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La récente fermeture du détroit d'Ormuz suivie d'un cessez-le-feu précaire provoque des remous jusqu’en Côte-Nord. Si l'industrie de l'aluminium tire profit de ce conflit géopolitique, les pêcheurs locaux, eux, paient le prix fort à la pompe pour manœuvrer leurs navires.
La hausse fulgurante des prix du diesel jette une ombre sur l'ouverture de la saison de pêche pour les crabiers de la zone 16.
L'année passée à pareille date, on était aux alentours de 1,30 $ le litre. Cette année, on est plus autour de 2,30 $, déplore Jean-René Boucher, directeur général de l’Office des pêcheurs de crabes des neiges de la zone 16. Pour certains pêcheurs, ça peut représenter jusqu’à 30 % d’augmentation de la facture d’essence annuelle.
Malheureusement, nos pêcheurs ne partent pas avec des bateaux à voile ou des pédalos.

Le directeur général de l’Office des pêcheurs de crabe des neiges de la zone 16, Jean-René Boucher. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin
L’annonce de la réouverture du détroit d’Ormuz, quant à elle, fait peu pour rassurer les pêcheurs : Est-ce que ce cessez-le-feu-là va avoir un impact direct et immédiat sur le prix des carburants? On en doute, observe-t-il.
Un soulagement qui se fait attendre
Même si le prix du baril de brut à l'international commence à baisser, Simon Langlois-Bertrand, associé de recherche à Institut de l'énergie Trottier (IET), rappelle que les allègements à la pompe prendront du temps à se faire sentir en raison des délais de transport et de raffinage.
Selon le chercheur, dans un cas de catastrophe naturelle ou de sinistre, par exemple, on pourrait s’attendre à un impact positif sur le prix à la pompe dans un délai de trente jours. Or, le contexte incertain de la guerre rend ce type de prévision beaucoup plus risqué.

Simon Langlois-Bertrand est chercheur à l'Institut de l'énergie Trottier. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos
Même si le cessez-le-feu tenait pendant deux semaines […], est-ce que tout le monde serait assez rassuré pour voir un changement sur le marché?, se questionne Simon Langlois-Bertrand.
L’aluminium gagnant
À l’inverse, les alumineries nord-côtières profitent de cette crise. Selon Jean Simard, PDG de l’Association de l’aluminium du Canada, le blocage du détroit a paralysé les producteurs du Moyen-Orient, retirant près de 2 millions de tonnes d'aluminium du marché mondial.
Les grands producteurs du golfe Persique ont essentiellement été coupés de leur approvisionnement régulier en alumine, perdant leur voie de sortie pour exporter le métal produit, explique-t-il.

Pour Jean Simard, le Québec est devenu la seule source d'approvisionnement sécuritaire pour les États-Unis. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Aude Garachon
L'accès direct à l'Atlantique a protégé la Côte-Nord de toute rupture logistique, sécurisant autant ses approvisionnements en alumine que ses exportations de métal. Résultat : on se retrouve à vendre notre métal à meilleur prix qu’avant, parce que le marché est en manque, précise Jean Simard.
Les véritables perdants dans cette histoire, ce sont les États-Unis, croit le PDG.
Avec l'imposition des tarifs douaniers américains sur l'aluminium, les alumineries de la Côte-Nord avaient peu à peu tourné leurs exportations vers l'Europe. Mais, depuis le blocage du détroit, le Québec a recommencé à vendre de l'aluminium aux États-Unis.
C’est une démonstration que la seule source fiable et sécuritaire pour les États-Unis en termes d’aluminium, c’est le Canada, résume Jean Simard.
Avec les informations de Nicolas Bougeard


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