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Le CPE Abinodjic-Miguam de Val-d'Or ferme définitivement ses portes, selon les syndicats qui représentent la vingtaine d'employés de l'établissement.
Le 23 juin dernier, les parents avaient appris que le CPE ne pourrait plus accueillir leurs enfants dès le lendemain. Selon la CSN, la fermeture définitive aurait été statuée lors d'une séance extraordinaire du conseil d'administration, tenue le 13 juillet.
Le Syndicat des travailleuses et travailleurs du CPE Abinodjic-Miguam – CSN, la Fédération de la santé et des services sociaux et le Conseil central de l’Abitibi-Témiscamingue–Nord-du-Québec en auraient été informés le 15 juillet.

La garderie Abinodjic-Miguam, qui signifie «La maison des enfants» en anichinabé, était un CPE mixte pour Autochtones et non-Autochtones. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Julie Marceau
Je voyais qu'il y avait une grande pénurie de main-d'œuvre, affirme Arianne Trottier, éducatrice et présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs du CPE Abinodjic-Miguam – CSN. Au CPE présentement, on parle de quatre éducatrices qualifiées formées sur le plancher, sur 14 postes, ce qui n'est vraiment pas beaucoup. Donc, le ratio d'éducatrices formées n'était pas respecté.
Des conditions difficiles étaient dénoncées depuis plusieurs années par les employés du CPE, notamment ce qui concerne la gestion de l'établissement. L'état des installations ainsi que la santé et la sécurité des enfants étaient également remis en question.
Il y avait tout le côté alimentation. Présentement, le C.A. travaillait là-dessus, justement pour améliorer ça. Les locaux étaient désuets, ils ne respectaient pas les normes du ministère, témoigne Arianne Trottier, rappelant que le CPE avait été déplacé en raison des travaux d'agrandissement et de rénovation du Centre d'amitié autochtone de Val-d'Or.
C'est sûr qu'on voyait ça venir. Le C.A. a tout mis en place pour soutenir, aider les éducatrices. Il ne voulait pas la fermeture du CPE, parce qu'on se rappelle que le C.A., ce sont des parents bénévoles et leurs enfants fréquentent aussi le CPE.
Bien que les employés vivent actuellement une période de stress, Arianne Trottier signale que le conseil d'administration du CPE ainsi que le syndicat offrent du soutien aux employés et qu'ils sont bien informés des développements à venir dans les prochaines semaines.
Le syndicat déplore tout de même les 19 pertes d'emploi ainsi que la perte de 80 places en garderie, dont 75 étaient occupées.
C'est épouvantable. Je trouve ça tellement triste pour les familles, je me mets à leur place. Moi-même, j'ai mon petit garçon pour tout l'été avec moi et j'ai un bébé de 4 mois en plus. À Val-d'Or, il n'y en a pas de places. J'espère que le ministère va garder nos places en région, ajoute Arianne Trottier, dont le fils fréquentait aussi le CPE.
Les places conservées
Le syndicat soulève aussi la question des places en garderie en Abitibi-Témiscamingue, alors que le ministère de la Famille a récemment annoncé qu'il transformerait 5000 places non-subventionnées en places subventionnées partout au Québec, mais pas en Abitibi-Témiscamingue.
Par courriel, le ministère de la Famille indique que la direction de l'établissement l'a informé de sa volonté de libérer ses 80 places.
Conformément aux lois et règlements en vigueur, ces places pourront être réattribuées dans le cadre d'un futur appel de projets. Le ministère poursuivra ses démarches afin de bonifier l'offre de services de garde en Abitibi-Témiscamingue et de répondre le mieux possible aux besoins des familles de la région, écrit le ministère.
Le ministère est conscient des préoccupations que cette situation suscite pour les familles de Val-d'Or et de la région, particulièrement dans un contexte où l'accès à une place en services de garde demeure un défi. Le ministère est conscient que la fermeture d'un milieu de garde représente une situation difficile pour les enfants et les parents concernés, ajoute le ministère de la Famille dans son courriel.
Question d'attractivité
Le maire de Val-d'Or, Serge Allard, souligne que la perte de places en CPE, même temporaire, nuit à l'attractivité de la ville pour les travailleurs et leurs familles.
Ce qu'on veut, c'est amener des gens chez nous. Les travailleurs viennent travailler ici et ils ne restent pas. Il faut donc trouver une façon d'amener les gens qui viennent travailler ici à demeurer ici, fait-il valoir.

Le maire de Val-d'Or, Serge Allard. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / JEAN-MICHEL COTNOIR
Bien que la Ville de Val-d'Or puisse travailler sur le dossier du logement, il faut que les infrastructures sociales suivent, estime Serge Allard.
On a créé quand même beaucoup d'unités de logement, mais le côté des garderies est aussi important, parce qu'on peut amener un travailleur qui travaille dans le domaine minier, mais il y a des conjoints, il y a des enfants, il faut donc offrir le milieu le plus accueillant possible, fait-il observer.
La Chambre de commerce de Val-d'Or (CCVD), qui milite depuis plusieurs années pour davantage de places en garderie, souligne que la fermeture d'un milieu de garde entraîne des défis pour plusieurs citoyens et employeurs.
La fermeture de la garderie a un impact important pour toute la communauté, autant pour les travailleuses touchées que pour les parents. Plusieurs d’entre eux doivent trouver une alternative pour aller travailler, ce qui veut dire qu’il y a aussi des conséquences pour les employeurs.
Du côté de la Chambre de commerce, on va s’assurer, avec les partenaires, que les places demeurent sur notre territoire et que des solutions soient mises en place rapidement, ajoute M. Sébastien Richard dans une déclaration écrite.


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