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À Milan ces dernières semaines, il y avait l’osso buco et les escalopes, la cathédrale « de la capitale » de la Lombardie et sa Galleria, et, si vous cherchiez un peu plus fort encore, il y avait les Jeux olympiques.
Un tournoi de hockey aussi, dont certains matchs ont été disputés à une vitesse folle. Les Canadiens, quoique vaincus, ont imprimé à certains moments une cadence des Enfers qui avait impressionné Oliver Kapanen, bien assis à réchauffer le banc face à l’unifolié en demi-finale, au plus haut point.
Nick Suzuki faisait évidemment partie de cette délégation, son rôle prenant de l’ampleur de match en match ainsi qu’en raison des malheurs de Sidney Crosby. Difficile de dire ce qu’il conservera à long terme de cette virée milanaise, mais, pour l’heure, il semble en avoir rapporté à Montréal la vitesse de jeu, d’exécution.
Jeudi déjà, contre les Islanders, le capitaine du Canadien avait été de loin le meilleur attaquant de son équipe. Suzuki avait obtenu à lui seul le quart des tirs de son équipe, deux chances de marquer de grande qualité, frappé un poteau, distribué trois mises en échec, joué plus de 24 minutes tout ça en combattant le décalage horaire.
Il a remis ça samedi soir face aux Capitals de Washington, une formation comme une épine dans le pied du CH depuis deux ans, qui avait remporté 9 des 11 derniers affrontements entre les duellistes, mais pas celui-là, conclu 6-2 en faveur des Montréalais.
Cole Caufield a connu un match du tonnerre, Kirby Dach ressemble de plus en plus au joueur de la première heure avec le Canadien, l’ensemble du groupe a fait preuve de bien plus de maturité dans sa gestion de l’avance qu’il y a deux jours, mais Suzuki demeure le diapason.
Il a été excellent contre les Islanders, il a été excellent [samedi] soir. Il est vraiment en contrôle. C’est ce qu’on voit de lui quand il est à son mieux. On attend ça de sa part maintenant. On est chanceux de l’avoir.
Caufield aussi s’est estimé chanceux de pouvoir compter sur le numéro 14, notant qu’il n’avait pas eu l’occasion de se reposer contrairement aux autres et il ne se plaint jamais.
Tout le monde gravite autour de lui. Ce n’est pas le plus bruyant, mais il a une présence apaisante dans la chambre par sa façon de se comporter, a ajouté le petit ailier.
St-Louis a avoué ne pas avoir eu le temps de s’entretenir seul à seul avec son capitaine depuis son périple italien. Il se promettait de le faire pendant le voyage en Californie la semaine prochaine.
Suzuki n’a pas encore pris le temps de faire le bilan de tout ça, mais assure retirer quelque chose de son expérience olympique.
Ça se transpose directement dans mon jeu. Juste côtoyer ces gars-là, s’entraîner avec eux, essayer de conserver sa place dans la formation chaque fois que tu sautes sur la glace, je pense que ça aide. Tu ne tiens absolument rien pour acquis, a lancé le capitaine.
Ça m’a fait passer à un niveau différent de celui que j’avais avant les olympiques.
Considérant que le niveau préalable le plaçait parmi l’élite de sa profession, voilà qui est encourageant.
Leçon apprise
Suzuki a amassé trois points dans ce match en plus d’afficher un différentiel de +4. Lorsqu’il était sur la glace, son équipe a dominé la possession dans un ratio de 2 pour 1. Les Capitals n’ont eu aucune chance de marquer en sa présence. Ce fut une prestation sans faille.
Plus que les statistiques toutefois, c’est dans les petites choses, celles qui mènent aux grandes, que le meneur a donné le ton.
Après avoir laissé filer deux avances jeudi soir, le CH s’est à nouveau retrouvé dans cette position familière qui ne lui sied guère cette saison. Avec un écart de trois buts (4-1) au début de la troisième période, forcément, la situation était moins tendue. Quand Alex Ovechkin a réduit l’écart à deux filets avec encore près de huit minutes à jouer, il y aurait pu y avoir un peu plus de stress.
Parfois, ça peut être inconfortable [ces situations] quand tu perds trop souvent l’avance, a admis Suzuki.
Après le but d’Ovechkin donc, St-Louis a envoyé son premier trio dans la mêlée pour contrer celui de Pierre-Luc Dubois. Mise au jeu perdue, les Capitals ont pris momentanément le contrôle. Ce fut très bref. Suzuki, Dach et Caufield ont passé près d’une minute à faire travailler les Caps profondément dans leur territoire. Quand ils en sont sortis, Dubois et ses acolytes sont rentrés au banc, épuisés.
Exactement le genre de présence qui a fait défaut jeudi. L’accent a été mis là-dessus dans la réunion matinale, le message a été entendu.
Cette longue présence s’est terminée par une punition des Capitals. St-Louis a choisi ce moment, tandis qu’il restait 6 min 27 s à faire au match, pour prendre un temps d’arrêt. Il a consulté son capitaine au passage dans un autre de ces moments de collaboration avec ses joueurs qui marquent le règne de cet entraîneur.
Suzuki était très fatigué, il avait fait une longue présence, je lui ai demandé, a expliqué St-Louis.
Il a ensuite établi la stratégie en demandant à ses hommes de ne pas se contenter d’écouler le temps, mais de faire mal à l’adversaire avec un autre but, tout en demeurant prudent. Pas de but, mais pas de mal non plus. La fin de match s’est ensuite déroulée rondement.
L’an dernier, en sortant de la pause due à la Confrontation des 4 nations, à laquelle Suzuki n’avait pas été convié, le capitaine avait pris les choses en main, demandant à Kent Hughes de donner une chance à l’équipe de se qualifier pour les séries éliminatoires. La stratégie, audacieuse, avait porté ses fruits.
Cette fois, l’équipe est en bien meilleure position au classement à l’approche de la date limite des échanges. Le Canadien est en contrôle de son destin. Et le capitaine, de ses moyens.


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