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Le « dissident » de Sciences Po, Juan Branco : « Alain Soral est un escroc et un guignol qui fait croire qu’il est en Russie »

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Faudra-t-il bientôt présenter trois quittances de loyer pour obtenir son certificat officiel de dissident ?

Il fallait y penser. Après les contrôleurs fiscaux, les agents immobiliers et les services préfectoraux, voici une nouvelle profession qui semble avoir le vent en poupe : contrôleur de domicile dans la dissidence française. On y entre avec de grands discours sur la liberté, on en ressort avec une demande de quittance de loyer.

Juan Branco paraît avoir découvert une passion pour les lieux de villégiature d’Alain Soral, au point de reprendre publiquement l’idée que ce dernier ne serait plus en Russie, mais profiterait du soleil tunisien.

L’affaire commence avec Thierry Mariani. Le 12 octobre, l’eurodéputé affirme sur Radio Courtoisie que Soral aurait quitté la Russie dès la fin avril, après y être arrivé en février. Il évoque un passage en Tunisie et met en doute la sincérité de l’appel aux dons destiné à soutenir son exil. Des affirmations qu’il présente avec assurance, mais sans produire publiquement les éléments permettant de reconstituer ces déplacements.

L’intéressé reconnaît d’ailleurs ne pas savoir où se trouve actuellement Alain Soral. Voilà qui n’empêche pas les conclusions définitives. On ignore où se trouve le bonhomme, mais on sait qu’il ment. Une méthode qui ferait gagner un temps considérable aux enquêteurs si la justice décidait de l’adopter.

Il faut aussi s’intéresser à la circulation de cette accusation. Sur X, ce sont les comptes militants pro-israéliens qui ont lancé les premières insinuations concernant la Tunisie. Une chose est déjà observable : la même affirmation passe d’une rumeur sioniste sur les réseaux sociaux à la déclaration d’un responsable politique, puis à la charge publique d’un avocat, sans que leurs interventions respectives permettent de consulter les éléments sur lesquels ils s’appuient.

La rumeur voyage en première classe. Les justificatifs, eux, semblent être restés au comptoir d’enregistrement.

Juan Branco : le moulin à paroles qui ne veut surtout pas en être un

Juan Branco entre alors dans la danse. Sur X, l’avocat publie une longue charge contre Soral, dans laquelle il l’accuse notamment de faire croire qu’il vit en Russie alors qu’il profiterait des plages tunisiennes. Mais ce qui rend cette intervention particulièrement savoureuse, ce n’est pas seulement l’accusation. C’est le magnifique certificat de bonne conduite que Branco s’attribue quelques lignes auparavant.

Dans sa publication, il présente sa méthode en ces termes :

« Ne pas être un moulin à paroles, ne pas attaquer sans sources, articuler pensée et action. »

Bonjour,

vous êtes divertissant, vous maniez l’injure, la calomnie et les tropes obsessionnelles avec le talent et l’efficacité des pamphlétaires nihilistes qui vous ont précédé.

Vous avez surtout prospéré en une ère où l’ignorance et la médiocrité des castes qui nous dirigent feraient passer un chien pour un savant.

Le bilan politique de vos aventures dans le show business, puis dans les terres de l’internet, est assez clair après quelques décennies.

Vous avez formé des phares de la pensée comme Jordan Bardella, qui ont semble-t-il retenu tout de vos discours. Le maître se juge à ses disciples. Votre talent oratoire, qui vous a amené à vous consacrer vous-même comme étant le maître du Logos est tout aussi indiscutable. N’avez-vous pas, au ponant de votre vie, réussi le miracle consistant à organiser des débats – et réussir à les perdre ! – avec des éminences intellectuelles comme Thomas Guénolé ?

Tout cela m’a très tôt amené à admettre votre irréfragable supériorité.

Je dois dire que j’ai tenté de vous lire, Comprendre l’empire notamment. Quelques pages excitantes, liées à un constat initialement juste puis la chute: l’incapacité à dépasser quelques constants, l’effondrement dans la systématisation obsessionnelle de la figure juive comme responsable de tous les maux. J’ai cru comprendre, malgré mes évidentes limites, l’entreprise sous-jacente qui en naissait, alors que les portes de ce show-business tant espéré se refermaient: l’enfermement dans cette seule perspective, celle de l’impuissance (à moins de devenir génocidaire), comme seule ambition boutiquière: celle d’un homme qui, prospérant sur l’ignorance et l’insuffisante formation de certains de ses lectures, a l’esprit boutiquier.

