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Le Conseil de la Paix de Trump s’avère encore plus inutile et douteux que prévu

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International 30/05/2026 09:00 Actualisé le 30/05/2026 09:26

Donald Trump a annoncé en début d’année la création d’un organisme pour instaurer la paix dans le monde, en concurrence de l’ONU. Cinq mois plus tard, il n’a pas achevé grand-chose.

EN BREF Créé par Donald Trump pour promouvoir la paix, son « Board of Peace » est critiqué pour son inefficacité et ses conflits d’intérêts.
Les efforts de reconstruction à Gaza peinent à se faire sentir sur le terrain où le statu quo demeure.
Le Financial Times a également pointé le manque de fonds du conseil dont le compte en banque semble désespérément vide.

« Ce Conseil a le potentiel de devenir l’un des organes les plus influents jamais créés », se vantait Donald Trump le 22 janvier, au moment de la création de son « Board of Peace », ou « Conseil de la Paix ». Ce dernier avait pour ambition de promouvoir la paix et de « s’éloigner des approches et des institutions qui ont trop souvent échoué », dans un tacle non dissimulé à l’ONU. Quatre mois plus tard, les doutes autour de ce nouvel organisme fondé par (et pour) Donald Trump et ses alliés ne se sont pas dissipés. Au contraire.

Le Conseil de la Paix a été créé dans la foulée de la signature en octobre 2025 du cessez-le-feu entre Israël et le Hamas. Si son objectif était la reconstruction de Gaza et l’application du plan de paix, la charte du Board of Peace ne cite ni l’enclave ni les Palestiniens et révèle une volonté bien plus large : imposer la paix partout dans le monde. Mais dès sa création, de nombreux pays ont émis des doutes sur cette entité présidée à vie par Donald Trump et où on a été casés ses proches, dont son gendre Jared Kuchner et son conseiller Steve Witkoff, posant un risque de conflits d’intérêts. Parmi les éléments les plus controversés : un paiement d’un milliard de dollars pour siéger de manière permanente.

Le Conseil de la Paix revendique 28 membres tels que la Turquie, la Hongrie, la Biélorussie ou le Maroc. Quant à la France, elle a refusé d’y participer. Vexé et mécontent de cette réaction, Trump avait menacé d’appliquer de nouvelles taxes sur le vin et le champagne français.

Le Hamas, « principal obstacle » à la paix selon le Conseil de la Paix

Où en est-on aujourd’hui ? Mi-mai, le Conseil de la Paix a présenté un premier rapport sur son action. Puis le 21 mai, le Haut représentant de l’institution trumpienne, le Bulgare Nickolay Mladenov, s’est exprimé devant le Conseil de de Sécurité de l’ONU. Sans convaincre. Le Conseil s’est par exemple enorgueilli d’avoir permis l’entrée de 4200 camions par semaine à Gaza chaque semaine… soit « trois fois moins qu’avant la guerre », rappelle Le Monde. Pire, le représentant permanent de la France auprès de l’ONU Jérôme Bonnafont a remis en cause ce chiffre, affirmant dans son discours que « l’objectif de 4 200 camions d’aide humanitaire par semaine n’avait pas été atteint et que la plupart des biens de première nécessité étaient toujours exclus ».

Un autre grief concerne l’« International Stabilisation Force for Gaza » ou « Force internationale de stabilisation », qui devait être déployée par le Conseil de la Paix dans le cadre du cessez-le-feu. Cinq pays (Albanie, Indonésie, Kosovo, Kazakhstan, Maroc) s’étaient engagés à envoyer des troupes sur place… sans aucun effet concret à ce stade. L’Indonésie a même suspendu l’envoi de ses hommes après la mort de trois casques bleus indonésiens au Liban. Dans son rapport, le Conseil de la paix évoque simplement une « étude préalable du site » menée fin avril et appelle « d’autres États membres à envisager de contribuer en personnel, en équipement et en ressources financières ». Pendant ce temps, Israël continue de frapper l’enclave. Plus de 850 Palestiniens ont été tués depuis octobre, selon The Guardian.

Le Conseil de la Paix, lui, a trouvé un autre coupable au statu quo : « Le principal obstacle à la pleine mise en œuvre reste le refus du Hamas d’accepter un désarmement vérifié, de renoncer au contrôle coercitif et de permettre une véritable transition civile à Gaza. » Le Hamas a balayé ces accusations, estimant que le rapport « reflète le maintien de la position israélienne et sert de tentative de justifier une nouvelle escalade israélienne ». De fait depuis le cessez-le-feu, Israël a accru son contrôle sur l’enclave passé de 53 à 60 %. Jeudi 28 mai, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a même ordonné à l’armée d’occuper 70 % de la bande de Gaza.

Un financement douteux

« Ce rapport est de la quasi-propagande. C’est une présentation biaisée et trompeuse des conditions et de l’accès humanitaires, qui passe sous silence la raison pour laquelle les résultats sont si lamentables : l’obstruction persistante du gouvernement israélien », a dénoncé dans Le Monde Jeremy Konyndyk, le président de l’organisation humanitaire Refugees International. Dans le Guardian, l’analyste israélien Gershon Baskin a aussi remis en cause la version du Conseil de la Paix, affirmant que la Hamas a fait part de « sa volonté d’entamer le processus de désarmement » mais exigeait « que cela se fasse en parallèle des engagements qu’Israël a pris et n’a pas tenus ».

À ce premier bilan plus que décevant s’ajoute un article accablant du Financial Times publié mercredi 27 mai et au titre plus qu’évocateur : Le fonds du Conseil de la paix de Donald Trump est vide. Alors que 17 milliards de dollars avaient été promis par les pays membres, le fonds administré par la Banque mondiale n’a pas reçu un seul dollar depuis sa création. Au moins 70 milliards sont nécessaires pour reconstruire Gaza. Un porte-parole du Conseil a toutefois indiqué que des fonds avaient été déposés sur le compte ouvert dans la banque privée JP Morgan. L’avantage ? La banque n’est pas tenue d’être transparente.

Sur X, le Conseil de la Paix a dénoncé l’article du quotidien économique qui « tente désespérément de semer le doute sur l’engagement des États-Unis et de leurs partenaires ». « Ils ne citent qu’un seul des nombreux mécanismes de financement qui, jusqu’à présent, n’a pas été utilisé par la communauté des donateurs, a-t-il pointé. Ils reconnaissent toutefois que le Conseil de la Paix est financé par d’autres mécanismes. Selon leur forme habituelle, ils ont inclus cette information en haut de l’article, mais ont ensuite poursuivi avec le récit qu’ils voulaient promouvoir depuis le début. »

Le Financial Times révèle également que des contributions à hauteur de 3 et 20 millions de dollars de la part du Maroc et des Émirats arabes unis (EAU) avaient notamment permis de financer le bureau de Nickolay Mladenov. 100 millions de dollars ont également été alloués par les EAU pour former une nouvelle force de police à Gaza. Les fonds sont actuellement gelés. Le Monde ajoute par ailleurs que Nickolay Mladenov et la « dizaine d’administrateurs » qui l’entourent « ne se sont pas même réunis une seule fois ». Alors, quel avenir pour le Conseil de la Paix ? Donald Trump semble en tout cas avoir vite oublié le principe fondateur de son institution. Quelques semaines seulement après sa création, il attaquait l’Iran avec Israël.

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