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Le chef des libéraux de l’Île-du-Prince-Édouard lance la serviette

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Candidat déçu dans deux élections partielles en sept mois, Robert Mitchell quitte ses fonctions de chef du Parti libéral de l’Île-du-Prince-Édouard.

Dans une publication sur sa page Facebook mercredi après-midi, le politicien a annoncé que sa démission prendra effet jeudi.

Élu chef du Parti libéral le 3 octobre 2025, le vétéran de la politique insulaire aura passé 285 jours comme chef, sans pour autant siéger à l’Assemblée législative.

Il avait d’abord tenté de ravir au gouvernement progressiste-conservateur la circonscription de Georgetown-Pownal, laissée vacante par la démission d’un ministre. Le parti au pouvoir a gardé la mainmise sur cette circonscription lorsque Brendan Curran a devancé Robert Mitchell par 5 % des voix à l’élection complémentaire du 8 décembre 2025.

Le chef libéral s’est porté candidat dans une autre élection partielle, celle du 13 juillet dans Cornwall-Meadowbank.

Les électeurs de cette circonscription ont choisi lundi une nouvelle venue, Tayte Willows, députée désignée du Parti vert de l’Île-du-Prince-Édouard avec 39,65 % des voix, contre 31,98 % pour le chef libéral.

Une femme aux cheveux courts foncés, toute de vert vêtue, se tourne vers la caméra et fait un large sourire.

Avec l'élection de Tayte Willows, lundi dans Cornwall-Meadowbank, le Parti vert comptera quatre députés — le même nombre que les libéraux à l'Assemblée législative de l'Île-du-Prince-Édouard.

Photo : Radio-Canada / Laura Meader

Annonçant sa démission, mercredi, Robert Mitchell explique qu’il considérait que son expérience en politique et la promesse d’un leadership stable étaient ce qu’il fallait au Parti libéral pour reprendre du galon dans la province, après être passés de 18 à six, puis trois députés entre 2015 et 2023.

Mais la politique change rapidement. Le paysage d'aujourd'hui est différent de ce qu'il était quand je me suis lancé dans la course à la direction, écrit le démissionnaire. Bien que je croie avoir plus à offrir, je crois aussi que le leadership passe par l'écoute. Les insulaires ont parlé, et je respecte leur décision.

Je peux affirmer avec confiance que je laisse notre parti plus fort qu'il ne l'était lorsque j'en suis devenu le chef, et j'en suis profondément fier, affirme-t-il néanmoins.

Il cite un financement record et dit que, sous sa gouverne, le parti a rebâti ses associations de circonscriptions.

Robert Mitchell étreint un individu habillé d'un polo rouge, sous le regard d'un type qui tient un petit sac de chips.

Robert Mitchell, ici photographié lundi, le soir de l'élection partielle, s'est dit reconnaissant envers les bénévoles qui l'ont accompagné durant sa campagne.

Photo : Radio-Canada / Raphael Caron

Avec quatre députés — la plus récente a remporté une élection partielle l’été dernier — le Parti libéral forme l’opposition officielle dans la province.

L’ancien chef libéral intérimaire et député de Tignish-Palmer Road, Hal Perry, est le chef parlementaire de l’opposition officielle depuis le dernier scrutin général. Il n’était pas candidat lors de la dernière course à la chefferie du parti.

Treize ans comme député

Entré en politique active lors de l’élection provinciale de 2003, Robert Mitchell avait été défait par seulement 61 voix à sa première tentative dans Sherwood-Hillsborough. En 2007, il est élu député de la nouvelle circonscription de Charlottetown-Sherwood, réélu en 2011 et 2015, puis en 2019 dans la circonscription redécoupée et rebaptisée Charlottetown-Winsloe. Il a notamment été ministre de la Santé dans l’ancien gouvernement libéral.

Dans l’opposition, il est chef intérimaire pendant quelques mois en 2019. Il annonce en septembre 2020 qu’il quitte son siège à l’Assemblée législative.

Le premier ministre de l'Île-du-Prince-Édouard, Wade MacLauchlan, signe une entente bilatérale avec la ministre fédérale de la Santé, Ginette Petitpas-Taylor, et le ministre provincial de la Santé et du Mieux-être, Robert Mitchell.

Robert Mitchell (à droite), alors ministre de la Santé, avec le premier ministre de l'Île-du-Prince-Édouard de l'époque, Wade MacLauchlan (à gauche) et la ministre fédérale Ginette Petitpas-Taylor (au centre), le 23 février 2018 à Charlottetown. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / François Pierre Dufault

Sans clairement dire qu'il s'agit à présent de la fin de sa carrière politique, le message de l’homme de 63 ans laisse sous-entendre qu’une page pourrait cette fois avoir été définitivement tournée.

La politique m’a offert des occasions que je n’aurais jamais imaginées, a-t-il écrit. Elle a aussi signifié de longues soirées, des matins levé très tôt, et plus de temps loin de ma famille.

Robert Mitchell affirme avoir convenu, avec son épouse, de laisser le résultat de cette élection partielle décider de son avenir professionnel. Il se dit heureux de pouvoir se consacrer à ses rôles de père et de grand-père.

L’Île-du-Prince-Édouard m’a tant donnée, tout au long de ma vie. Bien que ce chapitre se termine, mon engagement envers cette province, lui, ne prendra jamais fin, conclut-il.

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