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Le destin de Keir Starmer suspendu au « roi du nord » et à cette petite circonscription mancunienne

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International 16/05/2026 10:48 Actualisé le 16/05/2026 10:50

Si Andy Burnham remporte un siège de député lors d’une élection partielle à Makerfield, il pourra prétendre au 10 Downing Street et probablement déboulonner le Premier ministre.

Makerfield va devoir s’habituer à la lumière des projecteurs. Cette petite circonscription de la banlieue de Manchester défraie la chronique depuis le vendredi 15 mai et pour cause : elle pourrait chambouler l’avenir de Keir Starmer. Malmené par l’affaire Mandelson, et sur la sellette depuis la défaite cinglante du parti travailliste lors d’élections locales, le Premier ministre a vu plusieurs figures de son gouvernement le désavouer cette semaine.

C’est à Makerfield que le maire du « Greater Manchester » (Grand-Manchester), Andy Burnham, va tenter de se faire élire lors d’une élection partielle à laquelle il s’est porté candidat vendredi. Comme le veut la règle au Royaume-Uni, l’homme de gauche de 56 ans doit remporter ce siège de parlementaire pour briguer la tête du Labour et prendre ainsi la tête du gouvernement – un mandat local n’étant pas suffisant pour y parvenir.

En se présentant à l’élection partielle à Makerfield, Andy Burnham (ici en septembre 2025) pourrait bien sceller le destin de Keir Starmer.

DAN KITWOOD / Getty Images via AFP

En se présentant à l’élection partielle à Makerfield, Andy Burnham (ici en septembre 2025) pourrait bien sceller le destin de Keir Starmer.

La victoire du « roi du nord » Andy Burnham à Makerfield lui ouvrirait les portes du 10 Downing Street et scellerait probablement le destin de Keir Starmer. Le Premier ministre « n’est là que parce que le parti n’arrive pas à se décider sur son successeur », souligne Steven Fielding, spécialiste du Parti travailliste à l’université de Nottingham, interrogé par l’AFP. Arrivé à la tête du Royaume-Uni après une victoire écrasante aux législatives en 2024, Keir Starmer voit sa légitimité remise en cause par près d’un quart des députés de sa majorité, qui demandent son départ.

« Le Parti travailliste doit changer »

En une semaine à peine, le Premier ministre a encaissé coup sur coup la démission de quatre de ses secrétaires d’État et de son ministre de la Santé Wes Streeting, jeudi. Ce dernier est considéré comme l’un de ses principaux rivaux… Et il a apporté son soutien à Andy Burnham en vue du scrutin à Makerfield.

L’élection partielle dans cette circonscription du nord de l’Angleterre n’a rien eu de naturel. Comme le rappelle The Guardian, le maire du « Greater Manchester » a dû batailler pour qu’un député travailliste de sa région accepte de démissionner pour qu’il puisse prétendre à son siège. Plusieurs d’entre eux ont refusé, rapporte le quotidien britannique, jusqu’à ce que Josh Simons, élu à Makerfield en 2024, se décide à céder sa place.

Déçu par la politique de Keir Starmer, cet homme de 32 ans s’est laissé convaincre qu’Andy Burnham était la meilleure option pour lui succéder. Les deux hommes ont longuement échangé, conduisant Josh Simons à annoncer sa démission jeudi, pour ouvrir la voie au « roi du Nord ». « Le Parti travailliste doit changer, et c’est tout le gouvernement qui doit changer », a affirmé l’ex-parlementaire, cité par la BBC.

Un duel entre la gauche et l’extrême droite

Tout n’est cependant pas joué pour Andy Burnham et Makerfield pourrait lui réserver des (mauvaises) surprises. Cette partie de la banlieue de Manchester était traditionnellement acquise aux travaillistes, mais lors des élections locales, son électorat de classe ouvrière a offert une victoire éclatante à l’extrême droite, en nette progression dans une large partie du pays.

La semaine dernière, le parti Reform UK de Nigel Farage a raflé pas moins de 24 sièges sur les 25 que compte la circonscription, rappelle le Manchester Evening News. Si Andy Burnham n’était pas le candidat travailliste, le Labour aurait eu « moins de 5 % de chances » de l’emporter face à l’extrême droite, assure John Curtice, spécialiste des sondages à l’université de Strathclyde cité par Le Monde.

Le ton était donné vendredi : Nigel Farage a prévenu que son parti mettrait « absolument toutes ses forces dans la bataille ». Andy Burnham joue très gros : une victoire lui assurerait presque sa place à Downing Street, une défaite signerait sans doute la fin de sa carrière politique. La campagne pour remporter Makerfield, qui sera aussi intense que surveillée, devrait durer encore plusieurs semaines. Selon les règles électorales britanniques, la législative partielle aura lieu au plus tôt à la mi-juin.

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