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Culture 13/08/2026 14:01 Actualisé le 13/08/2026 16:13
Alors que les droits pour une suite pourraient échapper définitivement à Warner Bros, les négociations entre le studio et les stars du film patinent.

Warner Bros.
Sorti en 2023 au cinéma, le film « Barbie » a été un succès financier énorme pour le studio Warner Bros.
C’était LA grosse surprise de l’été 2023. En l’espace de quelques semaines, le curieux projet de film Barbie de la réalisatrice Greta Gerwig avait renversé le box-office mondial et provoqué un phénomène relativement spontané autour de la sortie concomitante d’Oppenheimer de Christopher Nolan, le désormais célèbre « Barbenheimer ».
Trois ans plus tard, Nolan roule à nouveau sur le box-office mondial avec son Odyssée, mais pour Barbie, c’est beaucoup plus compliqué. Malgré une recette mondiale totale d’1,44 milliard de dollars, le projet de suite au film avec Margot Robbie et Ryan Gosling est au point mort.
Au départ, tous les voyants étaient pourtant au vert (fluo bien sûr) tant le premier film a été lucratif pour Warner Bros. Barbie était même devenu le plus gros succès de l’histoire du studio. La presse et les spectateurs avaient été globalement emballés par la proposition et les Oscars 2024 avaient même offert 7 nominations (dont celles de meilleur film et meilleur acteur dans un second rôle pour Ryan Gosling) pour une statuette, celle de la meilleure chanson originale (What Was I Made For ? de Billie Eilish).
Trois ans après ce triomphe, qui a notamment permis à Greta Gerwig de se voir offrir les manettes d’une nouvelle adaptation de Narnia commandée par Netflix, la franchise en devenir autour de la poupée la plus connue de la planète serait-elle déjà morte ? C’est une théorie de plus en plus crédible.
Bras de fer entre Warner et Margot Robbie
Fin juillet, le New York Times révélait que la Warner était engagée dans une course contre la montre pour conserver les droits d’adaptation de Barbie face à une échéance de plus en plus pressante. Le studio à en effet jusqu’au mois de décembre pour trouver un accord avec l’équipe créative derrière le premier film, s’il souhaite conserver les droits d’exploitation du personnage tel qu’il a été présenté au public en 2023.
En cas d’échec, les droits retourneront chez Mattel. Problème : un retour du personnage chez le fabricant de jouets l’obligerait à revoir entièrement l’exploitation de sa poupée au cinéma. Et un départ pour un studio concurrent serait obligatoirement synonyme de reboot complet, sans possibilité de piocher dans le premier film, en particulier dans le casting. Une option pas franchement stratégique pour Mattel compte tenu de l’attachement immédiat du public à la poupée incarnée par Margot Robbie et à l’univers déjanté imaginé par Greta Gerwig.
Or en coulisses, les négociations patinent sérieusement, comme le raconte Variety ce jeudi 13 août. D’un côté, il y a David Zaslav, le PDG de Warner Bros, et de l’autre l’équipe créative du premier film, composée de Greta Gerwig, son co-scénariste et mari Noah Baumbach, et les deux stars Ryan Gosling et Margot Robbie (qui est également productrice).
Une affaire de (gros) sous
Selon Variety, Zaslav a déjà formulé « plus de six offres au cours des trois dernières années ». Elles ont toutes été rejetées. La dernière serait même « la plus élevée jamais proposée par Warner Bros à une équipe de tournage et à ses acteurs ». Une affirmation nuancée par d’autres sources, qui reconnaissent que le « coût total pour les quatre personnes, est certes historique, mais que la rémunération individuelle ne l’est pas ».
Si Mattel dispose déjà d’un accord de droits avec Warner en cas de suite, les exigences du quatuor derrière Barbie sont « considérables » après le carton de 2023. Avec une augmentation des cachets initiaux et des hausses substantielles de leur intéressement aux bénéfices du film. À ce propos, l’équipe créative serait « satisfaite des salaires initiaux proposés, mais moins des conditions de rémunération ultérieure », liées donc au succès du film. Zaslav, lui, jugerait le seuil de déclenchement de bonus réclamé trop généreux, selon le New York Times.
Ce bras de fer a visiblement le don d’exaspérer les concurrents de Warner Bros, très surpris de voir son PDG refuser de sortir le chéquier pour un projet aussi solide et lucratif au motif de simples enjeux de rémunérations.
Une note d’espoir ?
Ces réactions outrées s’expliquent aussi par la position particulière de David Zaslav, engagé dans une fusion controversée de son studio avec Paramount. Celle-ci étant régulièrement freinée par la justice et donc loin d’être définitivement actée, le secteur hollywoodien à du mal à comprendre pourquoi le dirigeant ne lâche pas du lest pour sécuriser sa poule aux œufs rose bonbon, a fortiori dans ce contexte d’incertitude.
Avec du recul, Warner Bros peut surtout se mordre les doigts d’avoir initialement signé un contrat d’un seul film avec Greta Gerwig, une exigence de la réalisatrice qui refusait d’être liée à une suite. Une décision inhabituelle pour un projet d’une telle envergure, justifiée à l’époque par le pari d’engager une réalisatrice aussi inexpérimentée sur une production d’une telle ampleur. C’était avant de pouvoir contempler le succès record de Barbie…

MICHAEL TRAN / AFP
La réalisatrice américaine Greta Gerwig est devenue la cinéaste ayant obtenu le plus gros score de l’histoire au box-office avec son film « Barbie ». De quoi avoir de grandes exigences avant de rempiller pour une suite.
Y a-t-il une note d’espoir dans ce sac de nœuds hollywoodien ? Selon le New York Times et Variety, le duo Gerwig-Baumach disposent d’un levier de négociation important pour faire céder Warner. Ils affirment avoir déjà une idée pour un deuxième film. Le hic, c’est que Warner n’est pas dans la confidence, car Greta Gerwig et son mari refusent d’en dire plus ou de commencer à écrire tant que l’accord ne sera pas conclu. Une posture de négociation en somme.


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