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Le Festival international de cinéma et d’art Les Percéides perd un partenaire majeur à quatre semaines de l’événement, ce qui pousse l'organisation à se tourner vers le sociofinancement afin de boucler le budget 2026.
Une nouvelle tuile s’abat sur l’organisme percéen alors que la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) n’a pas attribué l'aide financière de 91 000 $ qu'il espérait cette année.
Par courriel, la SODEC a confirmé à Radio-Canada ne pas pouvoir soutenir Les Percéides en 2026 dans le cadre du programme d'aide aux événements culturels sur la base des documents déposés et des informations obtenues.
Il s'agit d'un coup dur pour l'organisation, selon le président et directeur général par intérim, Benoît S. Pilon, alors que la 18e édition du Festival est prévue à Percé du 19 au 23 août. La programmation n’a toujours pas été dévoilée.

Benoît S.Pilon n'a pas l'intention de baisser les bras, malgré l'ampleur du défi. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Julien Gautrot
Le conseil d’administration des Percéides s’attend toujours à ce que le rapport comptable pour l’année 2025, qui n’a toujours pas été adopté, fasse état d’un important déficit.
On veut livrer l’édition 2026 , assure Benoît S. Pilon
Devant l’incertitude financière, Benoît S. Pilon a choisi de se tourner vers le sociofinancement. Un objectif de 100 000 $ a été fixé par l'équipe des Percéides, qui acceptera aussi les commandites.
On a besoin d'hébergement, on a besoin de repas, on a besoin d'argent.
Sans la participation de la SODEC, le Festival devra proposer une édition beaucoup plus petite, dit-il, condensée sur cinq jours au lieu de sept. On va être capables, à mon avis, de livrer un petit, mais un beau petit, festival, estime-t-il.
La direction assure toutefois que la programmation est complétée à 96 % et fait appel à la solidarité des Percéens, des commerçants locaux et de tous les Gaspésiens. Benoît S. Pilon précise d'ailleurs que plusieurs partenaires locaux ont déjà confirmé leur appui.
Un appui supplémentaire de Percé
Bien qu'il affirme ne pas connaître les raisons exactes derrière le refus de la SODEC, le maire de Percé, Daniel Lebœuf, a réitéré son soutien envers la nouvelle équipe en place et souligne l'importance de soutenir l'événement pendant sa restructuration.
Moi, je leur fais confiance.
Le maire rappelle que le Festival offre une belle visibilité à Percé, en plus de soutenir l'économie et la relève culturelle régionales.

Chaque année, le maire de Percé, Daniel Lebœuf, verse son budget discrétionnaire à un organisme « qui a besoin d'un coup de pouce ». Cette année, le Festival Les Percéides va en profiter.
Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat
Pour pallier le manque à gagner, Daniel Lebœuf a d'ailleurs confirmé avoir versé une somme de 6000 $, issue de son budget discrétionnaire, pour lancer cette campagne de financement.
Des inquiétudes pour la GRAM
En plus de ces défis financiers, Les Percéides doivent composer avec la grogne d'un groupe d'anciens collaborateurs du fondateur et ancien directeur, François Cormier. Dans un nouveau communiqué, sept professionnels de la culture basés à Montréal ont récemment joint leur voix pour exprimer l’importance de la Grande rencontre des arts médiatiques en Gaspésie (GRAM) au Québec. Ils soulignent le rôle que l’événement a joué dans le développement de leur pratique artistique.
Ils disent notamment craindre pour l’avenir de la Grande rencontre, alors que les membres du conseil d’administration sont les mêmes pour les deux organisations.
Le président du conseil d’administration des Percéides et de la GRAM, Benoît S. Pilon, affirme toutefois que l’événement pourrait bel et bien se tenir en 2026. Il y a des artistes [...] qui sont intéressés à faire quelque chose à l'automne, affirme-t-il. La porte n’est pas du tout fermée.
En 2025, l’événement n’avait pas eu lieu, alors que François Cormier était toujours directeur et Esther Bourdages, commissaire. Selon cette dernière, la GRAM avait été mise sur pause afin de faire une restructuration.
Vers une judiciarisation du conflit?
Esther Bourdages, François Cormier et Mazen Chamseddine, concepteur de la salle de cinéma du Centre d’art de Percé, dénoncent aussi des mises en demeure envoyées par Benoit S. Pilon à des collaborateurs de longue date des Percéides. Ils s'estiment brimés dans leur liberté d’expression.
De son côté, le directeur par intérim affirme avoir simplement rappelé par écrit que si, à la suite de commentaires diffusés dans l’espace public, des organismes ou des personnes allaient vivre des préjudices, les auteurs de ces commentaires en seraient tenus responsables.
Avec la collaboration de Bruno Lelièvre.


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