Esprit boutiquier qui l’a amené, depuis qu’il intervient dans l’espace public, a tenté de fracasser quiconque viendrait éclairer ses lecteurs en offrant des clefs de lecture plurielles, bien plus enrichissantes et complexes: efficaces aussi, politiquement et intellectuellement.

Un art insoupçonné de la calomnie, souvent fantaisiste, parfois acérée, qui a fait de vous, contrairement à ce que vous affirmez, très longtemps l’enfant chéri du pouvoir, trop heureux que vous alimentiez les fausses dissidences, et que vous vous comportiez en chien de garde à l’idée de quiconque viendrait menacer votre monopole.

Un art de la compromission également qui vous a amené à vous distancer de Xavier Poussard – à le vendre en réalité – au moment où l’on vous perquisitionnait, après l’avoir incité à remplir vos caisses en alimentant le feuilleton Brigitte, jusqu’à ce que les choses deviennent un peu trop sérieuses, et un peu trop dangereuses.

Combien, avant, depuis, pendant ?

La différence entre vous et moi, c’est tout simplement un rapport à l’autre qui amène à chercher la vérité, et à éclairer sincèrement, dans les limites que nous avons tous l’action politique, et la possibilité pour chacun de s’émanciper.

Le refus du mensonge, l’acceptation des limites de l’entendement, la volonté d’exercer un effet sur le réel, et sérieux oblige, le refus de la calomnie infondée, de l’essentialisation et de la généralisation.

La passion aussi du réel, qui amène, de la Palestine au Sénégal en passant par le Yémen, le Centrafrique, le Nord Kivu, Wikileaks et bien d’autres terres, à aller le chercher et à s’y battre, en défendant des personnes menacées, en mettant à leur service des instruments, et non en se contentant d’en faire des instruments au service de son discours. Ne pas être un moulin à paroles, ne pas attaquer sans sources, articuler pensée et action. Ne pas finir comme un guignol à devoir faire croire que l’on est en Russie menacé d’être enfermé alors qu’on bronze sur des plages tunisiennes en suppliant qu’on envoie quelqu’obole pour payer sa compagnie.

Votre discours d’autodidacte n’est pas malheureux par son aspect névrotique – ce qui permet, lorsque ces névroses sont contrôlées, ce qui n’est pas le cas, d’avoir suffisamment d’énergie pour procéder à des dévoilements et mettre à bas les artifices et arrières-pensées. Non, mais parce qu’il est principalement structuré autour de vieilles tropes, assez datées, fixées en un XIXe où la branche la plus conservatrice de l’Eglise contemplait sa fin, coincée entre ce qu’elle considérait être ses antériorités et successions les plus immédiates et dangereuses, la religion juive et la franc-maçonnerie. Cette structuration de votre discours, qui semble si novatrice en France à vos auditeurs, n’est qu’une resucée de celle de l’Opus Dei qui, en Espagne par exemple, avait été érigée en dogme par le régime franquiste, et en tant d’autres pays et époques où les transformations industrielles ont fracassé le fondement de nos sociétés.

Le monde a évolué et les influences qui l’alimentent aussi. Les discours de propagande les plus efficaces, et défensifs, n’arrivent plus comme hier à prospérer en leur public d’origine, parce que l’institution qui les nourrissait s’est effondré. Mais ils demeurent encore en ces terres, notamment nourries par l’islam, ce qui explique part de votre succès.

Elles expliquent aussi cependant votre échec à produire non seulement une quelconque originalité et opérationnalité, vous contentant d’un commentaire continu depuis quarante ans matiné d’anecdotes sur vos rapports sexuels avec telle ou telle égérie de l’époque, mais elles vous amènent surtout à des spéculations toujours plus grossières, car toujours plus éloignées de lieux de pouvoir que vous avez cessé de fréquenter, et qui ont cessé de vous alimenter.

