Assemblée. Le premier ministre peut donc choisir la langue dans laquelle il s’exprime, a assuré Konrad Narth.
Le chef de l'opposition a rappelé qu’il représente lui-même une importante population bilingue comme député de La Vérendrye, circonscription qui englobe notamment les communautés bilingues de Saint-Malo, de Saint-Pierre-Jolys, de La Broquerie et de Marchand.
En mai dernier, M. Narth avait reproché au premier ministre de s'exprimer en français pour répondre à ses questions sur le budget provincial. Il avait présenté des excuses officielles une semaine plus tard.


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