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Sur Le Figaro TV, l’auteur de Mémoires provisoires (Olivier Nora Edistions) est l’invité exceptionnel de Jean-Christophe Buisson, qui le reçoit avec Eugénie Bastié et Marin de Viry.
Infatigable, incontournable, indémodable, tel est Bernard-Henri Lévy . Depuis des décennies, le philosophe devenu célèbre dès 1977 et la parution de son essai La Barbarie à visage humain (Grasset), dans lequel il dénonce les totalitarismes et particulièrement celui issu du communisme, ne cesse de faire parler de lui. Intellectuel et homme d’action, écrivain et grand reporter, cinéaste et redresseur de torts, le voilà toujours en mouvement. Les zones de guerre ne lui font pas peur, l’Ukraine avant tout, depuis l’invasion russe. Ses rencontres avec des anonymes ou des personnalités font le sel de sa vie. À 78 ans, il est l’invité exceptionnel de Jean-Christophe Buisson dans « Le Club Le Figaro Culture ».
Entouré d’Eugénie Bastié, rédactrice en chef au Figaro, et de Marin de Viry, critique littéraire et collaborateur du Figaro Magazine, BHL parle bien sûr de son nouvel ouvrage, Mémoires provisoires, premier livre publié par Olivier Nora Éditions. En 800 pages, une cinquantaine de portraits savoureux sont brossés. De Massoud à Zelensky, de Malraux à Albert Cohen, d’Althusser à Levinas, de Louis Aragon à Michel Houellebecq, ou encore de Jean-Edern Hallier à Régis Debray.
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Avant d’accueillir en plateau son invité, avec lequel il a parfois été critique, Jean-Christophe Buisson confie qu’il a beaucoup apprécié son nouvel ouvrage. « BHL propose des portraits formidablement bien écrits, documentés, parfois drôles, mais qui sont souvent des miroirs. C’est-à-dire qu’il est présent dans le portrait de l’autre. C’est le genre des Mémoires, on parle de soi. Il annonce la couleur. Mais il a vraiment un art du portraitiste que, moi, je n’avais pas remarqué jusqu’à maintenant. Même si, dans ses chroniques du Point, il esquisse, comme ça, des portraits. Mais là, c’est vraiment une succession de portraits, et je trouve que c’est une façon originale et assez forte de restituer certains moments de sa vie. C’est le livre que j’ai préféré de lui parce qu’il synthétise ce qu’a été sa vie. Pour le coup, il donne envie de relire ses ouvrages. Peut-être que certains de ceux que j’ai lus dans les années 1980, si je les relisais aujourd’hui, je changerais d’avis. »
Sous le signe du dialogue
Dès le début de l’émission, après que Jean-Christophe Buisson a précisé que l’écrivain philosophe s’est appuyé sur le journal qu’il tient depuis sa jeunesse pour écrire Mémoires provisoires, Bernard-Henri Lévy séduit. « La mémoire est trompeuse, même quand on a l’impression de se souvenir de tout. Le présent, il improvise le passé. Mais quand on se réfère aux notes prises sur le vif, on est parfois très surpris. Sur des rencontres, sur des perceptions des hommes. Il y a quelqu’un à qui je consacre un chapitre qui s’appelait Jean-Edern Hallier. J’ai gardé de lui des souvenirs compliqués, très négatifs. Et j’ai été surpris en relisant mes notes de l’époque de voir à quel point je l’ai aimé, je l’ai estimé. À quel point il a été central dans ma vie. La perception s’était modifiée. »
Eugénie Bastié évoque un de ses passages préférés du livre, celui consacré à Michel Houellebecq. « Il vous envoie un soir un texto disant : “Je vais me suicider”, et vous dites : “Non, pas tout de suite, dînons ensemble !” » Là encore, BHL fait preuve d’ouverture d’esprit au point d’écrire dans la foulée un ouvrage avec le romancier. « Cela nous a apporté un bon livre, Ennemis publics (…). Quand vous travaillez avec un grand esprit comme l’est Michel Houellebecq, vous assumez et fortifiez vos convictions. »
Bernard-Henri Lévy fait preuve d’autodérision quand il répond à Marin de Viry à propos de cette rencontre entre un philosophe et un écrivain. « C’est comme ce que je dis de Jean-Luc Godard : un grand cinéaste qui a pensé toute sa vie qu’il était un grand écrivain (…). Je crois que Michel Houellebecq pense qu’il est un grand philosophe et je crois que, moi, je pense que je suis un grand écrivain ! » Sous le signe du dialogue, BHL se dit même prêt à se réconcilier avec Régis Debray, avec qui il est brouillé depuis des années ! De quoi réjouir Eugénie Bastié, qui vient de publier une biographie de ce dernier, Le Rouge et le Blanc, Régis Debray et nous (Gallimard).


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