Certes, certains membres de services de renseignements, opportunément, vous utilisent ainsi que vos forums en idiots utiles pour distiller des calomnies et accusations fallacieuses pour embêter tel ou tel adversaire, tenter de l’éteindre. Ce qui est vrai ou faux vous indiffére, ce qui compte, c’est votre capacité à commenter.

Nous n’avons rien en commun, et j’ai toujours regardé, depuis 2019 et vos premières vidéos comme les expressions de votre idiotie. Opportunément parues et soutenues par le pouvoir, elles l’ont été au moment où Crépuscule levait le voile sur le fonctionnement oligarchique de nos sociétés, offrant une explication bien plus riche et effective que la vôtre quant aux stratégies de manipulation adoptées par le pouvoir, dans toute sa diversité, provoquant de tels remous que le gouvernement, via la très brillante Aurore Bergé, en a saisi la justice pour provocation à la commission de crimes et délits. La suite, on la connaît, et les persécutions bien plus graves que celles que vous n’aurez jamais à subir, également.

Si un jour je devais m’exiler, ce ne serait parce que, comme vous le prétendez, j’aurais parlé de l’orientation sexuelle d’une femme enrobée.

Vous n’avez pas comme seul point commun avec Eric Zemmour Sarah Knafo. Créature télévisuelle, création du show business, vous avez, également et de façon assez similaire, réussi à profiter de cette exposition offerte par le système pour imposer un temps votre névrose à une partie de la population française, profitant de votre notoriété pour ce faire, en tirant de larges sommes d’argent, et vivant de votre plaisir de la provocation et de l’imposture, sans jamais vous être hissé au niveau de maîtres que vous n’avez fait in fine que parasiter.

Pour ma part, j’affirme et je source, j’exerce un métier, je défend des personnes et des populations, y compris lorsque cela me fait encourir la prison à perpétuité comme au Sénégal, ou à quinze ans de prison en France, tente de faire avancer effectivement des luttes, et d’éclairer plutôt que d’étriquer par clôtures successives les esprits des personnes auxquels je m’adresse.

Mes ouvrages, divers, se sont vendus autant si ce n’est plus que les vôtres, et couvrent intellectuellement des terres que vous n’approcherez jamais. Et, contrairement à la votre, elle durera, et ne sera mentionnée comme anecdote d’une contre-histoire populaire d’une époque révolue, qui aura semé qu’échec et impuissance auprès de ses affidés.

Je ne mens pas sur mes activités, sur mes lieux de villégiature, sur ceux de mes opposants, je ne cherche pas sur trente cinq générations si mes adversaires idéologiques ou politiques auraient un mauvais sang pour tenter de justifier mon incapacité à les comprendre et les penser, je ne cherche mille explications à mes échecs et insuffisances qui en d’autres catégories que moi naîtraient.

Je ne traîne pas dans des sous-sols avec des hommes en cuir prétendant qu’au XVe siècle, un de mes ancêtres aurait été un juif converti, pour expliquer vos succès et justifier mes défaites.

Je vous expose et vous critique sur ce que vous êtes et ce que vous faites, acceptant les dizaines d’articles et de vidéos prostituantes que vous avez pu produire à mon sujet sans m’en émouvoir, sans chercher à les éteindre ni à les censurer.

Enfin, je ne multiplie pas, par dizaines comme vous l’avez fait, des proxys pour tenter de salir un parcours pourtant construit face à des oppositions violentes, aux moments les plus sensibles de celui-ci, jouant le rôle d’instrument du pouvoir tout en tentant le défier.

Je vous expose tel que vous êtes.

Je ne sais comment se passent vos aventures sur les rives de la Méditerranée, après le Lac Leman et ce supposé exil qui manquait d’en être un.

Je ne sais si vous vous êtes réconcilié avec Xavier Poussard et et prévoyez vous de faire un douzième faits et documents sur le sexe de Brigitte Macron pour traire un peu plus la mamelle et la crédulité de vos lecteurs, et dépasser le million de bénéfices que cette histoire vous avait à tous deux apporté.

Je ne sais comment vous vivez ce traumatisme affolant, qui vous aurait mené sur les routes du départ, consistant à avoir été condamné pour avoir parlé de l’embonpoint et de l’orientation sexuelle d’une personne, et si vous consultez pour alléger le poids de cette insupportable persécution.

