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Des étudiants du Cégep de Sherbrooke déplorent le manque d’espace. L’établissement d’enseignement doit offrir davantage de cours le soir en raison du manque de classes. Son directeur général dénonce un sous-financement.
Le cégep offre 19 cours en soirée cet hiver, contrairement à une douzaine l’an dernier. Certains se terminent tard, très tard, parfois à 23 h. C’est loin de convenir à Anne-Sophie Chrétien, étudiante en sciences humaines.
Je suis médicamentée pour le TDAH. Je prends ma médication le matin. Ça a 12 heures d’effet. Si je la prends à 6 h, ça arrête à 18 h. Les cours le soir, ce n’est vraiment pas l’idéal pour la concentration, déplore-t-elle.
Je me couche à 21 h 30. Ça ne fonctionne pas. Ce n’est pas le fun, autant pour les étudiants que pour les enseignants qui ont une famille aussi, poursuit-elle.

Florence Ratté (à gauche) et Anne-Sophie Chrétien (à droite) déplorent la tenue trop fréquente de cours de soir au Cégep de Sherbrooke.
Photo : Radio-Canada / Alexandra Duchaine
Florence Ratté, qui étudie elle aussi en sciences humaines, remarque que les élèves en classe consultent leur cellulaire ou dorment sur le bureau, après l’heure du souper.
Toutes deux constatent le manque d’espace au Cégep de Sherbrooke : des cours sont donnés dans des locaux sans fenêtre et le stationnement déborde.
Dans notre classe ce matin, il y avait un étudiant de trop qui n’avait pas de bureau. Il a pris sa chaise, s’est assis à l’arrière, raconte Anne-Sophie Chrétien.
Sous-financement
Le directeur général du cégep, Éric Gagné, affirme que l’établissement ne parvient pas à répondre au nombre croissant d’étudiants. Environ 6000 jeunes fréquentent le milieu, du jamais vu. Selon les prévisions, en 2034, ils seront 7600.

Éric Gagné, directeur général du Cégep de Sherbrooke, déplore le sous-financement du gouvernement du Québec. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Eli Chamberland
Le cégep ne peut pas agrandir ses espaces. Il aurait même du mal à entretenir ceux qui existent, selon Éric Gagné. Citant des données du ministère de l’Éducation datant de 2024, le gestionnaire soutient que le cégep aurait besoin de 50 M$ sur cinq ans pour maintenir ses bâtiments en bon état. Pour l’année 2025-2026, il a plutôt touché 2,8 M$.
Les pavillons ont grandement besoin d’amour. Des toitures et des systèmes de ventilation sont en fin de vie et risquent de rendre l'âme. Dans le pavillon 2, les fenêtres doivent être changées.
Quand il vente dehors, il vente dedans , souligne Éric Gagné.
Le pire est à venir si le financement ne vient pas dans le prochain budget, croit-il. Ça nous préoccupe beaucoup.


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