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Le Collectif LGBTQ+ a publié un rapport synthèse de la première phase de son projet « Vers des soins pour toustes ». Cette étape consistait en une série d’entrevues avec des personnes francoqueers du Manitoba afin d’explorer les facteurs qui influencent leur accès aux soins de santé.
Une étude novatrice
L’étude (nouvelle fenêtre) qualitative s’appuie sur des entretiens réalisés entre novembre 2025 et février 2026 auprès de sept personnes francoqueers. Ces échanges ont permis d’analyser près de 40 interactions avec le système de santé, principalement au Manitoba.
Maxe F. Giguère, associé·e de recherche pour le Collectif LGBTQ+, explique que cette démarche est novatrice, car l’accès aux services de santé pour les personnes franco-queers en situation minoritaire est un sujet très peu documenté.
C'est un sujet qui est très peu documenté, fait que c'est sûr qu' il y a beaucoup de constats qu'on peut faire qui est relativement nouveau.
Des barrières linguistiques et communautaires
Lors de la présentation de lundi, Maxe F. Giguère a soulevé plusieurs observations clés. L'étude note notamment que les services en français et les services 2SLGBTQ+ évoluent souvent en parallèle, sans se rejoindre.
Le rapport pointe également un manque de terminologie en français pour décrire les réalités queers, ainsi que l'influence de la religiosité. De plus, la proximité de la communauté francophone au Manitoba pourrait, dans certains cas, nuire à l’aisance de certains membres à s’exprimer pleinement par crainte pour leur confidentialité.
Vers des recommandations concrètes
L’étude formule huit recommandations, dont l’élargissement des mesures facilitant l'accessibilité pour les personnes franco-queers et l'amélioration de l'accès aux soins à faible coût. Elle préconise aussi le développement d’une offre de soins spécifiquement destinés aux populations 2SLGBTQ+ francophones.
La prochaine phase du projet comprendra des consultations avec des gestionnaires et des prestataires de soins. Janelle Delorme, gestionnaire en relations autochtones, diversité, équité et inclusion au Centre de santé Saint-Boniface, confirme que son organisme participera à cette étape.
Je pense que dans les discussions que nous allons avoir, nous allons pouvoir éclairer le système sur ce qu'on peut faire et ce qu'on ne peut pas faire.
Selon Mme Delorme, une barrière technique importante demeure : l'ajout des pronoms dans les dossiers médicaux. Cette modification est difficile au Manitoba, car elle nécessite de contourner le logiciel officiel, qui n'est d'ailleurs disponible qu'en anglais. Bien qu'elle considère ce projet comme un pas important vers l'équité, elle admet que les progrès réels seront graduels.
Travailler sur deux leviers
Pour Maxe Giguère, l’objectif ultime est de transformer les pratiques au sein des organisations de santé de la province : Je pense qu’il faut travailler sur deux leviers : au niveau des organisations queers qui sont anglophones et non désignées bilingues, et inversement pour les organisations qui offrent des soins en français. Il y a une façon de rendre les soins plus inclusifs pour que les personnes franco-queers puissent y accéder.


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