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Le Canadien est à court de solutions et de munitions

1 week_ago 31

         

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C’était l’anniversaire de Jakub Dobes, mais les Hurricanes de la Caroline ne lui ont pas fait de cadeau. Ni ses coéquipiers, à bien y penser.

Si ça avait été le cas, le Canadien aurait allégé quelque peu sa tâche en trouvant plus souvent des moyens de sortir la rondelle de sa zone.

Dans ce blanchissage de 4-0 qui amène le Canadien aux portes de l’élimination, l'un des problèmes les plus criants a encore été son incapacité à déjouer l’infâme pression des Hurricanes afin de relancer efficacement son attaque.

Avant même que les Hurricanes prennent les devants, mercredi, le Canadien s’était tiré dans le pied en multipliant les sorties de zone ratées. Zachary Bolduc, Noah Dobson et quelques autres ont à divers moments nourri la possession de rondelle des Hurricanes.

Pour une équipe qui souhaitait amorcer le match en force et ne pas se plier aux façons de faire des Hurricanes, elle a vite donné le signal à ses rivaux qu’elle restait tout à fait vulnérable à leur pression.

Ça commence avec nos attaquants, a expliqué le défenseur Shayne Gostisbehere. On voit bien leurs présences sur la glace qui s’allongent et leurs défenseurs qui font tout ce qu’ils peuvent pour sortir la rondelle, et c’est revirement après revirement. Ça nous donne du rythme.

On est toujours là à préparer la présence du prochain trio, en ce sens qu’on envoie sur la glace des joueurs qui font juste reproduire le même schéma. On leur plante des poignards de cette façon-là, en répétant toujours la même chose. C’est peut-être ennuyeux parfois, mais ça, on s’en fout. C’est notre façon de faire, on complique la tâche des équipes et on les met mal à l’aise.

Voilà pourquoi le quatrième match a commencé sous le même ton que les deux précédents.

Ont suivi vers la fin de la première période ces trois buts dans une rafale de 2:47 qui, aux dires de Phillip Danault, ont un peu coupé les jambes des siens.

C’est poli. Ça les a sortis du match, devrait-on dire.

Ce n’est pas un hasard si Lane Hutson a jugé que le Canadien avait disputé son pire match à domicile des séries, ce qui n’est pas peu dire, sachant qu’il y a un match de huit buts accordés à l’adversaire dans le lot.

C’est peut-être à cause de l’enjeu et de l’écart entre ce que le moment demandait et ce que l’équipe a offert.

On dirait que le seul qui s’est présenté a été Doby (Dobes), a dit Hutson. Ce n’est juste pas assez bon. On n’a pas répondu à l’appel.

Des leçons à tirer

Le Canadien vit son premier long parcours dans séries avec ce jeune groupe, et peut-être tirera-t-il des leçons de ce qui est en train de se passer.

Par exemple, le Canadien est une équipe qui mise sur la mobilité de ses défenseurs et sur leur contribution à l’attaque. L’équipe a d’ailleurs terminé au 2e rang de la LNH cette année pour le nombre de points inscrits par des défenseurs. Or, face aux Hurricanes, leur apport est complètement court-circuité par la pression féroce des défenseurs.

C’est autant le problème du porteur de la rondelle que de ses coéquipiers qui ne se libèrent pas suffisamment, mais cela est assurément un problème.

On ne joue pas assez vite avec nos pieds quand on a la rondelle, on ne joue pas assez vite sans la rondelle pour éviter leur pression, et ils ont de très très bons bâtons.

Nick Suzuki tombe sur la glace, devant le gardien des Hurricanes.

Le Canadien a encore peiné à se rendre jusqu'au filet des Hurricanes.

Photo : imagn images via reuters connect / Eric Bolte

Encore trop peu de lancers

Le Canadien est aussi une équipe qui a excellé à générer de l’offensive en contre-attaque cette année, grâce à des montées rapides et opportunes, mais à qui Martin St-Louis a néanmoins voulu inculquer les vertus de placer des rondelles profondément en zone adverse afin d’installer l’attaque autrement.

Ce n’est pas encore devenu une seconde nature, du moins pas au moment où cela est le plus nécessaire.

St-Louis reconnaissait après le dernier match que son équipe avait besoin d’augmenter son volume de lancers. Mercredi, le Canadien est certes parvenu à se créer un peu plus de temps en zone adverse, mais nombre d’occasions de tirer au filet sont restées lettre morte.

Le concept qui consiste à envoyer des rondelles au filet et à avoir des joueurs dans le bas de l’enclave pour saisir les retours n’a jamais vraiment été dans les habitudes de la maison, mais cela devient particulièrement criant dans un contexte où l’on cherche à tirer plus souvent.

Il y a eu des occasions de tirer ignorées au profit d’une meilleure chance qui ne venait pas, ou alors des hésitations qui ont donné le temps à un joueur des Hurricanes d’étendre le bâton pour éliminer la menace.