Je me demande si, après mille itérations fumeuses, vous réussirez à continuer de vivre grand train tout en prétendant offrir les clefs de votre compréhension d’un système que vous dites si finement avoir analysé, et que vous vous montrez pourtant incapable de combattre de façon structurée.

Et si vos aventures dans les backrooms parisiens, entre spéculations sur vos obsessions et constants d’impuissance caractérisés, pourront être un jour réinaugurés.

Je me demande si vous allez continuer à nourrir cette fierté étrange, qui consiste à avoir fréquenté toutes les horreurs de notre temps, devenus responsables politiques d’un régime que vous dites pourtant conchier, vivant par procuration de leur célébrité.

Pensez cependant aux catastrophes que vous générez, et dont vous êtes parfaitement conscient, qui consistent à marginaliser et faire apparaître pour ridicules auprès de leurs entourages les personnes dont vous vous fichez, en faisant des impuissants et eunuques intellectuels, éloignés de toute lutte, trop heureux de pouvoir se divertir et se convaincre d’avoir raison en vous écoutant, éloignés de toute lutte sérieuse pour la souveraineté et la dignité d’un peuple aujourd’hui menacé par le pillage d’une oligarchie qui se sera jurée de le dévaster.

Pensées.

— Juan Branco ✊ (@anatolium) October 12, 2026

L’admirable profession de foi mériterait presque d’être encadrée dans une salle d’audience. On y entend le sérieux du juriste, la rigueur de l’enquêteur et la modestie de celui qui s’estime manifestement assez bien placé pour donner des leçons aux autres.

Et comme si cela ne suffisait pas, Branco en rajoute :

« Pour ma part, j’affirme et je source. »

Formidable. Voilà au moins une procédure qui ne devrait souffrir aucune discussion. Sauf qu’immédiatement après avoir exposé ces nobles principes, l’avocat présente Soral comme un homme qui ferait semblant de s’être exilé en Russie tout en passant du bon temps sur les plages tunisiennes.

Et les sources permettant de vérifier cette affirmation ? Dans cette longue publication, Branco ne présente ni document de voyage, ni témoignage identifié, ni pièce permettant d’établir la résidence actuelle de Soral. Pour un homme qui vient d’expliquer qu’il n’attaque pas sans sources, l’exercice est pour le moins acrobatique.

Un avocat sait pourtant faire la différence entre une affirmation, un indice et une preuve. C’est même, normalement, une partie assez importante du métier. Dans une salle d’audience, il ne suffit pas de déclarer que l’accusé bronze quelque part pour produire automatiquement le billet d’avion, le tampon du passeport et la réservation de l’hôtel.

Le paradoxe est d’autant plus remarquable que Branco consacre une bonne partie de son texte à reprocher à Soral ses approximations, ses attaques personnelles et son rapport supposément défaillant à la vérité.

Il aurait pourtant suffi de respecter sa propre devise : présenter les éléments, expliquer leur provenance, puis laisser les lecteurs juger. Mais à quoi bon s’embarrasser d’une démonstration quand on dispose d’une si belle formule ?

La dissidence sortie des grandes écoles

Pour apprécier toute la saveur de cette querelle, il faut revenir sur le parcours du procureur improvisé.

Juan Branco aime se présenter comme un homme en rupture avec les puissants. Il s’est fait connaître par ses critiques des élites, ses dénonciations des réseaux d’influence et son opposition à Emmanuel Macron.

Soit. Mais son propre itinéraire mérite aussi d’être rappelé.

Branco a fréquenté l’École alsacienne, établissement privé parisien réputé pour accueillir des enfants de milieux privilégiés, avant de poursuivre ses études à Sciences Po. Il y a côtoyé Richard Descoings, directeur de l’institution de 1996 à 2012, conseiller d’État et ancien collaborateur de cabinets ministériels.

Nous sommes loin de la cabane clandestine où quelques révolutionnaires impriment des tracts à la bougie.

Le lien entre Branco et Descoings ne relève d’ailleurs pas de la simple présence dans les mêmes couloirs. Le 11 avril 2012, lors des obsèques du directeur de Sciences Po à Saint-Sulpice, c’est Juan Branco qui prononce un hommage au nom de la communauté étudiante. La cérémonie rassemble plusieurs personnalités politiques, hauts responsables et représentants des institutions françaises.