Ayant fait ce constat, et sachant très bien que leurs favoris n’avaient cadré que 25 lancers dans les deux matchs précédents, les amateurs se sont mis à scander, en troisième période : Shoot the puck! Shoot the puck! (lancez la rondelle).

Ce n’est pas le fun d’entendre ça, mais ils n’ont pas tort, a dit l’entraîneur-chef.

Le premier tir de la troisième période est venu du bâton de Nick Suzuki… avec 2:53 à faire dans la rencontre. En matière d’effort désespéré pour revenir dans le match, ce n’est pas optimal.

Ils utilisent bien leurs bâtons, ils font de bons blocs, et nous, on rate le filet… Ce n’est pas comme si on ne tirait pas du tout, a fait valoir le capitaine. On est une bonne équipe offensive, mais j’ai l’impression qu’il nous manque un peu de précision dans la finition en ce moment, et on doit trouver des moyens de s’améliorer là-dessus.

Les statistiques ne tendent pas à donner raison à Suzuki.

En saison, le Canadien affichait une moyenne de 55,1 tentatives de lancers par 60 minutes. Cela le plaçait au 23e rang de la ligue. Bon, ça n’a rien de surprenant pour une formation qui privilégie la qualité par rapport à la quantité.

Lors des deux premiers tours des séries, cette moyenne a chuté légèrement à 52,3 tentatives de tirs par 60 minutes. Le CH était alors au 15e rang des 16 équipes ayant participé aux éliminatoires.

Or, dans les quatre matchs face aux Hurricanes, les tentatives de tir se sont effondrées à 40,5 par 60 minutes. C’est un rendement qu’on ne voit pas dans le hockey depuis 10 ans.

De deux choses l’une : ou bien les Hurricanes jouent du hockey exceptionnel – ils ont quand même remporté 11 de leurs 12 premiers matchs éliminatoires, un niveau de domination rarement vu dans les dernières années – ou bien c’est le Canadien qui ne fait pas le nécessaire pour se donner une véritable chance.

Ou alors, comme lorsque vous allez au shawarma et que le type vous offre hummus ou sauce à l’ail : un peu des deux?

Il y a bel et bien un peu des deux.

Jaroslav Halak tient un flambeau et un panneau d'arrêt personnalisé au nom de Jakub Dobes.

La présence de l'ancien gardien Jaroslav Halak n'a pas suffi à porter bonheur au jeune Jakub Dobes.

Photo : La Presse canadienne / Christinne Muschi

En déficit d’énergie

Le collègue Martin Leclerc en faisait état dans sa chronique de lundi, mais les 11 jours sans jouer des Hurricanes tournent vraiment à leur avantage.

Il y a des moments dans ce quatrième match où les joueurs montréalais semblaient tout simplement au bout de leurs réserves.

L’impôt retenu aux deux séries précédentes, qui ont nécessité sept matchs et tout son petit change à cette jeune équipe, s’ajoute au défi de suivre des Hurricanes plus fringants, plus aguerris et tout simplement meilleurs.

C’est sûr que leur énergie était plus là dans les deux derniers matchs et en prolongation, a admis Phillip Danault. Ils ont un petit edge de plus, ils sont dans notre face tout le temps et ils ont beaucoup d’énergie.

Le Canadien a bien tenté de se relever de son retard de trois buts avec quelques bonnes salves offensives en deuxième période, mais la frustration s’est également mise de la partie et a été une entrave de plus dans son espoir de remaniement. Car il y a ça aussi, dans la fatigue d’une équipe.

Il n’y a pas que le manque d’énergie qui se fait sentir et l’exécution qui cesse d’être au rendez-vous. Ce sont aussi les mauvaises décisions et les erreurs de jugement qui s’invitent dans la danse.

La frustration était plus caractéristique du match de mercredi, car les joueurs doivent bien sentir que cette série leur glisse entre les doigts. Mais les mauvaises décisions se sont multipliées à compter du deuxième affrontement, et les ajustements tactiques ou les changements de trio peuvent difficilement contenir cette épidémie.

Il n’y a pas de trou

Voilà donc le Canadien acculé au pied du mur. Il vient de perdre ses deux matchs au Centre Bell, là où les choses ne cliquent pas, selon Dobes.

Peu importe, s’il veut remporter cette série, il lui faudra bien terrasser ce dragon.

Sauf que nous n’en sommes pas encore là. Le Canadien doit remporter trois matchs de suite face à un adversaire formidable pour aller là où il souhaite aller, et cela commence avec le match de vendredi, en Caroline.

Quelle est la meilleure façon de se sortir du trou? a demandé un journaliste à Martin St-Louis. Ne pas penser au trou, a-t-il répondu.

Ça commence par un match, par une victoire.

Aussi loufoque et improbable que cela puisse paraître, Suzuki, Danault et quelques autres sont là pour confirmer que c’est possible.

Ils l’ont fait en 2021, face aux Maple Leafs de Toronto.

Mais les failles dans l’armure des Hurricanes sont moins évidentes qu’elles ne pouvaient l’être chez les Leafs il y a cinq ans...

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