Lorsqu’on entreprend de distribuer des brevets de dissidence, un minimum de modestie s’impose.

Il est tout de même amusant de voir un ancien élève des établissements les plus prestigieux de Paris expliquer à ses adversaires ce que serait une opposition véritable. À ce compte-là, on finira par organiser des examens d’authenticité révolutionnaire, avec jury, classement et remise des diplômes dans le grand amphithéâtre de Sciences Po.

La dissidence homologuée par les institutions qu’elle prétend combattre : voilà une idée qui aurait de quoi faire sourire quelques générations de contestataires.

La Russie, la Tunisie et le grand mystère de la facture d’électricité

Revenons à la question centrale : où se trouve Alain Soral ?

Soral affirme s’être exilé en Russie. Mariani conteste la permanence de sa présence sur le territoire russe. Branco reprend cette accusation et s’en sert pour attaquer sa crédibilité.

Mais depuis quand une personne ayant quitté son pays devrait-elle publier ses déplacements pour satisfaire la curiosité de ses adversaires ?

L’exil ne signifie pas nécessairement l’immobilité. Et même dans l’hypothèse où Soral aurait effectué un déplacement hors de Russie, celui-ci ne démontrerait pas, à lui seul, qu’il aurait menti sur son départ de France ou sur les raisons qui l’ont conduit à quitter la Suisse.

Il y a également un détail technique que cette querelle semble parfois oublier : les VPN.

Sur X, les indications concernant le pays associé à un compte sont des estimations déduites notamment de données de connexion. Elles peuvent être affectées par certains usages d’un VPN, par des déplacements ou par d’autres paramètres techniques. Elles ne constituent pas un système fiable de géolocalisation physique d’une personne.

Autrement dit, voir apparaître la Tunisie, l’Afrique du Sud ou un autre pays dans les informations d’un compte ne suffit pas à déterminer où se trouve son titulaire.

Un VPN n’est pas un billet d’avion. Une adresse IP n’est pas une photographie prise devant la mairie. Et une indication affichée par un réseau social ne fait pas office de tampon officiel sur un passeport.

Pour établir qu’une personne réside quelque part, il faudrait des éléments d’une autre nature. Mais lesquels ? Et surtout, pourquoi faudrait-il les communiquer publiquement ?

À ce rythme, il faudra bientôt qu’Alain Soral transmette une facture d’électricité, trois quittances de loyer, une attestation d’hébergement et une photographie du compteur d’eau.

On attend maintenant le formulaire Cerfa de la dissidence, avec une case réservée aux réfugiés qui ont l’outrecuidance de ne pas prévenir leurs adversaires lorsqu’ils changent de connexion Internet.

Pendant ce temps, Laurent Nuñez s’occupe d’Égalité et Réconciliation

La plaisanterie serait simplement drôle si elle ne se déroulait pas dans un contexte beaucoup plus sérieux. Le 11 octobre, le ministère de l’Intérieur confirme avoir engagé une procédure pouvant conduire à la dissolution d’Égalité et Réconciliation, l’association présidée par Alain Soral.

C’est dans ce contexte que Mariani, puis Branco, remettent publiquement en cause le récit d’exil de Soral. Une coïncidence de calendrier qui permet de s’interroger sur les priorités de ceux qui affirment combattre le pouvoir.

Lorsqu’un homme fait déjà l’objet de procédures judiciaires et que l’organisation qu’il préside risque la dissolution, est-il indispensable de transformer sa résidence supposée en sujet de divertissement public ?

Il existe une différence fondamentale entre demander des comptes sur l’utilisation d’une collecte financière et chercher à déterminer où habite celui qui en bénéficie. La première démarche peut être légitime. La seconde touche à des questions de sécurité et de vie privée. Et cela reste vrai que l’on partage ou non les opinions de Soral, que l’on approuve ou non ses écrits, et quelles que soient les condamnations prononcées à son encontre. Les droits d’une personne ne devraient pas dépendre de l’affection qu’on lui porte. C’est d’ailleurs un principe qu’un avocat revendiquant la défense des libertés devrait comprendre sans qu’il soit nécessaire de lui faire un dessin.

À force de chercher où habite Soral, Juan Branco ferait peut-être mieux de se demander où sont passées les sources qu’il promet si généreusement.

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